Ma­rine Le Pen re­trouve la niaque

Mal­gré les en­nuis fi­nan­ciers et ju­di­ciaires, le Ras­sem­ble­ment na­tio­nal a lan­cé hier sa cam­pagne eu­ro­péenne. Avec des son­dages qui lui mettent du baume au coeur après quinze mois de doutes.

Le Parisien (Essonne) - - POLITIQUE - DE NOTRE EN­VOYÉE SPÉ­CIALE VA­LÉ­RIE HACOT À FRÉ­JUS (VAR) MA­RINE LE PEN, PRÉ­SI­DENTE DU RAS­SEM­BLE­MENT NA­TIO­NAL

QUELQUES MI­NUTES avant l’en­trée en scène de Ma­rine Le Pen, un so­sie de John­ny aux faux airs d’Ed­dy Mit­chell — par ailleurs conseiller ré­gio­nal — se dé­hanche en play-back sur « Al­lu­mer le feu ». De quoi ral­lu­mer la flamme des mi­li­tants ve­nus écou­ter le mee­ting de ren­trée de la pa­tronne du Ras­sem­ble­ment na­tio­nal (RN, exFN) au Théâtre du Fo­rum à Fré­jus (Var). Après quinze (très longs) mois de doutes, les adhé­rents du par­ti d’ex­trême droite re­trouvent des cou­leurs. Ra­gaillar­dis par les der­niers son­dages qui placent le RN au coude-à-coude avec la Ré­pu­blique en marche pour les pro­chaines élec­tions eu­ro­péennes.

Même les pro­blèmes fi­nan­ciers — de­puis la sai­sie de la sub­ven­tion pu­blique de 2 M€ par la jus­tice — sont re­lé­gués au se­cond plan. « Moins on parle et plus on monte. La cam­pagne se fait toute seule », se ré­jouit Co­lette, une en­sei­gnante à la re­traite de 78 ans. « Après les élec­tions, il y a eu une baisse des adhé­sions dans mon dé­par­te­ment, mais main­te­nant, les gens re­viennent. Ils sont dé­çus de Ma­cron », as­sure Ani­ta, qui ré­side à Tou­lon (Var).

Contrainte de res­ter dans le hall, puisque les 800 places du théâtre municipal de Fré­jus sont pleines, Chan­tal re­prend elle aus­si es­poir. « Je sens que

MA­CRON, IL NE MARCHE PLUS, ”

IL RAME

Ma­rine est plus en forme. Dom­mage qu’elle ait eu son dé­bat d’entre-deux-tours (NDLR : à la pré­si­den­tielle), ça a lais­sé des traces », nuance-t-elle tou­te­fois. A quelques mètres de là, Na­tha­lie, elle, conserve une foi in­tacte en Ma­rine Le Pen. « Il y a un vrai ras-le-bol. On en a as­sez d’être en­va­his, fau­drait re­prendre le slo­gan de Jean-Ma­rie : la France aux Fran­çais », lâche cette re­trai­tée du Can­net (Alpes-Ma­ri­times).

Mes­sage re­çu cinq sur cinq par Ma­rine Le Pen. Du­rant son dis­cours, elle se lance dans une longue dia­tribe contre la « dé­fer­lante » mi­gra­toire. « Il n’y a plus d’ar­gent pour les Fran­çais pauvres, mais il y en a pour l’im­mi­gra­tion », mar­tèle-t-elle, fus­ti­geant la « sou­mis­sion à Bruxelles » et cette Union eu­ro­péenne « aus­si grise que les cos­tumes de Jun­cker (NDLR : le pré­sident de la Com­mis­sion) ». « Ja­mais dans l’his­toire des hommes nous n’avons vu de peuple qui or­ga­nise ain­si sciem­ment la sub­mer­sion ir­ré­ver­sible de son ter­ri­toire. » Pas de doute : le ton — et la thé­ma­tique — de la prochaine cam­pagne des eu­ro­péennes est don­né !

LES RAL­LIE­MENTS SE FONT AT­TENDRE

Em­ma­nuel Ma­cron, avec qui elle en­tend bien re­faire le match, est dé­li­bé­ré­ment ci­blé : « Il ne marche plus, il rame », cogne-t-elle. Pour joindre le geste à la pa­role, elle a in­vi­té deux re­pré­sen­tants du FPÖ au­tri­chien et de la Ligue en Ita­lie, ses al­liés au Par­le­ment eu­ro­péen, aux cô­tés des­quels elle en­tend me­ner le com­bat. Mat­teo Sal­vi­ni, le très po­pu­laire mi­nistre ita­lien de l’In­té­rieur d’ex­trême droite, n’était pas là, mais sa photo orne l’af­fiche de cam­pagne du RN au cô­té de celle de Ma­rine Le Pen. « Le mo­ment est ve­nu. La terre est en vue », an­ti­cipe Le Pen, qui voit se pro­fi­ler de « beaux jours ».

Seule ombre au ta­bleau pour celle qui en­tend construire une liste d’ou­ver­ture avec des re­pré­sen­tants d’autres par­tis po­li­tiques et de la so­cié­té ci­vile : au­cun fu­tur ral­lié, dont elle avait pour­tant an­non­cé la pré­sence, n’était vi­sible hier à Fré­jus. La seule per­son­na­li­té in­at­ten­due était le co­mé­dien es­pa­gnol Ser­gi Lo­pez. Mais il était là pour ac­com­pa­gner une équipe de la télévision ca­ta­lane qui tourne un do­cu­men­taire sur Ma­rine Le Pen.

Fré­jus (Var), hier. Ma­rine Le Pen a don­né le ton pour sa cam­pagne eu­ro­péenne en cri­ti­quant vio­lem­ment la « dé­fer­lante » mi­gra­toire : « Ja­mais dans l’his­toire des hommes nous n’avons vu de peuple qui or­ga­nise ain­si sciem­ment la sub­mer­sion ir­ré­ver­sible de son ter­ri­toire. »

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