La guerre contre les pré­ten­dues mu­tuelles est dé­cla­rée

La fé­dé­ra­tion qui re­groupe les pe­tites et moyennes mu­tuelles as­signe un com­pa­ra­teur au­jourd’hui en ré­fé­ré.

Le Parisien (Essonne) - - ÉCONOMIE - DA­NIEL ROSENWEG

« IL FAUT METTRE FIN à la con­fu­sion des genres et à l’uti­li­sa­tion trom­peuse du terme mu­tuelle. [Il est] temps de faire le mé­nage », es­time Jean-Louis Span, le pré­sident de la Fé­dé­ra­tion di­ver­si­té et proxi­mi­té mu­tua­liste (FDPM) qui as­signe en ré­fé­ré au­jourd’hui à 14 heures, de­vant le tri­bu­nal de grande ins­tance de Mar­seille, la so­cié­té Com­pas­su et son com­pa­ra­teur : Mu­tuelle-conseil.com.

Nous avons tes­té ce site qui pro­met de com­pa­rer de nom­breuses mu­tuelles avec des de­vis en trois mi­nutes. Les solutions d’as­su­rance com­plé­men­taire san­té qu’il nous re­com­mande ne concernent que des so­cié­tés pri­vées : Co­coon (fi­liale de Co­ver­life), All­se­cur (fi­liale d’Al­lianz), UCR et Sa­mas­sur. Au­cune mu­tuelle — un or­ga­nisme à but non lu­cra­tif —, donc. « La trom­pe­rie ré­side dans le fait que l’in­ter­naute n’est que mar­gi­na­le­ment orien­té vers des or­ga­nismes vé­ri­ta­ble­ment mu­tua­listes », ré­sume Jean-Louis Span.

S’il en­gage la ba­taille main­te­nant, c’est parce que sep­tembre est la pé­riode de re­nou­vel­le­ment des contrats et des nou­velles adhé­sions aux com­plé­men­taires san­té. Et cette pra­tique trom­peuse crée, se­lon lui, un pré­ju­dice pour les mu­tuelles. Ce­la fait long­temps qu’il a dans le col­li­ma­teur les com­pa­ra­teurs en ligne et cer­tains as­su­reurs. Mais ce qui l’a pous­sé à dé­clen­cher la pro­cé­dure, c’est une cam­pagne de pu­bli­ci­té de Mu­tuel­le­con­seil.com à la té­lé. « Trop c’est trop : on s’est rap­pro­chés d’eux pour qu’ils cessent d’uti­li­ser le terme mu­tuelle, ils ont re­fu­sé, as­sure-t-il. Donc on a en­ga­gé un ré­fé­ré contre la so­cié­té édi­trice du site, Com­pas­su », dont le siège est à Mar­seille.

La FDPM ne cache pas son am­bi­tion : ob­te­nir une pre­mière dé­ci­sion « forte », dont l’in­ter­dic­tion d’uti­li­ser le fa­meux mot et une amende, pour en­suite pour­suivre les autres com­pa­ra­teurs trom­peurs. Jean-Louis Span en a dé­jà comp­té une tren­taine. « La dif­fé­rence entre as­su­reur pri­vé et mu­tuelle n’est pas ano­dine, les se­condes dé­pendent du Code de la mu­tua­li­té et non de ce­lui de l’as­su­rance, rap­pelle-t-il. Ce sont des so­cié­tés de per­sonnes, pas de ca­pi­taux, où le pou­voir est dé­te­nu par les adhé­rents, pas par les ac­tion­naires, avec une phi­lo­so­phie an­crée dans la so­li­da­ri­té. » Le pré­sident de la fé­dé­ra­tion de pe­tites et moyennes mu­tuelles re­grette que le géant du sec­teur, la Mu­tua­li­té fran­çaise, ait lais­sé faire : « Mais il est vrai que ses plus gros adhé­rents fi­gurent dans les com­pa­ra­teurs, iro­nise-t-il. Alors c’est à nous de faire le bou­lot à sa place. »

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