“Être compagnon du de­voir au­jourd’hui, c’est res­pec­ter et trans­mettre la tra­di­tion du tra­vail bien fait”

Le Nouvel Économiste - - DOSSIERS -

Si cer­tains ac­teurs de la fi­lière pa­pier peuvent s’en­or­gueillir de­puis 2005 d’être dé­sor­mais la­bé­li­sés EPV [En­tre­prise du pa­tri­moine vi­vant], beau­coup d’hommes qui com­posent les res­sources hu­maines de ces im­pri­me­ries ap­par­tiennent à l’Union com­pa­gnon­nique, une des trois en­ti­tés, créée en 1889, for­mant l’es­sen­tiel du pay­sage com­pa­gnon­nique fran­çais.

“Dans l’im­pri­me­rie, le sys­tème du tour de France, que nous tra­dui­rons tout sim­ple­ment par le voyage, a tou­jours exis­té. En ef­fet, les mé­tiers de l’im­pri­me­rie sont tel­le­ment di­ver­si­fiés que le choix pour évo­luer vers tel ou tel sec­teur est dif­fi­cile. Le pré­ten­dant de­vra pro­gres­ser au sein de son en­tre­prise et en com­plé­ment dans des centres de for­ma­tion dé­diés aux arts gra­phiques”, ex­plique Jean-Luc Rouyer, pré­sident de l’Union com­pa­gnon­nique. Et ce der­nier d’ajou­ter : “être compagnon du de­voir au­jourd’hui, c’est res­pec­ter et trans­mettre la tra­di­tion du tra­vail bien fait. C’est aus­si vivre de solidarité, de fra­ter­ni­té, de sa­voir et de com­pé­tences pro­fes­sion­nelles. La force de l’Union com­pa­gnon­nique est de ras­sem­bler des hommes de dif­fé­rents mé­tiers. Ceux du bâ­ti­ment, du bois, des mé­tiers de bouche en pas­sant par les mé­tiers d’art, dont l’im­pri­me­rie fait par­tie. Dès sa créa­tion, l’Union com­pa­gnon­nique a re­con­nu un nombre consé­quent de mé­tiers ma­nuels. Comme par exemple, les ty­po­graphes, im­pri­meurs, sé­ri­graphes, li­tho­graphes ou en­core re­lieurs…”

Si les femmes ne peuvent pré­tendre de­ve­nir compagnon, l’Union com­pa­gnon­nique ré­flé­chit néan­moins à les in­té­grer dans un ave­nir pro­chain. “De­puis sa créa­tion, pen­sé comme un pas­seur de sa­voir entre gé­né­ra­tions, le com­pa­gnon­nage in­carne le de­voir là où la so­cié­té parle le plus sou­vent de droit du ci­toyen”, pré­cise Jean-Luc Rouyer. Avant de conclure : “L’iti­né­rant, qu’il soit so­cié­taire, as­pi­rant ou compagnon, tra­vaille sans re­lâche au per­fec­tion­ne­ment du mé­tier qu’il af­fec­tionne avec en­suite la vo­lon­té de lé­guer à l’autre tout ce qu’il au­ra re­çu”.

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