A Gif-sur-Yvette, la mai­son de Fer­nand Lé­ger a ou­vert ses portes

Le Parisien (Essonne) - - VOTRE DÉPARTEMENT - L.D.

AU CENTRE DE LA VASTE PIÈCE, qui au­tre­fois te­nait lieu de bar, To­nia Ca­rif­fa échange quelques mots avec les vi­si­teurs. L’ar­tiste-peintre de 94 ans est la dernière élève en­core en vie de Fer­nand Lé­ger. Du­rant ces Journées du Patrimoine, plu­sieurs de ses toiles ont été ex­po­sées à l’in­té­rieur de la mai­son de Gif-sur-Yvette où le cé­lèbre cu­biste a vé­cu les trois der­nières an­nées de sa vie.

UNE AN­CIENNE B­TISSE DÉSAF­FEC­TÉE

La pro­prié­té du Gros Tilleul ap­par­tient au­jourd’hui au pho­to­graphe Ber­nard Mi­nier qui a joué les guides au­près de vi­si­teurs du­rant le week-end. « Cette mai­son a une his­toire très in­té­res­sante puis­qu’elle a d’abord été un re­lais pos­tal avant de de­ve­nir une guin­guette très pri­sée des Pa­ri­siens avant­guerre », re­late-t-il.

En 1952, Fer­nand Lé­ger re­marque la bâ­tisse désaf­fec­tée et s’y ins­talle avec son épouse Na­dia. Il y vi­vra jus­qu’à sa mort en 1955. « C’est un en­droit très se­cret. L’an­cienne salle de bal et son haut pla­fond qui ser­vait d’ate­lier au peintre nous ont par­ti­cu­liè­re­ment sur­pris », confie un couple ve­nu des Yve­lines dé­cou­vrir la pro­prié­té. « Il faut sa­voir que la mai­son est un en­droit très pri­sé des Viet­na­miens, pour­suit Ber­nard Mi­nier. En 1972 s’y sont te­nues des né­go­cia­tions entre les Etats-Unis, re­pré­sen­tés par Hen­ry Kis­sin­ger, et le NordViet­nam, pour mettre fin à la guerre qui op­po­sait les deux pays. De nom­breux tou­ristes, jour­na­listes et équipes de té­lé de ce pays conti­nuent de ve­nir au Gros Tilleul qu’ils consi­dèrent comme un point de dé­part de la paix si­gnée avec les Etats-Unis en jan­vier 1973. »

Gif-sur-Yvette, sa­me­di. Des oeuvres de To­nia Ca­rif­fa, ar­tiste-peintre de 94 ans qui fut une des élèves de Fer­nand Lé­ger, ont été ex­po­sées.

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