La voi­ture élec­trique ? Oui, mais…

D’après un son­dage, 35 % des Fran­çais ai­me­raient ache­ter un mo­dèle zé­ro émis­sion pol­luante mais ils les trouvent en­core trop chers et pointent la faible au­to­no­mie de la bat­te­rie.

Le Parisien (Essonne) - - SOCIÉTÉ - PAR FRÉ­DÉ­RIC MOU­CHON CÉ­CILE GOUBET, DE L’ASSOCIATION NA­TIO­NALE POUR LE DÉ­VE­LOP­PE­MENT DE LA MO­BI­LI­TÉ ÉLEC­TRIQUE

ELLE EST SI­LEN­CIEUSE, ne re­jette au­cune fu­mée noire, ne contri­bue pas au ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique. Sur le pa­pier, la voi­ture élec­trique a tout pour plaire. Et d’ailleurs, les Fran­çais en rêvent. Alors que dé­bute la Se­maine eu­ro­péenne de la mo­bi­li­té, un son­dage Ip­sos montre que 35 % des conduc­teurs de l’Hexa­gone en­vi­sagent de tro­quer leurs die­sels et es­sence contre un vé­hi­cule fonc­tion­nant avec des bat­te­ries. Une pe­tite ré­vo­lu­tion en France, où le ga­zole a long­temps été le car­bu­rant roi de la route.

D’après cette en­quête, réa­li­sée pour le groupe d’en­tre­tien au­to­mo­bile Mo­bi­via et l’Association na­tio­nale pour le dé­ve­lop­pe­ment de la mo­bi­li­té élec­trique (Avere), on ap­prend aus­si que les trois quarts des Fran­çais se­raient prêts à chan­ger leurs ha­bi­tudes en termes de mo­bi­li­té pour contri­buer à amé­lio­rer la qua­li­té de l’air. Au­tant dire qu’un vé­hi­cule ré­pu­té zé­ro émis­sion pol­luante ré­pond en tout point à ce cri­tère. Mais si l’élec­trique a le vent en poupe, les au­to­mo­bi­listes ont plu­sieurs rai­sons ob­jec­tives de ca­jo­ler en­core leur bon vieux mo­teur à ex­plo­sion.

« L’au­to­no­mie, le prix et le temps de re­charge des vé­hi­cules élec­triques sont clai­re­ment

“SI

VOUS COMPAREZ LE PRIX DU KILOWATTHEURE D’ÉLEC­TRI­CI­TÉ AU PRIX DE L’ES­SENCE,

” IL N’Y A PAS PHOTO

des freins à l’achat de ces mo­dèles qui sont sou­vent uti­li­sés pour se rendre au tra­vail mais sont ra­re­ment le pre­mier vé­hi­cule de la famille », sou­ligne le dé­lé­gué gé­né­ral de l’association 40 Mil­lions d’au­to­mo­bi­listes, Pierre Chas­se­ray.

Les ré­sul­tats du son­dage l’illus­trent par­fai­te­ment : 67 % des Fran­çais se lais­se­raient sé­duire par une voi­ture re­char­geable si elle coû­tait le même prix que leur mo­dèle ther­mique. 40 % s’y ré­sou­draient s’ils étaient cer­tains d’avoir une au­to­no­mie su­pé­rieure à 500 km et 57 % y pas­se­raient s’ils avaient la pos­si­bi­li­té de re­char­ger fa­ci­le­ment chez eux ou à proxi­mi­té.

LES 18-24 ANS PLUS EM­BAL­LÉS QUE LEURS AέNÉS

Mais l’Avere pré­fère voir le verre à moi­tié plein, es­ti­mant qu’une fois ces trois condi­tions réunies, les Fran­çais se­ront prêts à en­vi­sa­ger l’élec­trique comme le vé­hi­cule prin­ci­pal du foyer. « Le bo­nus éco­lo­gique de 6 000 € qui peut être cu­mu­lé à une prime à la conversion de 2 500 € couvre dé­jà une par­tie de la dif­fé­rence de prix avec les mo­dèles ther­miques, sou­ligne la se­cré­taire gé­né­rale de l’Avere, Cé­cile Goubet. Et si vous comparez le prix du kilowattheure d’élec­tri­ci­té au prix de l’es­sence, il n’y a pas photo. »

Quant aux bornes de re­charge, l’Avere rap­pelle qu’il en existe au­jourd’hui 23 000 en France. « A Pa­ris, vous pou­vez re­char­ger votre voi­ture à 80 % en seule­ment qua­rante mi­nutes et si vous pre­nez l’au­to­route, sur en­vi­ron 80 % du ter­ri­toire, on compte en moyenne une borne tous les 80 km », dé­taille Cé­cile Goubet, qui es­time que les es­prits sont mûrs pour y pas­ser. No­tam­ment les jeunes, sé­duits plus que leurs aî­nés par cette tech­no­lo­gie

non pol­luante : 46 % des 18-24 ans rê­ve­raient d’en avoir une dans leur ga­rage. « L’en­goue­ment pour le vé­hi­cule élec­trique est au­jourd’hui en phase de ma­tu­ra­tion », consi­dère l’Avere.

Si la voi­ture élec­trique coû­tait le même prix qu’un mo­dèle ther­mique, 67 % des Fran­çais se­raient prêts à sau­ter le pas.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.