Les consul­ta­tions à dis­tance dé­sor­mais rem­bour­sées

A comp­ter d’au­jourd’hui, l’As­su­rance ma­la­die rem­bourse les consul­ta­tions mé­di­cales à dis­tance. Mais elles de­vront ré­pondre à des condi­tions très pré­cises.

Le Parisien (Essonne) - - LA UNE - PAR DA­NIEL ROSENWEG

DANS LES USAGES de la san­té, c’est une pe­tite ré­vo­lu­tion. Les Fran­çais pour­ront consul­ter un mé­de­cin à dis­tance, par vi­déo­con­fé­rence, en étant pris en charge par l’As­su­rance ma­la­die et leur com­plé­men­taire san­té. Une avancée pré­vue de­puis… 2010. C’est l’abou­tis­se­ment d’un long pro­ces­sus d’ex­pé­ri­men­ta­tions dans cer­tains ter­ri­toires et de né­go­cia­tions entre les syn­di­cats de mé­de­cins et l’As­su­rance ma­la­die. Le dis­po­si­tif qui entre en ap­pli­ca­tion est plu­tôt contrai­gnant, mais il est l’un des plus gé­né­reux d’Eu­rope car il ne laisse, en théo­rie, pas de reste à charge au pa­tient dis­po­sant d’une com­plé­men­taire san­té.

I CE­LA S’ADRESSE À QUI ?

A tout pa­tient, dès lors que le mé­de­cin con­tac­té donne son ac­cord. Cer­tains cas né­ces­sitent un exa­men phy­sique du pa­tient (dou­leurs ab­do­mi­nales, ur­gences…). Pour té­lé­con­sul­ter, il fau­dra avoir vu son mé­de­cin trai­tant dans les douze mois pré­cé­dents afin de ga­ran­tir un bon sui­vi mé­di­cal. Deux ex­cep­tions au res­pect du par­cours de soins sont pré­vues : les moins de 16 ans et la consul­ta­tion de spé­cia­listes peu dis­po­nibles tels que gy­né­co­logues, oph­tal­mo­logues, sto­ma­to­logues, chi­rur­giens-den­tistes, psy­chiatres et pé­diatres. En­fin, la té­lé­con­sul­ta­tion hors par­cours de soins est pos­sible si vous n’avez pas dé­cla­ré de mé­de­cin trai­tant ou si votre pra­ti­cien ha­bi­tuel est in­dis­po­nible. Mais at­ten­tion : la té­lé­con­sul­ta­tion n’est pas un ser­vice d’ur­gences.

I QUELS MÉ­DE­CINS ?

For­cé­ment des pra­ti­ciens ins­crits à l’ordre des mé­de­cins (gé­né­ra­listes ou spé­cia­listes). Ils pour­ront être li­bé­raux, hos­pi­ta­liers ou sa­la­riés de centres de san­té, de complémentaires san­té ou de plates-formes.

I QUELLES CONDI­TIONS ?

La loi pré­voit que la té­lé­con­sul­ta­tion rem­bour­sable de­vra être as­su­rée sur ren­dez-vous et im­pé­ra­ti­ve­ment en vi­sio­con­fé­rence (sur or­di­na­teur, ta­blette ou smart­phone, ca­bines équi­pées) grâce à un sys­tème sé­cu­ri­sé pour pro­té­ger les don­nées trans­mises et ga­ran­tir la confi­den­tia­li­té. Un compte ren­du de consul­ta­tion doit être re­mis en fin de com­mu­ni­ca­tion. Et, si be­soin, une pres­crip­tion élec­tro­nique (elle peut aus­si être adres­sée à une phar­ma­cie dé­si­gnée).

I QUEL PRIX, QUEL PAIE­MENT ?

La grille de ré­mu­né­ra­tion coïn­cide, pour l’es­sen­tiel, avec celle des consul­ta­tions en ca­bi­net : 25 € pour un gé­né­ra­liste de sec­teur 1 (en mé­tro­pole), les spé­cia­listes de sec­teur 2 pou­vant ap­pli­quer un dé­pas­se­ment d’ho­no­raires. Le mé­de­cin pour­ra être ré­glé, pré­cise l’As­su­rance ma­la­die, par chèque, vi­re­ment ou carte ban­caire. Il de­vra faire le tiers payant pour la part prise en charge par l’As­su­rance ma­la­die : 70 % des 25 €, par exemple, mais 100 % pour les per­sonnes en af­fec­tion de longue du­rée (ALD) et les autres bé­né­fi­ciaires de la prise en charge in­té­grale. Une feuille de soins se­ra adres­sée au pa­tient pour que sa mu­tuelle puisse rem­bour­ser les 30 % de reste à charge qu’il au­ra ré­glés. Un flou sub­siste sur l’usage de la carte Vi­tale que le mé­de­cin ne pour­ra pas in­sé­rer dans son lec­teur.

Les té­lé­con­sul­ta­tions se­ront rem­bour­sées sur la même base que les ho­no­raires en ca­bi­net.

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