Alerte aux faux sites ad­mi­nis­tra­tifs

Un mil­lion de Fran­çais sont abu­sés chaque an­née par ces es­cro­que­ries, pour un pré­ju­dice de 150 M€. Le gou­ver­ne­ment lance une cam­pagne de sen­si­bi­li­sa­tion.

Le Parisien (Essonne) - - ÉCONOMIE - PAR AU­RÉ­LIE LEBELLE ET MAT­THIEU PELLOLI

DE­MAN­DER UN ACTE de nais­sance ou re­faire sa carte grise : dé­sor­mais, il est pos­sible d’ef­fec­tuer ces dé­marches ad­mi­nis­tra­tives sur les sites In­ter­net of­fi­ciels des or­ga­nismes concer­nés. Rien de plus simple. Sauf que les ar­naques aux faux sites ad­mi­nis­tra­tifs font un mil­lion de vic­times chaque an­née en France, se­lon la Di­rec­tion gé­né­rale de la concur­rence, de la consom­ma­tion et de la ré­pres­sion des fraudes (DGCCRF). Le pré­ju­dice est es­ti­mé à 150 M€ par an.

In­ad­mis­sible, pour la se­cré­taire d’Etat au­près du mi­nistre de l’Eco­no­mie et des Fi­nances, Del­phine Gé­ny-Ste­phann, qui lance au­jourd’hui une cam­pagne na­tio­nale pour aler­ter les Fran­çais. « Quand on su­bit ce type d’ar­naque en ligne, c’est coû­teux, et sur­tout ce­la brise la confiance dans les dé­marches ad­mi­nis­tra­tives, dans le nu­mé­rique », confie-t-elle. Un mo­ment d’in­at­ten­tion suf­fit pour se faire trom­per par ces sites aux al­lures of­fi­cielles. Lo­go du ser­vice pu­blic, dra­peau bleu­blanc-rouge, Ma­rianne : tout est là pour ins­pi­rer confiance à l’in­ter­naute. Afin d’évi­ter les pièges, mieux vaut donc ou­vrir l’oeil et prendre son temps (voir ci-des­sus). L’idéal : consul­ter le site of­fi­ciel de l’ad­mi­nis­tra­tion — www.ser­vice-pu­blic.fr — pour ob­te­nir di­rec­te­ment l’adresse de la vraie plate-forme qui pro­pose le do­cu­ment re­cher­ché. Ain­si que son prix ! Dans les faits, rares sont les pièces ad­mi­nis­tra­tives payantes.

UNE DE­MI-DOU­ZAINE DE SO­CIÉ­TÉS EPINGLÉES

Mais les es­crocs re­doublent d’in­gé­nio­si­té pour vous ex­tor­quer quelques eu­ros. La fraude du mo­ment ? Vous abon­ner, à votre in­su, à un ser­vice in­utile. Exemple avec ce faux site d’actes de nais­sance, où l’on pro­pose d’en­voyer votre do­cu­ment pour 1 €, alors que c’est gra­tuit. Non seule­ment vous payez, mais en plus vous vous re­trou­vez abon­né sans le sa­voir. Et pré­le­vé de plu­sieurs di­zaines d’eu­ros ré­gu­liè­re­ment !

Une dou­zaine de né­bu­leuses — cha­cune à l’ori­gine de nom­breux sites illé­gaux — ont été ci­blées par la DGCCRF. Plus d’une de­mi-dou­zaine de so­cié­tés ont dé­jà fait l’ob­jet de PV de dé­lits pour pra­tiques com­mer­ciales trom­peuses et un juge d’ins­truc­tion a été dé­si­gné pour se char­ger de trois dos­siers en rai­son de l’am­pleur des pra­tiques et de leur di­men­sion in­ter­na­tio­nale. « Si nous vou­lons que la trans­for­ma­tion nu­mé­rique soit bé­né­fique pour notre éco­no­mie, nous de­vons ren­for­cer la pro­tec­tion des consom­ma­teurs », alerte Del­phine Gé­ny-Ste­phann.

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