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Le Parisien (Essonne) - - TÉLÉVISION LOISIRS - Ni­co­las Cop­per­mann PA­TRON D’ENDEMOL-SHINE ET PRÉ­SIDENT DU SYN­DI­CAT DES PRO­DUC­TEURS ET CRÉA­TEURS DE PRO­GRAMMES AU­DIO­VI­SUELS

« CETTE EXTENSION à tous les foyers, avec ou sans té­lé, est dé­jà en vi­gueur en Al­le­magne de­puis 2013 avec suc­cès. Et elle est to­ta­le­ment lo­gique puisque au­jourd’hui beau­coup de gens ne re­gardent pas la té­lé­vi­sion sur des postes tra­di­tion­nels mais sur leur or­di­na­teur, leur ta­blette ou leur té­lé­phone. Ce n’est pas parce qu’on n’a pas de té­lé­vi­sion qu’on ne re­garde pas des conte­nus fa­bri­qués pour la té­lé­vi­sion. Et cette ten­dance ne va al­ler qu’en s’ac­cen­tuant. France Té­lé­vi­sions va d’ailleurs dé­ve­lop­per de plus en plus de pro­jets ex­clu­si­ve­ment nu­mé­riques. Sans par­ler du fait que la re­de­vance sert aus­si à fi­nan­cer Ra­dio France, l’INA, etc.

» La sup­pres­sion de la taxe d’ha­bi­ta­tion est pré­vue pour 80 % des foyers en 2020. Il fau­dra donc re­voir le mode de per­cep­tion de la re­de­vance, alors au­tant re­voir en même temps son as­siet- te : c’est la bonne fe­nêtre de tir.

» On sait que ce n’est pas une réforme très po­pu­laire, mais la lé­gis­la­tion doit s’adap­ter à ces nou­veaux usages. Le nombre de foyers pos­sé­dant un té­lé­vi­seur est né­ces­sai­re­ment ame­né à dé­cli­ner alors que de plus en plus de gens font le choix d’avoir des or­di­na­teurs, des ta­blettes ou des smart­phones comme seuls écrans à la mai­son. Il faut donc dé­sor­mais dé­battre des mo­da­li­tés de la re­de­vance, de son mon­tant, de son éven­tuelle men­sua­li­sa­tion et des exo­né­ra­tions pour les per­sonnes en dif­fi­cul­té.

» C’est une réforme que le sec­teur ré­clame à l’una­ni­mi­té de­puis long­temps. Elle doit per­mettre de pé­ren­ni­ser les res­sources de l’audiovisuel pu­blic. Créer des séries ou des émis­sions am­bi­tieuses et de qua­li­té a né­ces­sai­re­ment un coût. Or, si France Té­lé­vi­sions a pro­mis de ne pas tou­cher à son bud­get de créa­tion (séries, té­lé­films, do­cu­men­taires, etc.), les pro­grammes de flux (talk-shows, jeux, etc.) sont tou­jours les va­riables d’ajus­te­ment quand les bud­gets sont en baisse. »

“IL FAUT S’ADAP­TER AUX NOU­VEAUX USAGES ”

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