La conser­va­tion des sols, un sys­tème agri­cole à dé­cou­vrir

Ch­ris­tophe Nau­din, cé­réa­lier, uti­lise une mé­thode d’ex­ploi­ta­tion qui lui per­met de pré­ser­ver la terre et de pro­té­ger la faune.

Le Parisien (Essonne) - - ESSONNE SAINTE-GENEVIÈVE ETAMPES - PAR NOL­WENN COSSON

CHAR­RUE, BINEUSE et herse ont été dé­fi­ni­ti­ve­ment mises au pla­card. De­puis 2014, Ch­ris­tophe Nau­din, cé­réa­lier à Maisse, ne la­boure plus ses terres. Il laisse la na­ture faire son tra­vail. Avec un pe­tit coup de pouce. « Entre chaque mois­son, je sème, à l’aide d’un se­moir — un cock­tail de vé­gé­taux — des tour­ne­sols, des ra­dis, du seigle, du lin, des sar­ra­sins, que je pré­pare moi-même en fonc­tion des be­soins, dé­crit l’agri­cul­teur. Leurs ra­cines aèrent et rendent plus fer­tile le sol qui est pro­té­gé des aléas du temps grâce aux plantes. C’est comme nous avec nos vê­te­ments. »

En France, 4 % des pro­fes­sion­nels ont fait le choix de se lan­cer dans l’agri­cul­ture de conser­va­tion des sols, dont quatre en Es­sonne. Une mé­thode que Ch­ris­tophe Nau­din pré­sente, lors d’une vi­site de ses par­celles, de­main dans le cadre des Jour­nées du pa­tri­moine sol, or­ga­ni­sées pour la troi­sième an­née par l’As­so­cia­tion pour la pro­mo­tion d’une agri­cul­ture du­rable (Apad).

L’ob­jec­tif est double : sen­si­bi­li­ser le pu­blic et les ac­teurs lo­caux à l’im­por­tance de considérer le sol comme un réel pa­tri­moine, mais aus­si de re­créer du dia­logue entre les agri­cul­teurs et la so­cié­té pour en­vi­sa­ger en­semble l’ave­nir de cette pro­fes­sion.

UNE BIO­DI­VER­SI­TÉ QUI SE DÉ­VE­LOPPE

« Je suis vrai­ment convain­cu par ce sys­tème, as­sure le cé­réa­lier qui cultive sur ses 106 ha du blé, du maïs ou en­core du col­za. Grâce à lui, j’ai di­vi­sé par trois ma consom­ma­tion de car­bu­rant, et ré­duit l’uti­li­sa­tion d’en­grais, de pro­duits phy­to­sa­ni­taires, de pes­ti­cides. Ma faune et ma flore sont plus di­ver­si­fiées, j’ai de plus en plus de vers de terre et de ca­rabes, par exemple. Mes lé­gu­mi­neuses per­mettent de pié­ger l’azote deux fois plus qu’en agri­cul­ture conven­tion­nelle. Le risque de pol­lu­tion des eaux est donc ré­duit. »

Pour rendre plus concret la dif­fé­rence entre une terre la­bou­rée ou non, Ch­ris­tophe Nau­din pro­pose un pe­tit test : plon­ger deux mottes de terre dans de l’eau. En quelques mi­nutes, la cou­leur du pre­mier bo­cal passe au mar­ron. Dans ce­lui où sa terre se trouve, l’eau reste claire. « C’est à cause de ce­la que les villes se re­trouvent, lors de gros orages, avec des cou­lées de boue sur les routes, et que la Seine change par­fois de cou­leur, ex­plique-t-il. Avec cette mé­thode, on évite l’éro­sion des sols. » Une phi­lo­so­phie que Ch­ris­tophe Nau­din par­tage sur sa chaîne YouTube : « Le Pay­san du­rable ».

▣ Vii­site de la ferme de Bre­ton­vil­liers à Maisse, de­main, de 16 heures à 18 heures.

Maisse, hier. Ch­ris­tophe Nau­din ne la­boure plus ses terres de­puis 2014. Après chaque mois­son, il sème vé­gé­taux et ré­si­dus de culture.

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