Sé­cu­ri­té rou­tière, res­pon­sa­bi­li­té par­ta­gée

L’in­ves­tis­se­ment im­mo­bi­lier dans un mo­nu­ment his­to­rique est au­jourd’hui le seul dis­po­si­tif de dé­fis­ca­li­sa­tion to­ta­le­ment dé­pla­fon­né. Mais il reste rare et sou­mis à de nom­breuses contraintes

Le Nouvel Économiste - - La Une - DIDIER WILLOT

Pour les contri­buables dis­po­sant de re­ve­nus éle­vés, il n’existe plus qu’un seul moyen de bé­né­fi­cier d’un sys­tème de dé­duc­tion d’im­pôt en­tiè­re­ment dé­pla­fon­né : ache­ter un bien im­mo­bi­lier clas­sé ou ins­crit Mo­nu­ment his­to­rique en vue de le ré­no­ver. Qu’il s’agisse d’un châ­teau à la cam­pagne ou d’un ap­par­te­ment dans un bâ­ti­ment en zone ur­baine, il est en ef­fet pos­sible de dé­duire l’in­té­gra­li­té du mon­tant des tra­vaux du to­tal des re­ve­nus im­po­sables. Mal­heu­reu­se­ment, les opé­ra­tions éli­gibles à ce dis­po­si­tif sont peu nom­breuses : on en compte en moyenne en­vi­ron une cen­taine chaque an­née.

L’im­mo­bi­lier n’a pas été par­ti­cu­liè­re­ment avan­ta­gé par les dis­po­si­tions fis­cales conte­nues dans la loi de fi­nances pour l’an­née 2018. À la dif­fé­rence de­sin­vesp tis­se­ments fi­nan­ciers, il reste non seu­le­ment éli­gible à l’im­pôt sur la for­tune (de­ve­nu l’IFI, l’im­pôt sur la for­tune im­mo­bi­lière), mais il a éga­le­ment été écar­té du bé­né­fice de la “flat tax” au taux unique de 30 %. Consé­quence : les re­ve­nus fon­ciers conti­nuent de s’ajou­ter aux re­ve­nus des contri­buables bailleurs, et donc à être taxés au ba­rème pro­gres­sif de l’im­pôt sur le re­ve­nu. Telle est sans doute l’une des rai­sons pour la­quelle les épar­gnants semblent ma­ni­fes­ter de­puis quelques mois un re­gain d’in­té­rêt pour les opé­ra­tions im­mo­bi­lières qui s’ins­crivent dans le cadre de la loi dite Mo­nu­ments his­to­riques.

“Seul dis­po­si­tif de dé­fis­ca­li­sa­tion Des­ti­née à fa­vo­ri­ser la conser­va­tion du pa­tri­moine na­tio­nal pré­sen­tant un in­té­rêt pu­blic réel, la loi Mo­nu­ments his­to­riques a vu ses mo­da­li­tés maintes fois re­ma­niées mais elle conti­nue de re­po­ser sur des prin­cipes de base in­chan­gés au­jourd’hui to­ta­le­ment dé­pla­fon­né, il offre aux in­ves­tis­seurs la pos­si­bi­li­té d’abais­ser no­ta­ble­ment la tranche d’im­pôt sur le re­ve­nu à la­quelle ils sont im­po­sés et même, sous cer­taines

condi­tions, d’être exo­né­rés de droits

de suc­ces­sion” confirme Vir­gi­nie Sa­vi­gnac, conseillère en ges­tion de pa­tri­moine au sein de la so­cié­té Va­lo­ri­ty, fi­liale du groupe Va­leur et Ca­pi­tal spé­cia­li­sée dans l’in­ves­tis­se­ment im­mo­bi­lier.

Une loi plus que cen­te­naire

Vo­tée le 31 dé­cembre 1913, la loi dite Mo­nu­ments his­to­riques consti­tue sans au­cun doute l’une des dis­po­si­tions les plus an­ciennes de notre droit fis­cal. Des­ti­née à fa­vo­ri­ser la conser­va­tion du pa­tri­moine na­tio­nal pré­sen­tant un in­té­rêt pu­blic réel, elle a vu ses mo­da­li­tés maintes fois re­ma­niées, mais elle conti­nue de re­po­ser sur des prin­cipes de base in­chan­gés. Ré­ser­vée aux contri­buables do­mi­ci­liés en France au sens de l’ar­ticle 4B du Code gé­né­ral des im­pôts, elle per­met aux pro­prié­taires d’im­meubles pré­sen­tant un ca­rac­tère his­to­rique ou ar­tis­tique avé­ré (mo­nu­ment ins­crit ou clas­sé) de bé­né­fi­cier, lors­qu’ils y font réa­li­ser des tra­vaux d’en­tre­tien, de ré­no­va­tion ou de res­tau­ra­tion, des avan­tages fis­caux par­ti­cu­liè­re­ment at­trac­tifs. Les­quels ? Ceux qui sont ac­tuel­le­ment en vi­gueur ont été fixés au cours des an­nées qui ont mar­qué le tour­nant de la dé­cen­nie 2010. Il s’agit pour l’es­sen­tiel d’une dé­duc­tion sur le re­ve­nu im­po­sable, et sans au­cune li­mite (c’est-à-dire hors de toute niche fis­cale), du mon­tant to­tal des tra­vaux réa­li­sés, mais éga­le­ment des charges lo­ca­tives et des in­té­rêts d’em­prunt… Pre­mier cas de fi­gure. Qui dit mo­nu­ment his­to­rique pense châ­teau iso­lé à la cam­pagne. Ef­fec­ti­ve­ment, si vous êtes pro­prié­taire ou ac­qué­reur d’un im­meuble de ce type

“Mal­gré des contraintes ar­chi­tec­tu­rales coû­teuses, la dé­fis­ca­li­sa­tion per­met au pro­prié­taire-oc­cu­pant de faire de belles éco­no­mies d’im­pôts sur sa ré­si­dence prin­ci­pale.” Bertrand Brot­tier, Ré­duc­tion-Im­pôts.fr.

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