Mi­cro-or­ga­nismes : le pou­voir pro­tec­teur contre la sé­che­resse

Le Nouvel Économiste - - A LA UNE -

Lorsque Geof­frey von Malt­zahn, son di­rec­teur de l’in­no­va­tion, a créé In­di­go, il s’est ap­puyé sur l’idée que les prin­cipes évo­lu­tifs des mi­croor­ga­nismes in­ter­agis­sant avec le corps hu­main étaient si­mi­laires à ceux des plantes.

De­puis plus d’un siècle, les scien­ti­fiques sont conscients de l’im­pact des mi­cro-or­ga­nismes dans l’in­tes­tin, mais ce n’est qu’au cours des vingt der­nières an­nées qu’ils se sont fa­mi­lia­ri­sés avec leur fonc­tion­ne­ment et leurs ef­fets sur la san­té hu­maine.

In­di­go en­robe les graines de mi­cro-or­ga­nismes, ce qui, se­lon lui, les pro­té­ge­ra contre les stress tels que la sé­che­resse et amé­lio­re­ra les ren­de­ments.

“Les pro­grès de la tech­no­lo­gie de sé­quen­çage [de l’ADN], ain­si que les ou­tils in­for­ma­tiques, si­gni­fiaient que nous pou­vions com­men­cer à com­prendre cer­taines des re­la­tions fon­da­men­tales de ces groupes dans cer­taines des cultures les plus im­por­tantes au monde” dit-il.

L’ac­cent est mis sur l’uti­li­sa­tion de pro­duits à base de mi­cro-or­ga­nismes pour l’agri­cul­ture alors que les pré­oc­cu­pa­tions en­vi­ron­ne­men­tales liées à l’uti­li­sa­tion de pro­duits chi­miques, tels que les pes­ti­cides et les en­grais, sont de plus en plus nom­breuses et sont res­pon­sables de la baisse de la fer­ti­li­té des sols et de la pol­lu­tion des eaux.

L’in­té­rêt de l’in­dus­trie agri­cole pour les mi­cro-or­ga­nismes n’est pas nou­veau. En 2013, Mon­san­to, le groupe de se­mences et de pro­duits chi­miques, avait an­non­cé son al­liance avec No­vo­zymes, une so­cié­té da­noise de bio­lo­gie in­dus­trielle.

De­puis, l’in­té­rêt s’est ac­cru et en 2017, plus de 860 mil­lions de dol­lars sur 35 tran­sac­tions ont été in­ves­tis dans le sec­teur des mi­cro-or­ga­nismes, se­lon le groupe de ca­pi­tal-risque Fi­nis­tere, ce qui en a fait le plus grand sec­teur d’in­ves­tis­se­ment en ma­tière d’agri­tech l’an­née der­nière. Bayer a for­mé une co-en­tre­prise avec la start-up amé­ri­caine Gink­go Bio­works, tan­dis que Zy­mer­gen a le­vé 160 mil­lions de dol­lars lors d’un tour de table avec SoftBank. Sans ou­blier d’autres start-up qui tra­vaillent sur les mi­cro-or­ga­nismes comme Pi­vot Bio.

In­di­go a dé­jà re­cen­sé plus de 60 000 mi­cro-or­ga­nismes, et à tra­vers l’ap­pren­tis­sage des ma­chines et le trai­te­ment des don­nées, il les in­tro­duit dans l’agri­cul­ture tra­di­tion­nelle, en fai­sant des es­sais sur le ter­rain.

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