Com­ment uti­li­ser le tra­vail à temps par­ta­gé

Plu­sieurs em­ployeurs peuvent bé­né­fi­cier des com­pé­tences d’un pro­fes­sion­nel qu’ils n’au­raient pas les moyens de s’of­frir seuls. Le sa­la­rié va­rie les mis­sions et les uni­vers.

Le Parisien (Essonne) - - ÉCO BUSINESS PROSPECTIVE - PAR JU­LIEN BIS­SON

té­pha­nie, dé­co­ra­trice à son compte, n’a ni le temps ni les moyens de s’oc­cu­per en di­rect de sa com­mu­ni­ca­tion, et pas plus d’em­bau­cher une per­sonne pour s’en char­ger à sa place. Elle a re­cours à une jeune femme qui s’y consacre une jour­née par se­maine. Laurent, pa­tron d’une PME d’in­té­gra­tion de lo­gi­ciels, re­çoit l’ap­pui d’une as­sis­tante une se­maine par mois, pour gé­rer la comp­ta­bi­li­té, la paie de ses quatre sa­la­riés et les fac­tures des four­nis­seurs. Ces deux pa­trons ont re­cours au tra­vail à temps par­ta­gé, une forme d’em­ploi mé­con­nue.

« Je suis per­sua­dée que c’est vrai­ment le mode d’em­ploi de de­main », af­firme Ma­rie-Hé­lène Gue­reau, se­cré­taire gé­né­rale d’Iso­cel37, un grou­pe­ment d’em­ployeurs d’Indre-et-Loire qui ont re­cours à cette for­mule. « Ce­la per­met aux TPE et PME de bé­né­fi­cier de cer­taines com­pé­tences ou de cer­tains ou­tils, sou­ligne-t-elle. Par exemple, tout le monde se rend bien compte qu’il faut pas­ser au di­gi­tal, mais peu de so­cié­tés ont les moyens de dis­po­ser d’un sa­la­rié dé­dié ».

De fait, le suc­cès est au ren­dez-vous

S: « On éva­lue le nombre de pro­fes­sion­nels concer­nés à en­vi­ron 430 000 en France », af­firme Em­ma­nuel de Pré­mont, pré­sident du groupe Fi­naxim, un ré­seau d’ex­perts à temps par­ta­gé. RH, fi­nances, in­for­ma­tique, comp­ta­bi­li­té mais aus­si mar­ke­ting di­gi­tal, achats ou di­rec­tion com­mer­ciale fi­gurent par­mi les fonc­tions les plus re­pré­sen­tées.

I SE METTRE AU SER­VICE D’UN GROU­PE­MENT D’EM­PLOYEURS

« Notre grou­pe­ment em­ploie ac­tuel­le­ment 13 sa­la­riés », ex­plique Ma­rie-Hé­lène Gue­reau. « Nous les met­tons à la dis­po­si­tion des en­tre­prises membres. En ef­fet, 70 % d’entre elles comptent moins de 70 col­la­bo­ra­teurs. Elles em­ploient un de nos sa­la­riés un, deux ou trois jours, en fonc­tion de leurs be­soins ». Ceux-ci tra­vaillent donc pour plu­sieurs em­ployeurs, et peuvent, se­lon leur choix, ef­fec­tuer un plein-temps ou un temps par­tiel. Le sys­tème a, bien sûr, un prix : chez Iso­cel37, la ré­mu­né­ra­tion ho­raire est de 1,86 fois le smic. Une somme qui couvre les frais ad­mi­nis­tra­tifs et de ges­tion as­su­més par le grou­pe­ment d’em­ployeurs. En contre­par­tie, l’en­tre­prise n’a pas à as­su­mer le coût de la ges­tion de son sa­la­rié, par exemple l’éla­bo­ra­tion de la fiche de paie men­suelle.

I PRES­TA­TION DE SER­VICE OU MULTI-EM­PLOI ?

« Ju­ri­di­que­ment, le tra­vail à temps par­ta­gé peut prendre plu­sieurs formes », pré­cise Em­ma­nuel de Pré­mont. Outre le grou­pe­ment d’em­ployeurs, qui sup­pose une so­li­da­ri­té fi­nan­cière entre les en­tre­prises qui fi­nancent la ré­mu­né­ra­tion de leurs « sa­la­riés par­ta­gés », on re­cense deux autres modes d’exer­cice. Avec la pres­ta­tion de ser­vice, le sa­la­rié tra­vaille de ma­nière in­dé­pen­dante pour plu­sieurs en­tre­prises en ayant sa propre struc­ture ju­ri­dique. Dans le cas du multi-em­ploi, il cu­mule plu­sieurs em­plois à temps par­tiel.

I QUELLE DIF­FÉ­RENCE AVEC L’IN­TÉ­RIM ?

« Les struc­tures ju­ri­diques sont dif­fé­rentes », ré­pond Ma­rieHé­lène Gue­reau. « Les agences d’in­té­rim sont des en­tre­prises, avec des ac­tion­naires à ré­mu­né­rer… Ce qui n’est pas le cas du grou­pe­ment. » Quant au sa­la­rié par­ta­gé, il trouve aus­si des avan­tages dans ce dis­po­si­tif par rap­port à l’in­té­rim : il peut tra­vailler de ma­nière pro­lon­gée et pa­ral­lèle avec plu­sieurs en­tre­prises, il est en me­sure de suivre des pro­jets et se bâ­tit une vé­ri­table ex­per­tise. Par­fois, le temps par­ta­gé est le choix de pro­fes­sion­nels qui cherchent à com­battre toute forme de rou­tine.

Ren­sei­gne­ments sur www.le-por­tail-du-temps-par­tage.fr et sur le site de la Fé­dé­ra­tion na­tio­nale des grou­pe­ments d’em­ployeurs : www.fnge.fr.

Le sa­la­rié par­ta­gé tra­vaille de fa­çon pro­lon­gée avec plu­sieurs en­tre­prises, il peut suivre des pro­jets et se bâ­tir une vé­ri­table ex­per­tise.

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