« Cha­cun pour­ra par­ta­ger sa voi­ture en toute sé­cu­ri­té »

Le pa­tron d’Ucar se lance dans la lo­ca­tion de vé­hi­cules entre par­ti­cu­liers. L’oc­ca­sion pour le loueur de se di­ver­si­fier et de ras­su­rer ceux qui hé­sitent à se conver­tir à l’au­to­par­tage.

Le Parisien (Essonne) - - ÉCO L'INVITÉ DE LA SEMAINE - PROPOS RECUEILLIS PAR DEL­PHINE DENUIT

Quel est le concept d’Ucar ?

Nous pro­po­sons des solutions de lo­ca­tion de vé­hi­cules courte, moyenne et longue du­rée à destination des par­ti­cu­liers comme des en­tre­prises. Créé en 1999, Ucar est com­mer­cia­li­sé en marque propre (Ucar Rent Smar­ter) et en marque blanche, di­rec­te­ment en conces­sions, pour le compte de cons­truc­teurs au­to­mo­biles. Au­jourd’hui, nous comp­tons 436 agences (en propre et sous fran­chise), une flotte de 10 000 vé­hi­cules, une cen­taine d’em­ployés et 500 fran­chi­sés. Mais le concept d’Ucar est de gé­né­ra­li­ser le par­tage au­to­mo­bile sous toutes ses formes. C’est un concept dans le­quel je crois per­son­nel­le­ment de­puis plus de trente ans et la créa­tion d’Ada. Je compte le dé­ployer entre par­ti­cu­liers. Les men­ta­li­tés sont prêtes.

De nom­breux ser­vices d’au­to­par­tage existent dé­jà…

L’ob­jec­tif d’Ucar est de mul­ti­plier les lieux où l’on peut mettre des voi­tures à dis­po­si­tion. Il ne s’agit plus seule­ment pour nous, pro­fes­sion­nels, de louer des voi­tures aux par­ti­cu­liers et en­tre­prises, mais que cha­cun puisse par­ta­ger sa voi­ture en toute sé­cu­ri­té par notre in­ter­mé­diaire. Sa­viez-vous que les Fran­çais l’uti­lisent en moyenne moins de 20 % du temps ? Le reste, elle de­meure au ga­rage. C’est un ac­tif mo­né­ti­sable, trop sou­vent im­mo­bi­li­sé et qui coûte à son pro­prié­taire au mi­ni­mum 200 € chaque mois. 42 % des Fran­çais se disent dé­jà prêts à par­ta­ger leur voi­ture mais beau­coup sont frei­nés par la crainte de la lais­ser entre de mau­vaises mains, qu’en cas de res­ti­tu­tion en re­tard ou d’ac­ci­dent, ils soient pé­na­li­sés. Le nou­veau ser­vice que nous al­lons dé­voi­ler au pro­chain Mon­dial de l’Auto (NDLR : du 4 au 14 oc­tobre à Pa­ris) ré­pond à toutes ces in­quié­tudes.

A qui s’adresse votre offre ?

Dans un pre­mier temps, elle est des­ti­née aux pro­prié­taires de vé­hi­cules ré­cents en très bon état (in­té­rieur et ex­té­rieur), ayant as­sez peu de ki­lo­mé­trage (- de 50 000 km) afin de les in­ci­ter à louer en toute confiance leur auto par l’in­ter­mé­diaire de notre ré­seau de 430 agences et fran­chi­sés. Nous es­pé­rons en­suite convaincre les cons­truc­teurs, comme nous l’avons fait pour la lo­ca­tion, de pro­po­ser ce ser­vice en marque blanche à leurs fu­turs ac­qué­reurs.

En quoi consiste-t-elle ?

Le pro­prié­taire sou­hai­tant par­ta­ger sa voi­ture de­vra s’en­ga­ger à main­te­nir au mieux l’état de son vé­hi­cule, ex­té­rieur et in­té­rieur, et à l’en­tre­te­nir cor­rec­te­ment. Nous y veille­rons, quitte à lui pro­po­ser de faire faire nous­mêmes les ré­pa­ra­tions. Les voi­tures par­ta­gées se­ront mises à la lo­ca­tion par nos soins une se­maine par mois. En contre­par­tie, nous pre­nons à notre charge la moi­tié du coût men­suel du vé­hi­cule (loyer en cas de LLD, LOA et de prêt…), quel que soit ce mon­tant. Ce se­ra moins si la voi­ture n’est mise à dis­po­si­tion que deux ou trois jours dans le mois, mais bien da­van­tage en cas de dé­pôt un mois ou plus, pen­dant des va­cances, un voyage…

Com­bien coû­te­ra la lo­ca­tion d’une voi­ture par­ta­gée ?

Les ta­rifs se­ront les mêmes que pour notre propre flotte, soit à par­tir de 35 €/jour. Le but est jus­te­ment qu’il n’y ait pas de dif­fé­rence entre les voi­tures de notre parc et celles des par­ti­cu­liers.

Quel est votre ob­jec­tif ?

Il s’agit d’in­ci­ter à l’au­to­par­tage tout en re­nou­ve­lant le parc de voi­tures. Chaque an­née, 700 mil­liards de ki­lo­mètres sont ef­fec­tués en moyenne en France par 40 mil­lions de voi­tures, dont 15 mil­lions ont plus de dix ans. Notre parc au­to­mo­bile ne cesse de vieillir. De­puis qua­rante ans, le nombre de ventes de voi­tures neuves fluc­tue à plus ou moins 2 mil­lions par an. Nos com­pa­triotes ne re­nou­vellent pas suf­fi­sam­ment leurs vé­hi­cules avec les consé­quences que l’on connaît en ma­tière de pol­lu­tion. Nous leur pro­po­sons de fran­chir le pas en fi­nan­çant 50 % de leurs loyers men­suels en échange de 7 jours d’au­to­par­tage dans notre ré­seau. Ce­la de­vrait même in­ci­ter à mieux s’équi­per. De notre cô­té, ce­la nous per­met d’étof­fer le nombre de nos vé­hi­cules à la lo­ca­tion. Au­jourd’hui, nous ne dis­po­sons pas d’une flotte suf­fi­sante pour ré­pondre à la de­mande.

N’est-ce pas un pa­ri ris­qué, à l’heure où l’ex­pé­rience Au­to­lib’ s’ar­rête à Pa­ris ?

Nous sommes en tests de­puis plu­sieurs mois et con­trai­re­ment à ce qui existe ou a exis­té, nous veillons à ne pas louer des épaves : pas ques­tion pour nous d’ac­cep­ter à la lo­ca­tion une voi­ture en fin de vie, ca­bos­sée ou mal en­tre­te­nue. Nous al­lons res­pon­sa­bi­li­ser nos par­te­naires pour main­te­nir ce parc en bon état et don­ner en­vie à d’autres de louer.

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