« 80 % de nos di­rec­teurs d’agences sont is­sus de nos mé­tiers »

An­toine Re­cher, di­rec­teur des res­sources hu­maines du groupe Onet

Le Parisien (Essonne) - - ÉCO À LA UNE - PROPOS RECUEILLIS PAR DEL­PHINE DENUIT

Com­ment ana­ly­sez-vous la bonne san­té du sec­teur de la pro­pre­té ?

Elle est liée à la struc­ture de notre mé­tier dit à trans­fert conven­tion­nel : lors­qu’un opé­ra­teur rem­porte un mar­ché, il re­prend du même coup les sa­la­riés qui tra­vaillaient jusque-là pour l’an­cien pres­ta­taire. Si on ob­tient par exemple un mar­ché pour un hô­pi­tal, les per­son­nels qui y tra­vaillaient jusque-là re­join­dront nos équipes. C’est ce que pré­voit notre convention pro­fes­sion­nelle, pour mieux pro­té­ger l’em­ploi dans ce sec­teur.

Qu’en est-il du groupe Onet ?

Nous sommes le nu­mé­ro un fran­çais avec 1,9 Md€ de chiffre d’af­faires l’an pas­sé. Pré­sents dans huit pays, nous comp­tons plus de 20 00 clients et 71 000 sa­la­riés, dont 60 000 tra­vaillent en France. Par­mi eux, 50 000 oeuvrent dans le do­maine de la pro­pre­té, dont 45 000 agents d’in­ter­ven­tion et 5 000 cadres.

Comp­tez-vous re­cru­ter ?

Nous pré­voyons de re­cru­ter 3 000 agents et plus de 200 cadres et agents de maî­trise (res­pon­sables d’ex­ploi­ta­tion, de centre de tri…) en CDI en 2019, contre 2 700 agents et 180 cadres cette an­née. Onet est un gros re­cru­teur, no­tam­ment de per­sonnes qui n’ont pas tou­jours un ac­cès fa­cile à l’em­ploi, comme les jeunes ou les femmes seules.

Quelles sont vos mé­thodes de sé­lec­tion ?

Nos re­cru­te­ments se font par l’in­ter­mé­diaire de nos 350 agences im­plan­tées sur tout le ter­ri­toire, se­lon une mé­thode bap­ti­sée Oa­sis que nous avons mise en place pour lut­ter contre tout type de dis­cri­mi­na­tion à l’em­bauche. Nos chefs d’équipe sont for­més en ce sens et on tra­vaille de pair avec des as­so­cia­tions d’aide à l’em­ploi. 80 % de nos di­rec­teurs d’agences sont is­sus de nos mé­tiers d’exé­cu­tion en in­terne.

A quel sa­laire em­bau­chez-vous ?

Notre sa­laire de base à l’em­bauche est lé­gè­re­ment su­pé­rieur au sa­laire mi­ni­mum et évo­lue se­lon les grilles de clas­si­fi­ca­tion de la Fé­dé­ra­tion des en­tre­prises de pro­pre­té et ser­vices as­so­ciés (FEP).

Quelle est la part du temps par­tiel ?

60 % de nos sa­la­riés sont à temps par­tiel. Tous ne le su­bissent pas. 60 % ont aus­si plu­sieurs em­ployeurs.

C’est un mé­tier en­core très dé­va­lo­ri­sé, non ?

En ef­fet, d’un point de vue so­cié­tal. Mais c’est en réa­li­té un mé­tier va­lo­ri­sant pour ce­lui qui l’exé­cute. N’ou­bliez pas que la pro­pre­té est avant tout une ques­tion de san­té pu­blique.

Les ho­raires dé­ca­lés sont un frein…

Nos en­tre­prises clientes res­sentent de moins en moins le be­soin de ca­cher leurs agents de pro­pre­té. De plus en plus de centres com­mer­ciaux, de ga­le­ries mar­chandes, etc. em­ploient des agents d’in­ter­ven­tion du­rant leurs ho­raires d’ou­ver­ture. On s’est aper­çu que l’im­pact sur les clients était très po­si­tif, leur res­sen­ti est bien meilleur. On en fait l’ex­pé­rience en ce mo­ment sur deux axes TGV (Est et Sud-Est), où des agents in­ter­viennent dans les rames en cir­cu­la­tion et non plus à l’ar­rêt. Le re­tour des clients est ex­trê­me­ment po­si­tif.

Com­ment évo­lue votre mé­tier ?

Le di­gi­tal l’a ré­vo­lu­tion­né. Au­jourd’hui, les en­tre­tiens d’em­bauche sont sai­sis sur smart­phone, des ap­pli­ca­tions in­forment nos sa­la­riés de leurs plan­nings et com­mu­niquent di­rec­te­ment avec le ges­tion­naire de paies. En­fin, en ma­tière de pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment, nous de­vrions uti­li­ser 95 % de pro­duits éco­la­bel­li­sés d’ici à 2020.

An­toine Re­cher, DRH chez Onet.

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