LE CHAN­GE­MENT D’HEURE C’EST BIEN­TÔT FI­NI

L’Union eu­ro­péenne veut abo­lir l’al­ter­nance entre heure d’été et heure d’hi­ver.

Le Parisien (Essonne) - - LA UNE - PAR ÉMI­LIE TORGEMEN

À LA BONNE HEURE !

Le pré­sident de la Com­mis­sion eu­ro­péenne, Jean-Claude Jun­cker, a créé la sur­prise hier en an­non­çant à la té­lé al­le­mande que « le chan­ge­ment d’heure se­ra abo­li », in­di­quant au pas­sage que l’idée se­rait de res­ter en per­ma­nence… à l’heure d’été.

Il va peut-être un peu vite en be­sogne (voir l’en­ca­dré) mais c’est une vraie ré­vo­lu­tion qui va chan­ger la vie des 510 mil­lions d’Eu­ro­péens et de près de 67 mil­lions de Fran­çais. « Les gens le veulent, nous le fai­sons », a in­sis­té Jean-Claude Jun­cker. Une fa­çon aus­si de faire la pro­mo d’une Europe proche de ses ci­toyens, à quelques mois des pro­chaines élec­tions. Le su­jet a mo­bi­li­sé : 4,6 mil­lions d’in­ter­nautes ont ré­pon­du à la consul­ta­tion or­ga­ni­sée par l’Europe au coeur de l’été. Du ja­mais-vu, ces ques­tion­naires sur In­ter­net res­tant d’ha­bi­tude très confi­den­tiels. Ain­si, 84 % des Eu­ro­péens et la même pro­por­tion de Fran­çais se sont dé­cla­rés fa­vo­rables à la fin de l’al­ter­nance heure d’été­heure d’hi­ver ; 76 % ont par ailleurs in­di­qué qu’ils en avaient une ex­pé­rience né­ga­tive ou très né­ga­tive.

CHAQUE PAYS POUR­RA CHOI­SIR

De­puis des dé­cen­nies, dans tous les pays eu­ro­péens, les hor­loges re­culent d’une heure le der­nier di­manche d’oc­tobre et avancent d’au­tant le der­nier di­manche de mars, ce qui au pas­sage nous fait perdre une heure de som­meil. « Je suis ra­vie que notre mo­bi­li­sa­tion paie en­fin ! com­mente Ka­ri­ma Del­li, l’eu­ro­dé­pu­tée (EELV) à l’ori­gine du vote de­man­dant à la Com­mis­sion d’éva­luer cette ques­tion. Som­meil, sé­cu­ri­té rou­tière… c’est loin d’être un gad­get, nous at­ten­dons des actes avant la fin de la man­da­ture en mai ! »

Exit l’heure d’hi­ver, alors ? L’hypothèse — qui semble dé­jà être la fa­vo­rite du pré­sident de la Com­mis­sion — se­rait une ex­cel­lente nou­velle pour soi­gner notre mo­ral, notre san­té et mé­na­ger nos apé­ros d’été ! Mais rien n’in­dique pour l’ins­tant que l’op­tion « été » se­ra re­te­nue. L’Union eu­ro­péenne n’a pas le pou­voir de l’im­po­ser. « Chaque Etat peut sou­ve­rai­ne­ment choi­sir son fu­seau ho­raire, pré­cise-t-on à la Com­mis­sion. La France peut très bien adop­ter l’heure de San Fran­cis­co si ça lui chante. En re­vanche, le texte qui de­vrait sor­tir in­ter­di­ra à chaque Etat de conser­ver deux heures dif­fé­rentes. Les 28 Etats membres de­vraient, nous l’es­pé­rons, choi­sir d’un bloc l’une ou l’autre des so­lu­tions. »

Si l’été l’em­porte, les per­dants se­ront tou­te­fois nom­breux : lève-tôt, éle­veurs, éboueurs, qui se re­trou­ve­ront dans le noir en dé­but de jour­née une bonne par­tie de l’an­née. « Pour­quoi ne pas res­ter à l’heure d’hi­ver, qui a l’avan­tage d’avoir moins de dé­ca­lage avec le so­leil ? s’étrangle Fran­çoise Moi­nard, membre de l’As­so­cia­tion contre l’heure d’été double. Pour les per­sonnes âgées et fra­giles, c’est bien moins né­faste. »

“LES GENS LE VEULENT, NOUS LE FAI­SONS ” JEAN-CLAUDE JUN­CKER, PRÉ­SIDENT DE LA COM­MIS­SION EU­RO­PÉENNE

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