Le mar­ché des châ­teaux

Avec 40 000 châ­teaux sur son ter­ri­toire, la France re­gorge de ces biens aty­piques à tous les prix, sur un mar­ché qui re­prend des cou­leurs

Le Nouvel Économiste - - LA UNE - LAURÈNE RIMONDI

La France foi­sonne de châ­teaux,, dans tous les sty­le­sy et pour tous les goûts. À tous les prix aus­si, puisque ces de­meures char­gées d’his­toire sont mises en vente pour quelques cen­taines de mil­liers d’eu­ros, jus­qu’à plu­sieurs mil­lions. Si les biens les moins chers de­mandent sou­vent de gros in­ves­tis­se­ments en ré­no­va­tion, rien n’in­ter­dit de suc­com­ber à son rêve. De­ve­nir châ­te­lain à plein-temps, en vil­lé­gia­ture ou pour en faire son ac­ti­vi­té pro­fes­sion­nelle… de nom­breuses op­tions existent. D’au­tant qu’il est pos­sible de mettre son bien à pro­fit d’une ac­ti­vi­té lu­cra­tive, et donc de ren­ta­bi­li­ser ces tré­sors du pas­sé sur le moyen terme. Après une pé­riode atone, ce mar­ché aty­pique re­prend des cou­leurs et sé­duit de nom­breux pro­fils d’ac­qué­reurs.

En 2015, à Lou­ve­ciennes, le “Châ­teau Louis XIV” était ac­quis pour 275 mil­lions d’eu­ros et de­ve­nait la mai­son la plus chère de France. L’ac­qué­reur ne se­rait autre que Mo­ham­med ben Sal­mane, pprince hé­ri­tier d’Ara­bie saou­dite, se­lon le ‘New York Times’. À quelques mi­nutes de l’Étoile et de Ver­sailles, cette bâ­tisse neuve, sur­équi­pée sur le plan tech­no­lo­gique, est une ré­plique du châ­teau de Ver­sailles, le confort mo­derne en plus. “Une vente spec­ta­cu­laire, qui ré­vèle le rêve de nom­breux in­ves­tis­seurs étran­gers : se pré­va­loir d’un cer­tain art de vivre à la fran­çaise”, souffle Da­vid Mer­cier, di­rec­teur chez Da­niel Féau, qui a réa­li­sé la tran­sac­tion. Car le mar­ché des châ­teaux reste un mar­ché à part, fait de pro­duits aty­piques, qui sus­cite un re­gain d’in­té­rêt, se­lon Pa­trice Besse, de l’agence du même nom : “Les châ­teaux ne se sont ja­mais aus­si bien ven­dus que cette an­née,

à condi­tion que le prix soit le bon. L’ap­pé­tence n’a ja­mais été aus­si forte : sur nos 16 000 fi­chiers ac­qué­reurs, un tiers s’in­té­resse à ces biens”. D’au­tant qu’il en existe pour tous les bud­gets. Si les agences mettent ré­gu­liè­re­ment en vente d’im­menses pro­prié­tés du XVIIIe siècle à plu­sieurs di­zaines de mil­lions d’eu­ros, d’autres biens, gé­né­ra­le­ment du XIXe, sont beau­coup plus

ac­ces­sibles. “La France est le pays qui a le plus grand choix de châ­teaux à vendre : il en existe 40 000 sur tout le ter­ri­toire. Des biens qui ras­semblent aus­si bien des bâ­tisses de 400 m2 que de 3 000 m2 ha­bi­tables”, in­dique Alexan­der Kraft, PDG de So­the­by’s In­ter­na­tio­nal Real­ty France. La ques­tion mé­rite d’être po­sée : qu’ap­pel­let-on un “châ­teau” ? “Il se com­pose

gé­né­ra­le­ment de deux étages et d’une tour, à mi­ni­ma”, rap­pelle M. Kraft. Si les agences jouent par­fois sur les mots, les ac­qué­reurs qui s’in­té­ressent à ce type de biens cherchent avant tout un coup de coeur et une nou­velle vie. Ac­tuel­le­ment, “700 bâ­tisses de ce type sont à vendre, par­fois au prix d’un ap­par­te­ment pa­ri­sien”,

in­dique Na­tha­lie Gar­cin, PDG de l’Agence Gar­cin. En ef­fet, dans la Loire, c’est une pro­prié­té de 450 m2, as­sor­tie d’un ter­rain de 30 000 m2 et de 6 chambres, qui est cé­dée pour moins de 600 000 eu­ros. À 40 mi­nutes de Lyon, dans le Dau­phi­né, une mai­son forte du XVe siècle est mise en vente à moins de 900 000 eu­ros. De­ve­nir châ­te­lain est-il de­ve­nu à la por­tée de tous ? “Tout dé­pend de la lo­ca­li­sa­tion, du style, de

Si les agences mettent ré­gu­liè­re­ment en vente d’im­menses pro­prié­tés du XVIIIe siècle à plu­sieurs di­zaines de mil­lions d’eu­ros, d’autres biens, gé­né­ra­le­ment du XIXe, sont beau­coup plus ac­ces­sibles

“Un châ­teau se com­pose gé­né­ra­le­ment de deux étages et d’une tour, à mi­ni­ma.” Alexan­der Kraft, So­the­by’s In­ter­na­tio­nalReal­ty France.

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