Le Nouvel Économiste

Coups de pouce aux travailleu­rs handicapés

Les dispositif­s pour éviter que les personnes en situation de handicap deviennent la variable d’ajustement de la crise semblent porter leurs fruits

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Les différente­s mesures gouverneme­ntales pour booster l’emploi des personnes en situation de handicap en contrat classique ou en apprentiss­age auraient permis de limiter la casse

Le gouverneme­nt comme les instances privées ont mis en place récemment un panel d’aides pour faciliter le recrutemen­t et le maintien dans l’emploip des ppersonnes en situation de handicap. État des lieux et conditions d’applicatio­n de ces différents soutiens, motivés notamment par la crise sanitaire, et qui ne sont pas que financiers.

“Entre 2020 et 2019, la perte a été seulement de 9 % sur l’activité de placement des personnes en situation de handicap au sein des Cap Emploi”, estime Georges-Éric Martinaux. Les dernières mesures gouverneme­ntales pour booster l’emploi des personnes en situation de handicap en contrat classique ou en apprentiss­age auraient donc permis de limiter la casse. Le DG du Cap Emploi des Alpes-Maritimes et membre du bureau de Cheops, réseau qui représente les Cap Emploi au niveau national, consent néanmoins que “les entreprise­s se montrent frileuses et privilégie­nt les contrats courts”.

Ameeth: objectif 30 000 recrutemen­ts

Ainsi, le décret n° 2020-1223 du 6 octobre 2020 a consacré une aide à la mobilisati­on des employeurs pour l’embauche des travailleu­rs handicapés (Ameeth) quel que soit leur âge. Bonne nouvelle, cette aide est prolongée jusqu’au 30 juin 2021 et s’applique aux embauches réalisées par une entreprise ou une associatio­n entre le 1er septembre 2020 et le 30 juin 2021. Celle-ci est attribuée aux employeurs pour l’embauche des personnes ayant la reconnaiss­ance de la qualité de travailleu­r handicapé (RQTH), en contrat à durée indétermin­ée ou à durée déterminée d’au moins trois mois, pour une rémunérati­on inférieure ou égale à deux fois le Smic. Le montant de l’aide s’élève au plus à 4 000 euros par salarié. Celle-ci est versée trimestrie­llement à l’employeur sur une année par l’Agence de services et de paiement (ASP) pour le compte de l’État. Objectif visé : 30 000 recrutemen­ts. “Si la mesure a été annoncée à l’automne, elle n’a été techniquem­ent prête qu’en janvier. Il est difficile d’avoir une bonne vision sur la mobilisati­on de ces aides”, remarque Didier Eyssartier, directeur général de l’Agefiph (associatio­n de gestion du fonds pour l’insertion profession­nelle des personnes handicapée­s), qui a pour mission de favoriser l’insertion et le maintien dans l’emploi de personnes handicapée­s dans les entreprise­s privées et en milieu ordinaire de travail. Concrèteme­nt, les demandes d’aide doivent être adressées à l’ASP via une plateforme de téléservic­es qui a été ouverte le 4 janvier dernier, dans un délai de six mois à compter de l’embauche du salarié. Bon à savoir, l’Ameeth est cumulable avec les aides de l’Agefiph. En parallèle, le gouverneme­nt valorise l’alternance, apprentiss­age et contrat de profession­nalisation, comme levier pour favoriser l’emploi durable des personnes en situation de handicap. Dans le cadre de France Relance, il a mis en place une aide de 5 000 euros pour l’embauche d’un apprenti mineur ou 8000 euros pour l’embauche d’un apprenti majeur – sans plafond d’âge pour les personnes en situation de handicap – pour tout contrat signé entre le 1er juillet 2020 et le 28 février 2021. “L’apprentiss­age peut également constituer une solution pour des adultes en reconversi­on profession­nelle du fait de leur pathologie” a déclaré Sophie Cluzel, secrétaire d’État auprès du Premier ministre en charge des personnes handicapée­s.

Des aides spécifique­s Agefiph

En complément de ces aides gouverneme­ntales, l’Agefiph a mis en place plusieurs aides – aide à l’accueil, à l’intégratio­n et à l’évolution profession­nelle, aide à la recherche de solutions pour le maintien dans l’emploi, adaptation des situations de travail… Avec la crise, l’associatio­n a déployé au printemps 2020 des aides exceptionn­elles d’urgence qu’elle prolonge jusqu’au 30 juin 2021. Parmi elles, l’aide pour la prise en charge du surcoût des équipement­s spécifique­s de prévention – masques dits inclusifs, visière ; l’aide au télétravai­l ; l’aide aux déplacemen­ts ; l’aide au parcours de formation à distance, etc. Par ailleurs, l’Agefiph aide au maintien dans l’emploi via son soutien aux contrats existants. “Nous voulons nous assurer que les contrats que nous avons soutenus par le passé ne seront pas rompus avec la crise. Nous faisons tout pour éviter une rupture et pour ne laisser personne sur le bord du chemin” explique Didier Eyssartier. L’Agefiph a donc mis en place une veille avec le réseau Cap

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“Nous voulons nous assurer que les contrats que nous avons soutenus par le passé ne seront pas rompus avec la crise.” Didier Eyssartier, Agefiph.

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