Ré­vo­lu­tion cultu­relle de l’uni­ver­si­té chi­noise

Créa­tion de centres uni­ver­si­taires à l’étran­ger et Mooc, les deux voies de la mo­der­ni­sa­tion de l’en­sei­gne­ment su­pé­rieur chi­nois

Le Nouvel Économiste - - La Une - PHILIPPE BARRET

Créa­tion de centres uni­ver­si­taires à l’étran­ger et Mooc, les deux voies de la mo­der­ni­sa­tion de l’en­sei­gne­ment su­pé­rieur chi­nois

L’uni­ver­si­té, telle que nous la connais­sons, qui se consacre à l’en­sei­gne­ment et à la re­cherche dans les sciences di­verses, y com­pris les sciences de l’homme et de la so­cié­té, ne fait pas par­tie de la tra­di­tion chi­noise. En Chine, les pre­mières uni­ver­si­tés sont ap­pa­rues seu­le­ment dans la deuxième moi­tié du XIXe siècle, sur le modèle des uni­ver­si­tés oc­ci­den­tales. La tra­di­tion chi­noise, ce n’est pas la re­cherche de la vé­ri­té, de nou­velles connais­sances, c’est plu­tôt l’ap­pren­tis­sage par coeur des au­teurs an­ciens. Il faut donc une forte vo­lon­té et un grand ef­fort aux Chi­nois pour adop­ter le modèle des uni­ver­si­tés oc­ci­den­tales. Un moyen nou­vel­le­ment uti­li­sé, c’est la créa­tion d’uni­ver­si­tés chi­noises à l’étran­ger. C’est ain­si que cette an­née, l’uni­ver­si­té de Pé­kin a ou­vert son cam­pus à Ox­ford. La HSBC Bu­si­ness School de l’uni­ver­si­té a en ef­fet ac­quis un cam­pus mé­dié­val dans la ville an­glaise. C’est une pre­mière. Le centre Ox­ford d’in­no­va­tion de Shenz­hen de­vrait être construit dans un proche ave­nir pour ser­vir de plate-forme com­bi­née d’in­no­va­tion et de co­opé­ra­tion in­ter­na­tio­nale en ma­tière d’en­sei­gne­ment su­pé­rieur. Cette im­plan­ta­tion à Ox­ford se concen­tre­ra sur la fi­nance chi­noise et la ges­tion d’en­tre­prise. Des étu­diants bri­tan­niques et d’autres étu­diants eu­ro­péens de­vraient pou­voir y étu­dier la cul­ture, l’éco­no­mie et l’his­toire de la Chine. D’autres uni­ver­si­tés chi­noises sont d’ores et dé­jà prêtes à créer des uni­ver­si­tés dans d’autres pays étran­gers.

2,5 % du PIB pour la R&D en 2020

Se­cond fac­teur de mo­der­ni­sa­tion, autre fa­çon de s’ou­vrir sur le monde : les Mooc (Mas­sive Open On­line Course), au­tre­ment dit l’en­sei­gne­mentg en ligne.g Le mi­nis­tère de l’Édu­ca­tion chi­nois a l’in­ten­tion de mettre en oeuvre un plan de dé­ve­lop­pe­ment de l’e-lear­ning. Ces cours en ligne se­ront dis­po­nibles dans le monde en­tier. Au dé­but de l’an­née, on comp­tait 490 cours à l’échelle na­tio­nale, dis­po­nibles sur In­ter­net. L’ob­jec­tif est d’en ajou­ter 3 000 d’ici à 2020. Le Mooc a un avan­tage : les pro­fes­seurs ont ain­si ten­dance à por­ter leur en­sei­gne­ment au meilleur, dès lors que leurs cours sont en­re­gis­trés et consul­tables par­tout dans le monde. La Chine, ce fai­sant, suit l’exemple de Har­vard ou du MIT, uni­ver­si­tés très en­ga­gées dans l’en­sei­gne­ment en ligne. En Chine, 144 mil­lions de per­sonnes – non pas seu­le­ment de jeunes étu­diants – sont ins­crites à des cours en ligne. Cette mo­der­ni­sa­tion des uni­ver­si­tés chi­noises s’opère dans le cadre d’un ef­fort gou­ver­ne­men­tal par­ti­cu­lier : d’ici à 2020, le pays de­vrait al­louer 2,5 % de son PIB à la re­cherche et au dé­ve­lop­pe­ment. C’est moins que ce que font les Amé­ri­cains et les Ja­po­nais. C’est à peu près ce que font les Eu­ro­péens. Mais par rap­port à la po­pu­la­tion, le nombre des étu­diants en Chine est très in­fé­rieur à ce­lui des pays oc­ci­den­taux. Le bud­get qui leur est consa­cré est d’au­tant plus im­por­tant.

Cette mo­der­ni­sa­tion des uni­ver­si­tés chi­noises s’opère dans le cadre d’un ef­fort gou­ver­ne­men­tal par­ti­cu­lier : d’ici à 2020, le pays de­vrait al­louer 2,5 % de son PIB à la re­cherche et au dé­ve­lop­pe­ment

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