LES POR­TABLES SONT TOU­JOURS LÀ

ÉDUCATION Mal­gré l’in­ter­dic­tion du mo­bile en cette ren­trée, la si­tua­tion va­rie d’un éta­blis­se­ment à l’autre. Notre en­quête.

Le Parisien (Essonne) - - LA UNE -

VOTRE ADO vous ex­plique que les profs n’ont pas le droit de lui prendre son por­table ? Vous avez lu que les en­sei­gnants n’avaient plus le droit d’avoir un té­lé­phone sur eux en classe ? On vous aide à dé­mê­ler le vrai du faux au­tour de la loi, en­trée en vi­gueur à la ren­trée.

LES PROFS ONT LE DROIT DE CONFIS­QUER LES POR­TABLES

VRAI

Avant le pas­sage du texte, les en­sei­gnants n’avaient théo­ri­que­ment pas le droit de sanc­tion­ner les ré­cal­ci­trants en sai­sis­sant le té­lé­phone. « La sanc­tion ne fi­gu­rait pas dans le Code de l’éducation, c’était illé­gal », ex­plique Va­lé­rie Piau, avo­cate spé­cia­li­sée en droit de l’éducation. La loi men­tionne main­te­nant clai­re­ment la confis­ca­tion de l’ap­pa­reil comme pu­ni­tion pos­sible dans l’ar­se­nal. Mais laisse au rè­gle­ment in­té­rieur de l’éta­blis­se­ment le soin d’en dé­ter­mi­ner la du­rée. « Ça reste une zone de flou dans la­quelle des pa­rents pour­raient s’en­gouf­frer et mettre en avant une at­teinte au droit de la pro­prié­té », pour­suit l’avo­cate.

LES PROFS N’ONT PAS LE DROIT D’UTI­LI­SER LEUR TÉ­LÉ­PHONE FAUX

Les dé­pu­tés ont fait marche ar­rière. Si des élus LREM à l’As­sem­blée na­tio­nale avaient en­vi­sa­gé d’étendre l’in­ter­dic­tion au corps en­sei­gnant, l’amen­de­ment dé­crié n’a pas été vo­té. L’Edu­ca­tion na­tio­nale se contente de sou­li­gner que l’in­ter­dic­tion du por­table à l’école « doit al­ler de pair avec une uti­li­sa­tion rai­son­nable par les adultes des té­lé­phones por­tables et ob­jets connec­tés ». En bref : ils sont in­vi­tés à mon­trer l’exemple.

LES ÉLÈVES PEUVENT S’EN SER­VIR EN CLASSE DANS CER­TAINS CAS VRAI

Oui, même si la loi et le rè­gle­ment l’in­ter­disent de ma­nière glo­bale. Les en­sei­gnants peuvent de­man­der à leurs élèves de consa­crer leur té­lé­phone à des usages pé­da­go­giques. Par ailleurs, les élèves han­di­ca­pés qui bé­né­fi­cient d’une ap­pli­ca­tion qui les aide dans leur quo­ti­dien ne sont pas concer­nés par la loi.

LES ÉLÈVES PEUVENT L’UTI­LI­SER LORS DES SOR­TIES SCO­LAIRES FAUX

Non, l’in­ter­dic­tion du por­table ne s’ar­rête pas à la grille des écoles. Le texte pré­cise bien que n’im­porte quelle « ac­ti­vi­té liée à l’en­sei­gne­ment qui se dé­roule à l’ex­té­rieur de leur en­ceinte [NDLR : des éta­blis­se­ments] » rentre par dé­faut dans le champ d’ap­pli­ca­tion de la loi. « Par­fois, cer­tains nous disent qu’ils peuvent s’en ser­vir pour al­ler au stade avec le prof de sport, ra­conte Christelle Contejean, CPE à Lure (Hau­teSaône). On va bien leur ex­pli­quer que ça n’est pas le cas. »

LES LY­CÉENS

NE SONT PAS CONCER­NÉS VRAI

Oui, la loi évoque bien les plus vieux élèves du se­con­daire, mais ne les contraint à rien. « Dans les ly­cées, le rè­gle­ment in­té­rieur peut in­ter­dire l’uti­li­sa­tion par un élève [NDLR :

d’un por­table] dans tout ou par­tie de l’en­ceinte de l’éta­blis­se­ment ain­si que pen­dant les ac­ti­vi­tés se dé­rou­lant à l’ex­té­rieur de celle-ci », ex­plique le texte. En clair : l’éta­blis­se­ment doit spé­ci­fi­que­ment in­di­quer les en­droits où il dé­sire in­ter­dire les té­lé­phones aux élèves.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.