La pa­no­plie du cy­cliste en 2018

La nou­velle pa­no­plie du cy­cliste en 2018

Le Nouvel Économiste - - La Une - NI­CO­LAS MO­NIER

Avec des chiffres en constante aug­men­ta­tion, le mar­ché du cyclisme pour­suit son as­cen­sion. Le seg­ment pièces et ac­ces­soires fait dé­sor­mais par­tie in­té­grante de l’uni­vers vé­lo, avec 772 mil­lions d’eu­ros de chiffre d’af­faires sur l’an­née 2016. Car le cy­cliste évo­lue. La pra­tique spor­tive et ur­baine s’as­so­cie dé­sor­mais à un soin por­té aux vê­te­ments et aux dif­fé­rents ac­ces­soires qui com­posent le vé­lo. De nom­breuses marques l’ont bien com­pris qui com­plètent dé­sor­mais leur gamme de tout un pa­nel de ces pro­duits al­liant tech­no­lo­gie de pointe et de­si­gn étu­dié de près. Avec en ligne de mire, une nou­velle clien­tèle CSP+, ur­baine et aus­si plus fé­mi­nine.

Avec un chiffre d’af­faires de plus d’un mil­liard d’eu­ros sur l’an­née 2016 (+6,4 %), se­lon la der­nière étude de l’Union Sport & Cycle, la vente de vé­los af­fiche une san­té de fer. Par ailleurs, en 2015, l’In­see dé­cla­rait, dans sa der­nière étude sur le su­jet, que 2 % des ac­tifs se ren­daient au tra­vail à bi­cy­clette. Si ce chiffre ne concur­rence pas en­core ceux des pays nor­diques (Da­ne­mark, Suède, Pays-Bas) où les chiffres os­cil­lent entre 4 et 8 %, la France pos­sède néan­moins un fort ADN vé­lo. De­puis quelques an­nées, la tra­di­tion re­noue avec un cer­tain art de vivre. Il fait bon au­jourd’hui “cus­to­mi­ser” son vé­lo se­lon ses goûts. Les ac­ces­soires ont donc le vent en poupe et pour ré­pondre à cette de­mande, de nom­breuses marques ont vu le jour. Elles pro­posent des vê­te­ments non seule­ment à la pointe de la tech­no­lo­gie mais éga­le­ment en phase avec les exi­gences de ces nou­veaux clients, plus ur­bains, CSP+, non plus tour­nés vers la seule pra­tique spor­tive. Cette nou­velle clien­tèle sou­haite dé­sor­mais adop­ter les codes qu’elles uti­lisent dans la vie de tous les jours. Et mon­trer son ap­par­te­nance à des com­mu­nau­tés bien iden­ti­fiées.

La ten­dance est à la cus­to­mi­sa­tion

“Nous es­sayons d’al­ler plus loin en ma­tière d’ac­ces­soi­ri­sa­tion. Nous per­met­tons à nos clients de confi­gu­rer leurs vé­los avec une mul­ti­tude d’op­tions. Nous es­sayons de vendre des ac­ces­soires du­rables et res­pec­tueux de l’en­vi­ron­ne­ment comme par exemple avec la marque an­glaise Brooks qui pro­pose des selles en cuir vin­tage de qua­li­té, mais aus­si des sa­coches ou des poi­gnées en cuir. Les vé­los de­viennent non plus seule­ment fonc­tion­nels mais au­then­tiques. Une sorte de vin­tage mo­der­ni­sé ou re­vi­si­té. Nous avons aus­si des pa­niers de vé­lo en ro­tin qui s’in­tègrent par­fai­te­ment aux mo­dèles hol­lan­dais, ou en­core des garde-boue en bois et des pneus bal­lons sur cous­sins d’air qui agissent comme de vé­ri­tables sus­pen­sions”, ex­plique Fran­çois-Jo­seph Bouyer, di­rec­teur des opé­ra­tions chez Am­ster­dam Air. Et ce der­nier d’ajou­ter: “en somme, un vé­lo prêt à rou­ler mais unique. La confi­gu­ra­tion peut être to­tale. Au­jourd’hui, l’ac­ces­soire, c’est in­dis­pen­sable pour vendre des vé­los dans un mar­ché ul­tra-concur­ren­tiel. La ten­dance est à la cus­to­mi­sa­tion ou à la per­son­na­li­sa­tion, comme pour le mar­ché au­to­mo­bile. On vend des vé­los to­ta­le­ment cus­to­mi­sables qui com­portent en moyenne entre trois et dix op­tions.”

Chez la Mai­son Tam­boite, fon­dée en 1912, on a éga­le­ment fait du sur­me­sure la règle of­fi­cielle. Et si le prix des vé­los os­cille entre 11000 et 15500eu­ros pour les mo­dèles avec as­sis­tance élec­trique, l’ac­ces­soire est une suite lo­gique de ce sur-me­sure haut de gamme. “Nous avons par exemple réa­li­sé, pour un client qui sou­hai­tait pou­voir ba­la­der son pe­tit chien sur son vé­lo, un pa­nier en cuir, dans un es­prit mo­no­gram­mé sur la par­tie ex­té­rieure et en peau lai­née à l’in­té­rieur. L’en­semble est bien en­ten­du dé­mon­table. Nous tra­vaillons pour ce­la avec une belle mai­son fran­çaise”, note Fré­dé­ric Jas­tr­zebs­ki, pré­sident de la Mai­son Tam­boite. Et l’ar­riè­re­pe­tit-fils du fon­da­teur de la pres­ti­gieuse mai­son de pour­suivre: “en règle gé­né­rale, nos pa­niers mé­langent les ma­tières. Le cuir et la fla­nelle pour l’in­té­rieur, avec un sys­tème de tres­sage de fils mé­tal­liques bien par­ti­cu­liers. Nos vé­los comme nos ac­ces­soires sont des ob­jets d’ex­cep­tion. Ce sont des pro­duits tout sauf je­tables qui sont aux an­ti­podes de l’ob­so­les­cence pro­gram­mée que l’on peut trou­ver dans des pro­duc­tions in­dus­trielles”.

Des vê­te­ments com­mu­nau­taires

Exit donc les maillots ré­pliques de ceux du Tour de France. D’autres codes ves­ti­men­taires ont vu le jour pour ra­jeu­nir la pra­tique spor­tive, et les ac­ces­soires sont dé­sor­mais par­tie in­té­grante du mo­dèle éco­no­mique des marques. La de­mande a évo­lué et la clien­tèle, CSP+, ur­baine, connec­tée mais éga­le­ment plus fé­mi­nine, s’iden­ti­fie à des com­mu­nau­tés bien pré­cises. Pour Lu­cie Crois­sant, res­pon­sable mar­ke­ting pro­duits et marque de Time, “les ac­ces­soires que nous pro­po­sons doivent re­flé­ter l’image de la marque. Ils per­mettent éga­le­ment à des cy­clistes pas­sion­nés de mon­trer qu’ils ap­par­tiennent à une com­mu­nau­té un peu ex­clu­sive. C’est pour­quoi nous dé­ve­lop­pons nos propres po­tences et cintres ain­si que nos fourches qui bé­né­fi­cient d’une tech­no­lo­gie spé­ci­fique”. Et la res­pon­sable mar­ke­ting, éga­le­ment ath­lète de haut ni­veau, d’ajou­ter: “les nou­velles ten­dances ap­pa­raissent sur toutes les com­po­sants du vé­lo: que ce­la soit le disque, les groupes élec­triques sans fil, les sec­tions de pneus plus larges, mais éga­le­ment les roues en car­bone par exemple. Le cyclisme de route est un sport où la qua­li­té des pro­duits et du ma­té­riel dont on dis­pose est très im­por­tante. Et ce­la vaut aus­si bien au ni­veau de l’es­thé­tisme que de la per­for­mance”. L’es­thé­tique des ac­ces­soires fait ain­si dé­sor­mais jeu égal avec la quête de la per­for­mance. Les pro­duits doivent ré­pondre à toutes les at­tentes des cy­clistes. Les ac­ces­soires de­viennent per­son­na­li­sables dans les cou­leurs ou en­core les géo­mé­tries.

Des exi­gences en termes de look et de fonc­tion­na­li­té

Pour Ré­mi Cler­mont, fon­da­teur de l’en­seigne Ca­fé du cy­cliste, “la per­for­mance tech­nique ne doit pas se faire au dé­tri­ment du style”. Et le chef d’en­tre­prise et amou­reux de la pe­tite reine de pour­suivre: “nous avons conçu une ligne de vê­te­ments bap­ti­sée Tai­lo­red­tech. Notre clien­tèle sou­haite faire du vé­lo comme elle évo­lue dans la vie de tous les jours, c’est-à-dire sans avoir à se dé­gui­ser ou à se mé­ta­mor­pho­ser pour la cir­cons­tance. Nous jouons sur les mé­langes de soie et mé­ri­nos, car l’ajout de la soie à la laine amé­liore les ca­rac­té­ris­tiques na­tu­relles de cette der­nière et offre plus de confort et de ther­mo­ré­gu­la­tion”.

Même constat pour la marque ja­po­naise Pe­da­led qui met en avant une com­mu­nau­té bien iden­ti­fiable. “Le cyclisme a tou­jours eu ses propres codes es­thé­tiques as­sez dif­fé­rentes des règles de la mode, mais c’est un fait que de­puis

Cette nou­velle clien­tèle sou­haite dé­sor­mais adop­ter les codes qu’elles uti­lisent dans la vie de tous les jours. Et mon­trer son ap­par­te­nance à des com­mu­nau­tés bien iden­ti­fiées

“Nos ac­ces­soires per­mettent à des cy­clistes pas­sion­nés de mon­trer qu’ils ap­par­tiennent à une com­mu­nau­té un peu ex­clu­sive.” Lu­cie Crois­sant, Time.

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