Le fit­ness muscle ses équipes

Les clubs de gym fleu­rissent et les be­soins en coachs se font du­re­ment sen­tir. Les pros di­plô­més sont cour­ti­sés par les em­ployeurs.

Le Parisien (Essonne) - - ÉCO CARRIÈRES - PAR JU­LIEN BIS­SON

Quand les Fran­çais se mettent au sport… les em­ployeurs toussent ! Les clubs de fit­ness poussent comme des cham­pi­gnons dans les villes de l’Hexa­gone — on en compte ac­tuel­le­ment 4200, pour 5,17 mil­lions d’adhé­rents —, mais ils peinent pour la plu­part à re­cru­ter des coachs ou des ins­truc­teurs spor­tifs, en­core plus des maîtres na­geurs pour ceux qui sont équi­pés d’une pis­cine.

Le nombre de postes à pour­voir tourne au­tour de 2 000 ac­tuel­le­ment, se­lon un re­pré­sen­tant du syn­di­cat de la pro­fes­sion. Et la si­tua­tion touche tout le sec­teur. « A chaque fois qu’on ouvre une struc­ture, on a du mal à re­cru­ter, confirme Fran­çois-Ré­gis Des­champs, DRH de Ré­créa, qui gère des es­paces aqua­tiques et de re­mise en forme pour le compte de col­lec­ti­vi­tés. Par­fois, les pis­cines sont in­uti­li­sables faute de pro­fes­sion­nels ».

Thierry Mar­quer, fon­da­teur et PDG de l’Orange Bleue, pre­mier ré­seau fran­çais avec 408 clubs, qui pro­gresse sur un rythme d’en­vi­ron 80 nou­veaux clubs par an, ne dé­co­lère pas : « On est obli­gés de tra­vailler d’ar­rache-pied pour re­cru­ter, alors que nous garantissons l’em­ploi et qu’on a en­vi­ron 250 postes de coachs en CDI à pour­voir ». « Il y a une vraie dif­fi­cul­té en France pour faire cor­res­pondre la for­ma­tion et les be­soins », dé­plore Phi­lippe Mas­se­boeuf, pré­sident des clubs de forme Heal­thCi­ty.

La ré­gle­men­ta­tion très stricte est lar­ge­ment poin­tée du doigt par les re­pré­sen­tants de la pro­fes­sion (lire ci-contre). Pour ré­soudre le pro­blème, quelques en­seignes telles que Ré­créa, ont dé­ci­dé d’ou­vrir leur propre fi­lière de for­ma­tion en in­terne. « En­vi­ron 50 à 60 jeunes in­tègrent chaque an­née le cur­sus de for­ma­tion, avec un contrat de pro­fes­sion­na­li­sa­tion ou d’apprentissage, pré­cise Fran­çois-Ré­gis Des­champs. A l’is­sue des onze mois de for­ma­tion, dont 40 % en école et 60 % en en­tre­prise, en­vi­ron huit per­sonnes sur dix res­tent chez Ré­créa ».

Quelle que soit la fi­lière de for­ma­tion choi­sie, les dé­bou­chés sont donc nom­breux. Ceux qui dé­ci­de­ront de dé­cro­cher le fa­meux di­plôme d’Etat, le bre­vet pro­fes­sion­nel de la jeunesse, de l’éducation po­pu­laire et du sport (BPJEPS) sont sûrs de trou­ver un poste à la sor­tie. Les sa­laires va­rient de 1 600 € à 1 800 € brut en pro­vince, et de 1 800 € à 2000 € en Ile-de-France.

De plus en plus de jeunes coachs choi­sissent aus­si de se mettre à leur compte, pour tra­vailler en free-lance avec plu­sieurs en­seignes et don­ner des cours par­ti­cu­liers, très de­man­dés. « C’est un vrai phé­no­mène, né avec les ap­plis et les ré­seaux so­ciaux, re­con­naît Phi­lippe Mas­se­boeuf. Et ce sont sou­vent les meilleurs qui se mettent à leur compte, ce qui in­duit un vrai manque dans l’en­ca­dre­ment des clubs ».

Au fi­nal, les op­por­tu­ni­tés sont nom­breuses et va­riées pour ceux qui aiment le sport.

“NOUS GARANTISSONS L’EM­PLOI, ON A EN­VI­RON 250 POSTES DE COACHS

” EN CDI À POUR­VOIR THIERRY MAR­QUER, FON­DA­TEUR ET PDG DE L’ORANGE BLEUE

Les pas­sion­nés de sport qui dé­crochent le bre­vet pro­fes­sion­nel sont sûrs de tra­vailler, que ce soit dans les salles ou en free-lance.

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