Art de vivre

Li­te­rie en ligne contre en­seignes phy­siques

Le Nouvel Economiste - - La Une - BEN­JA­MIN PRUNIAUX

Un choix plé­tho­rique en ma­ga­sin contre un pro­duit unique sur In­ter­net avec li­vrai­son ra­pide, c’est peu ou prou l’en­jeu du duel au som­met du mo­ment dans le monde de la li­te­rie. En lice, les en­seignes tra­di­tion­nelles face aux nou­veaux noms de la dis­ci­pline, de fraîches start-up qui en­tendent bous­cu­ler ce mar­ché na­tio­nal où en moyenne, un ma­te­las est chan­gé tous les 14 ans, au lieu des 10 an­nées conseillées. “Nous sommes sur ce cré­neau du ma­te­las unique un peu uni­ver­sel, même si ça ne l’est ja­mais vrai­ment”, re­con­naît Charles Dig­byS­mith, res­pon­sable France de la jeune marque Eve qui bous­cule le mar­ché. “Le ma­te­las uni­ver­sel,

ça n’existe pas, tranche ins­tan­ta­né­ment Pierre El­ma­lek, fon­da­teur et pré­sident de Mai­son de la li­te­rie. Nous avons tous une mor­pho­lo­gie dif­fé­rente et toutes les tech­no­lo­gies exis­tantes trou­ve­ront à s’adap­ter au plus grand nombre.” Les jeunes loups de la li­te­rie tentent eux de convaincre que la mul­ti­tude de choix de ma­te­las, les dif­fé­rentes tech­no­lo­gies, la mousse, les res­sorts, les pro­duits na­tu­rels ou en­core des mé­langes de tout ont plu­tôt pour ef­fet de don­ner des maux de tête aux consom­ma­teurs. Le pro­duit unique ar­ri­ve­rait alors comme l’at­ten­du mes­sie dans un monde opaque et com­plexe. “Nous avons fait vo­lon­tai­re­ment et dès le dé­but le choix de peu de pro­duits”, in­ter­vient Ch­ris­tophe Bi­got, di­ri­geant chez Noc­tea, créa­teur de li­te­rie na­tu­relle, une marque qui se si­tue dans l’entre-deux du conflit. “Ce n’est ja­mais fa­cile de s’y re­trou­ver dans un ma­ga­sin de­vant un choix de ma­te­las, nous sim­pli­fions l’offre là où les gens ont peur.”

Chan­ge­ment de règles

L’ar­ri­vée sur le mar­ché de cette nou­velle concur­rence est per­çue de plu­sieurs ma­nières. “Ce phé­no­mène ré­veille le mar­ché et ce n’est pas plus mal, confie Ch­ris­tophe Bi­got. Avant ce­la, les gens avaient une vi­sion dif­fé­rente de la li­te­rie. Au­jourd’hui, on ac­cueille des tren­te­naires qui se pré­oc­cupent plus qu’avant de leur bie­nêtre.” Rien de plus fa­cile pour de jeunes marques de sa­voir par­ler à de jeunes clients… La com­mu­ni­ca­tion of­fen­sive mais sim­pli­fiée à la Apple a fait ses preuves. “Ce sont des en­tre­prises de mar­ke­ting, as­sène

Pierre El­ma­lek. Elles fonc­tionnent à coup de cam­pagnes de com­mu­ni­ca­tion mas­sives et coû­teuses. Si nous de­vions, nous, in­ves­tir des sommes pa­reilles, nous ne se­rions plus là de­puis long­temps.” Mais les start-up ont aus­si bien ana­ly­sé le mar­ché et jouent sur son manque de trans­pa­rence. Dans pra­ti­que­ment toutes les offres de ma­te­las exis­tantes, on trouve une re­mise

Les start-up ont bien ana­ly­sé ce mar­ché et jouent sur son manque de trans­pa­rence

“Ce sont des en­tre­prises de mar­ke­ting.

Elles fonc­tionnent à coup de cam­pagnes de com­mu­ni­ca­tion mas­sives et coû­teuses.” Pierre El­ma­lek, Mai­son de

la li­te­rie.

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