So­lu­tions in­tra­net et tra­vail col­la­bo­ra­tif

Après l’ad­mi­nis­tra­tif et la ges­tion des ta­lents, la di­gi­ta­li­sa­tion de la fonc­tion RH gagne le champ de l’“ex­pé­rience col­la­bo­ra­teur”. Ob­jec­tif : l’amé­lio­ra­tion de la per­for­mance de l’en­tre­prise

Le Nouvel Economiste - - La Une -

uto­ma­ti­sa­tion des proces-

ad­mi­nis­tra­tifs, va­lo­ri- sa­tion de la plu­part des in­for­ma­tions dis­po­nibles, en place de pla­te­formes nu­mé­riques… Ini­tié de­puis quelque temps dé­jà, le mou­ve­ment gé­né­ral en fa­veur de la trans­for­ma­tion di­gi­tale des en­tre­prises est en train de ga­gner les ser­vices des res­sources hu­maines. Une en­quête réa­li­sée ré­cem­ment par la so­cié­té d’études Mar­kess, à la veille de l’édi­tion 2018 du sa­lon RH So­lu­tions, le confirme : avec un chiffre d’af­faires es­ti­mé à 2,6 mil­liards d’eu­ros pour l’exer­cice 2017, le seg­ment des lo­gi­ciels et des ser­vices IT des­ti­nés aux res­pon­sables RH connaît un taux

Avec un chiffre d’af­faires es­ti­mé à 2,6 mil­liards d’eu­ros en 2017, le seg­ment des lo­gi­ciels et des ser­vices IT des­ti­nés aux res­pon­sables RH connaît un taux de crois­sance sen­si­ble­ment plus éle­vé que ce­lui des so­lu­tions in­for­ma­tiques dans son en­semble : 7 % par an

de crois­sance sen­si­ble­ment plus éle­vé que ce­lui des so­lu­tions in­for­ma­tiques dans son en­semble. Dans la fou­lée des exer­cices pré­cé­dents, il de­vrait en ef­fet se si­tuer aux en­vi­rons de 7 % au

cours des deux an­nées à ve­nir.

“C’est que, au-de­là du contexte ré­gle­men­taire fa­vo­rable au lan­ce­ment de nou­veaux chan­tiers dans la réa­li­sa­tion des tâches pu­re­ment ad­mi­nis­tra­tives, comme la sim­pli­fi­ca­tion des bul­le­tins de paie ou la re­te­nue à la source de l’im­pôt sur le re­ve­nu, on ob­serve un cer­tain nombre d’évo­lu­tions vi­sant à mettre les nou­velles tech­no­lo­gies au ser­vice d’une ges­tion dy­na­mique des col­la­bo­ra­teurs de l’en­tre­prise”

ex­plique Hé­lène Mouiche, ana­lyste se­nior Mar­kess.

Les tech­niques du work­flow

Pre­mier do­maine concer­né : les tra­vaux ad­mi­nis­tra­tifs obli­ga­toires liés à la ges­tion du per­son­nel. Lan­cé il y a plu­sieurs dé­cen­nies avec l’édi­tion des bul­le­tins de paie des sa­la­riés, le pro­ces­sus d’in­for­ma­ti­sa­tion des tâches ré­pé­ti­tives à faible va­leur ajou­tée dé­vo­lues aux ser­vices des res­sources hu­maines n’a ces­sé de se dé­ve­lop­per. Cha­cun connaît dé­sor­mais les sys­tèmes de work­flow, c’es­tà-dire de cir­cu­la­tion dé­ma­té­ria­li­sée des do­cu­ments, qui per­mettent aux équipes RH de te­nir de ma­nière au­to­ma­tique le dos­sier in­di­vi­duel de cha­cun des col­la­bo­ra­teurs: le plan­ning des congés payés, la vé­ri­fi­ca­tion des notes de frais, le compte ren­du des en­tre­tiens an­nuels, le cal­cul des droits à la for­ma­tion, le res­pect des règles d’avan­ce­ment…

“Gain de temps, fia­bi­li­té des in­for­ma­tions, tra­ça­bi­li­té des don­nées : un tel sys­tème per­met sans au­cun doute aux en­tre­prises qui en dis­posent de ga­gner en ef­fi­ca­ci­té et en agi­li­té”

ex­plique Steve Sil­va, res­pon­sable R&D de la so­cié­té Le Do­cu­ment nu­mé­rique, spé­cia­li­sée dans la concep­tion de lo­gi­ciels des­ti­nés à la ges­tion du cycle de vie des do­cu­ments et édi­trice de Do­cuGed. Sans ou­blier la di­mi­nu­tion des coûts et la ré­duc­tion de l’em­preinte éco­lo­gique liées à l’ab­sence de sor­ties pa­pier d’un nombre im­por­tant de do­cu­ments. Autre avan­tage : la pos­si­bi­li­té of­ferte à tous les col­la­bo­ra­teurs de consul­ter à tout mo­ment les don­nées qui les concernent. Ils peuvent même, sous cer­taines condi­tions, pro­cé­der eux-mêmes à la sai­sie des chan­ge­ments qui concernent leur si­tua­tion per­son­nelle : une nou­velle adresse, un ma­riage, la nais­sance d’un en­fant, l’ins­crip­tion à une ses­sion de for­ma­tion… Bref, au­tant de dis­po­si­tifs qui contri­buent à fa­ci­li­ter no­ta­ble­ment le quo­ti­dien des sa­la­riés et des res­pon­sables RH dans leur en­tre­prise.

Dé­ma­té­ria­li­sa­tion des bul­le­tins de paie, le pre­mier pas

Une évo­lu­tion qui a dé­bou­ché sur la mise en place dans un grand nombre d’en­tre­prises de toutes tailles de sys­tèmes de trai­te­ment per­met­tant de gé­né­rer de ma­nière au­to­ma­tique les do­cu­ments obli­ga­toires pré­vus par le droit du tra­vail, comme la ré­dac­tion des contrats de tra­vail, l’édi­tion des bul­le­tins de paie ou la dé­cla­ra­tion so­ciale no­mi­na­tive… Au­jourd’hui, on es­time en ef­fet qu’un bon tiers des en­tre­prises (deux fois plus pour les en­tre­prises de plus de 250 sa­la­riés) sont équi­pées d’un tel dis­po­si­tif. Des taux d’équi­pe­ment qui de­vraient s’ac­croître no­ta­ble­ment au cours des an­nées à ve­nir. Deux rai­sons : la loi du 1er jan­vier 2017 qui per­met dé­sor­mais aux chefs d’en­tre­prise de dé­ma­té­ria­li­ser les bul­le­tins de paie sans avoir l’obli­ga­tion d’ob­te­nir l’ac­cord préa­lable de leurs sa­la­riés, et le dé­ve­lop­pe­ment crois­sant de l’offre de pro­grammes in­for­ma­tiques en mode SaaS qui per­mettent de mettre en oeuvre de so­lu­tions de ce type sans re­cou­rir à l’in­ves­tis­se­ment in­for­ma­tique propre. Exemple:

“Nous avons mis au point un sys­tème de coffres-forts nu­mé­riques cer­ti­fiés in­di­vi­duels dans les­quels les res­pon­sables RH peuvent trans­mettre en toute sé­cu­ri­té les do­cu­ments per­son­nels cor­res­pon­dant à cha­cun des sa­la­riés de l’en­tre­prise”

ex­plique Ro­nan Ger­vez, di­rec­teur gé­né­ral ad­joint d’eDocG­roup, une en­tre­prise édi­trice de so­lu­tions de dé­ma­té­ria­li­sa­tion à va­leur pro­ba­toire membre de la FNTC (Fé­dé­ra­tion na­tio­nale des tiers de confiance).

La ppro­mo­tion des ta­lents, la par­tie noble du mé­tier

Mais au­jourd’hui, nombre d’en­tre­prises ne se li­mitent plus à la di­gi­ta­li­sa­tion du seul tra­vail de ges­tion ad­mi­nis­tra­tive. Li­bé­rées de ces tâches ré­pé­ti­tives et souvent fas­ti­dieuses, elles dis­posent de da­van­tage de temps pour se consa­crer à la par­tie noble du mé­tier de res­pon­sable des RH, celle de la pro­mo­tion des ta­lents de leur en­tre­prise. En pre­nant conscience de la va­leur de toutes les in­for­ma­tions conte­nues dans leurs bases de don­nées, nombre de spé­cia­listes ont eu l’idée de les mettre au ser­vice d’un sys­tème in­for­ma­tique de ges­tion dy­na­mique de leur per­son­nel. C’est ain­si qu’on a vu ap­pa­raître de nou­veaux lo­gi­ciels de trai­te­ment de don­nées vi­sant à amé­lio­rer les per­for­mances des col­la­bo­ra­teurs au sein de leur en­tre­prise. S’ins­pi­rant des so­lu­tions de CRM (Cus­to­mer re­la­tion­ship ma­na­ge­ment) dé­ployées par les équipes com­mer­ciales afin de sa­tis­faire au mieux les at­tentes de leurs clients, ils visent à amé­lio­rer ce que l’on com­mence à ap­pe­ler “l’ex­pé­rience col­la­bo­ra­teur”, à l’image de “l’ex­pé­rience client” en ma­ke­ting. Une ap­proche big da­ta que près de

“Au-de­là du contexte ré­gle­men­taire, on ob­serve un cer­tain nombre d’évo­lu­tions vi­sant à mettre les nou­velles tech­no­lo­gies au ser­vice d’une ges­tion dy­na­mique des col­la­bo­ra­teurs de l’en­tre­prise.”

Hé­lène Mouiche, Mar­kess.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.