“Je suis in­ca­pable de trou­ver un em­ploi. La seule chose que je sache faire, c’est écrire. Je vais épou­ser une riche.” femme

Le Magazine Littéraire - - Portrait -

L’édi­teur de l’écri­vain qui a bâ­ti une par­tie de son oeuvre à par­tir d’une col­lec­tion de vieux an­nuaires a pour adresse le 5, rue Sé­bas­tien-bot­tin. Ça ne s’in­vente pas, me disje, en com­po­sant le nu­mé­ro de l’at­ta­chée de presse. La douce per­sonne a dé­jeu­né avec son au­teur. Elle lui a par­lé de mon pro­jet. « Il n’est pas contre, me dit-elle. – Pas contre ? » Pas bête. « Pou­vons-nous prendre date ? – Je dois le rap­pe­ler la se­maine pro­chaine. Je vous té­lé­phone. » Bon bon bon.

En at­ten­dant Mo­dia­no, je me sou­viens que Jean-paul Kauff­mann avait ren­con­tré l’écri­vain dans les an­nées 1980. Lui aus­si me parle du livre de Bet­ty Du­ha­mel. « Une fille ado­rable, pleine de charme. Soeur d’an­toine Du­ha­mel, qui a com­po­sé la mu­sique de Pier­rot le Fou, elle était la pe­tite-fille de l’écri­vain Georges Du­ha­mel. » Kauff­mann avait ren­con­tré Mo­dia­no en en­quê­tant sur un fait di­vers. « Il avait ac­cep­té de me re­ce­voir. Plus tard, j’ai es­sayé de faire son por­trait. » Jeanpaul croit se sou­ve­nir d’un ren­dez-vous man­qué dans un ca­fé. « Les dé­tails s’es­tompent. » Mo­dia­no s’était dé­ro­bé, en tout cas. Fran­çoise Har­dy, elle, le connaît bien. Elle ha­bite le très mo­dia­nesque bou­le­vard Su­chet, morne et sans vie. Au cré­pus­cule, on peut s’y sen­tir un en­fant per­du. Au bout se dressent les im­meubles Wal­ter. Dans l’un d’entre eux la Wehr­macht avait amé­na­gé un ap­par­te­ment pour Hit­ler, qui n’y sé­jour­na ja­mais. Il avait été confis­qué à la mil­liar­daire amé­ri­caine Flo­rence Gould, la­quelle en

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