Et si on sim­pli­fiait In­ter­net ?

L’usage des ou­tils nu­mé­riques ne va pas for­cé­ment de soi pour tout le monde. Les en­tre­prises peuvent ai­der leurs col­la­bo­ra­teurs à sur­mon­ter ce han­di­cap.

Le Parisien (Essonne) - - ÉCO BUSINESS PROSPECTIVE - PAR CLAIRE AUBÉ

Payer ses im­pôts, consul­ter ses comptes, trans­mettre ses notes de frais, s’ins­crire à une for­ma­tion : au­tant de dé­marches qui se sont dé­ma­té­ria­li­sées au fil des an­nées. In­ter­net est pas­sé par là pour le plus grand bon­heur des al­ler­giques à la pa­pe­rasse. Mais des sa­la­riés ne sont pas si à l’aise que ce­la avec le nu­mé­rique. C’est l’une des sur­pre­nantes conclu­sions de la pre­mière en­quête sur « l’illec­tro­nisme » en France me­née par le CSA pour le Syn­di­cat de la presse so­ciale*. Près d’un tiers des son­dés a dé­jà re­non­cé à faire quelque chose (achat, ins­crip­tion, abon­ne­ment…), parce qu’il fal­lait uti­li­ser In­ter­net. Quatre « aban­don­nistes » sur dix n’ont pas ef­fec­tué une dé­marche ad­mi­nis­tra­tive pour cette rai­son, quitte à perdre plus de temps en se dé­pla­çant.

Autre sur­prise de l’étude : cet « illec­tro­nisme » peut tou­cher tout le monde. « Les ca­té­go­ries so­cio­pro- fes­sion­nelles (CSP) éle­vées comme les moins éle­vées, les hommes comme les femmes, les ur­bains et les ru­raux, les jeunes et les moins jeunes », sou­ligne Phi­lippe Mar­chal, pré­sident du Syn­di­cat de la presse so­ciale. Par­mi les son­dés avouant leurs dif­fi­cul­tés se trouvent des ré­frac­taires, ceux pour qui toute cette au­to­ma­ti­sa­tion est de­ve­nue in­sup­por­table ; mais aus­si des dé­con­nec­tés ou des dé­ca­lés, qui craignent d’être peu à peu mis au ban d’une so­cié­té nu­mé­ri­sée.

CHARTE DES BONNES PRA­TIQUES

Les en­tre­prises, elles, ne se rendent pas for­cé­ment compte du pro­blème. « Les sa­la­riés uti­lisent quo­ti­dien­ne­ment In­ter­net, mais en sui­vant des rou­tines ba­li­sées, pour­suit Phi­lippe Mar­chal. En de­hors de ces rou­tines, tous ne sont pas for­cé­ment à l’aise. » Sans comp­ter qu’il est de­ve­nu quelque peu hon­teux de ne pas être un cham­pion du surf ou un as du cla­vier. Pour évi­ter que des sa­la­riés ne dé­crochent, une seule pa­rade : la for­ma­tion. « Il faut qu’elle soit la plus ou­verte pos­sible afin de ne pas don- ner à ces sa­la­riés une image dé­gra­dée d’eux-mêmes », pré­cise Phi­lippe Mar­chal. Le Syn­di­cat de la presse so­ciale en­vi­sage par ailleurs de for­ma­li­ser une « charte des bonnes pra­tiques », afin que les sites In­ter­net soient les plus simples et les plus ac­ces­sibles pos­sible.

* En­quête réa­li­sée par té­lé­phone en fé­vrier 2018 au­près de 1 011 Fran­çais re­pré­sen­ta­tifs de la po­pu­la­tion et d’un pa­nel spé­ci­fique de 203 per­sonnes âgées de 70 ans et plus.

L’illec­tro­nisme est un néo­lo­gisme for­mé à par­tir des termes illet­trisme et élec­tro­nique. Il dé­signe le manque de connais­sance et de maî­trise des ou­tils in­for­ma­tiques et d’In­ter­net.

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