La du­rée an­nuelle du tra­vail des fonc­tion­naires reste in­fé­rieure à celle des sa­la­riés du privé

Il y a plus de congés, de RTT et d’ab­sen­téisme dans la fonc­tion pu­blique

Le Nouvel Économiste - - ANALYSES - MÉCOMPTES PU­BLICS, FRAN­ÇOIS ECALLE

Les der­nières sta­tis­tiques sur la du­rée du tra­vail à temps plein pu­bliées par l’In­see et le mi­nis­tère du Tra­vail montrent qu’elle a lé­gè­re­ment aug­men­té dans la fonc­tion pu­blique, pas­sant de 1 525 heures an­nuelles en 2015 à 1 585 heures en 2017. Elle y reste néan­moins in­fé­rieure à la du­rée lé­gale (1 607 heures) et à celle des sa­la­riés du sec­teur privé (1 720 heures).

Des don­nées plus pré­cises sont four­nies dans le rap­port an­nuel du gou­ver­ne­ment sur l’état de la fonc­tion pu­blique an­nexé au pro­jet de loi de fi­nances. Cette an­née, ce rap­port ex­clut les en­sei­gnants de ces sta­tis­tiques sur la du­rée du tra­vail au mo­tif que leur source, l’enquête de l’In­see sur l’em­ploi, n’est pas adap­tée aux spé­ci­fi­ci­tés de leur or­ga­ni­sa­tion du tra­vail. Ce mo­tif est très contes­table puisque l’In­see et le mi­nis­tère du Tra­vail ne le re­tiennent pas.

Il ap­pa­raît donc que la du­rée an­nuelle du tra­vail des fonc­tion­naires non en­sei­gnants à temps plein a aug­men­té de 1 590 heures en 2015 à 1 647 heures en 2017. Si elle dé­passe la du­rée lé­gale, elle est en­core in­fé­rieure à celle des sa­la­riés du sec­teur privé.

Elle est tou­te­fois su­pé­rieure à celle du sec­teur ppri­vé ppour les fonc­tion­naires de l’État hors en­sei­gnants (1 749 heures) mais net­te­ment in­fé­rieure pour ceux des col­lec­ti­vi­tés lo­cales (1 600 heures) et des hô­pi­taux (1 606 heures).

Pos­si­bi­li­té de ré­duire les ef­fec­tifs sans dé­gra­der la qua­li­té du ser­vice

Les du­rées heb­do­ma­daires ha­bi­tuelles sont qua­si­ment les mêmes dans les sec­teurs public et privé (39,2 heures) mais les jours de congé et de RTT sont beau­coup plus nom­breux dans le sec­teur public (35 contre 27). Ces jours de congé et de RTT sont au nombre de 38 dans la fonc­tion pu­blique d’État hors en­sei­gnants, de 36 dans la fonc­tion pu­blique ter­ri­to­riale et de 32 dans la fonc­tion pu­blique hos­pi­ta­lière.

La du­rée an­nuelle du tra­vail ré­sulte de la du­rée heb­do­ma­daire ha­bi­tuelle, de ces jours de congé et de RTT, mais aus­si des autres ab­sences (no­tam­ment pour ma­la­die). L’ab­sen­téisme est mal connu et dé­pend beau­coup de fac­teurs tels que l’âge ou la qua­li­fi­ca­tion, mais il semble bien qu’il soit un peu plus im­por­tant dans le sec­teur public, sur­tout dans les col­lec­ti­vi­tés lo­cales et les éta­blis­se­ments hos­pi­ta­liers.

Les causes de cette hausse de la du­rée du tra­vail dans la fonc­tion pu­blique en 2016 et 2017 sont en­core lar­ge­ment in­dé­ter­mi­nées. Si elle se pour­suit, il se­ra plus fa­cile de ré­duire les ef­fec­tifs des ad­mi­nis­tra­tions sans dé­gra­der la qua­li­té du ser­vice public.

Le site www.fi­pe­co.fr dé­ve­loppe les ana­lyses de Fran­çois Ecalle.

Si la hausse de la du­rée du tra­vail se pour­suit, il se­ra plus fa­cile de ré­duire les ef­fec­tifs des ad­mi­nis­tra­tions sans dé­gra­der la qua­li­té du ser­vice public

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