QUELLE BONNE IDÉE

Même si l’heure d’hi­ver est plus proche du cycle du so­leil, une grande ma­jo­ri­té des ha­bi­tants plaident pour le main­tien de l’heure d’été. Voi­ci pour­quoi ils ont rai­son.

Le Parisien (Essonne) - - FAIT DU JOUR - PAR ÉMI­LIE TORGEMEN ET RO­MAIN BAHEUX

POUR COL­LER AVEC NOS MODES DE VIE

Le­ver avec le jour et cou­cher avec les poules, ça ne colle plus au rythme de vie des Fran­çais. Alors, oui, l’heure d’été est moins en phase avec l’en­so­leille­ment na­tu­rel que l’heure d’hi­ver, mais « ce qui était im­por­tant pour nos aïeux, sou­vent pay­sans, qui vi­vaient à l’heure du so­leil, l’est beau­coup moins au XXIe siècle avec l’om­ni­pré­sence des éclai­rages ar­ti­fi­ciels », note Pierre Phi­lip, di­rec­teur de l’uni­té de re­cherche som­meil, ad­dic­tion et neu­ro­psy­chia­trie à Bor­deaux (CNRS, uni­ver­si­té de Bor­deaux). Quand il s’agit de bien dor­mir, les rythmes so­ciaux jouent « au moins au­tant » que la lu­mière, in­siste le spé­cia­liste.

POUR LI­MI­TER LES AC­CI­DENTS

De­puis des an­nées, la sé­cu­ri­té rou­tière en­re­gistre un pic d’ac­ci­den­ta­li­té de + 43 % pour les pié­tons en fin de jour­née dans la se­maine qui suit le re­tour à l’heure d’hi­ver. Parce que beau­coup d’en­fants et d’adultes sont sur­pris par la nuit au mo­ment de la sor­tie des classes ou des tra­jets de fin de jour­née pro­fes­sion­nels. Sans comp­ter que, le som­meil étant per­tur­bé, la vi­gi­lance et l’at­ten­tion baissent. « At­ten­tion, pré­vient Anne La­vaud se­cré­taire gé­né­rale de l’as­so­cia­tion Pré­ven­tion rou­tière. L’hi­ver reste l’hi­ver. Bien sûr, si l’on cesse de chan­ger d’heure, il n’y au­ra plus d’ef­fet de sur­prise, mais la pé­riode d’en­so­leille­ment est plus courte en jan­vier qu’en juin, il fau­dra conti­nuer à être vi­gi­lants et rendre vi­sibles ces en­fants, avec des bandes ré­flé­chis­santes sur le car­table, par exemple. »

POUR NOS BELLES SOI­RÉES D’ÉTÉ

« Res­ter à l’heure d’été, c’est une vic­toire pour la convi­via­li­té d’abord ! sa­lue Oli­vier Fabre, qui a créé l’As­so­cia­tion eu­ro­péenne pour l’heure d’été. Parce que nous sommes tous heu­reux de pro­fi­ter des beaux jours le plus long­temps pos­sible. C’est aus­si bon pour toute l’éco­no­mie du tou­risme parce que les gens sortent et consomment plus au so­leil », s’en­thou­siasme ce­lui qui est aus­si maire de Ma­za­met (Tarn).

POUR FAIRE PLUS DE SPORT

Les longues soi­rées poussent les sé­den­taires à se mettre au sport. En ef­fet, les jog­geurs du pe­tit ma­tin qui en­filent leurs bas­kets à 5 heures sont rares, la pra­tique spor­tive, sur­tout chez les jeunes, c’est après le bou­lot ou les cours. Et même pour fi­ler à la pis­cine (certes éclai­rée), c’est beau­coup plus at­ti­rant quand on se dit qu’il reste des heures d’en­so­leille­ment.

« Sur le ter­rain, c’est une évi­dence ! in­siste Jean-Claude Per­rot, pré­sident de Football loisir ama­teur. Les ter­rains sont très mal éclai­rés dès qu’on passe en heure d’hi­ver. Pour les en­fants qui ont foot après les cours, les ter­rains ne sont pas au pied des im­meubles, il faut en­suite ren­trer dans le noir… »

I POUR SOI­GNER SON MO­RAL

Da­van­tage de so­leil en soi­rée per­met d’évi­ter les « dé­pres­sions sai­son­nières très com­munes », pointe Claire Le­conte, chro­no­bio­lo­giste. Bien sûr, en heure d’été, on perd un peu de rayon de so­leil au le­ver, « mais le ma­tin on court au tra­vail, le bé­né­fice n’est pas le même », ex­plique la spé­cia­liste. Le tout grâce à une hor­mone du som­meil dont la sé­cré­tion est blo­quée en pleine lu­mière : la mé­la­to­nine.

En « op­tion » été, on se sent donc en pleine forme et de bonne hu­meur.

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