Cla­ra Lu­cia­ni, c’est de la bombe

Le Parisien (Essonne) - - LOISIRS EVÉNEMENT - E.M.

C’était le 24 juin au fes­ti­val So­li­days. Cla­ra Lu­cia­ni a sou­dain réa­li­sé qu’elle avait un pu­blic. Un vrai. « Pen­dant les ba­lances, le mo­ment où mes mu­si­ciens ré­glaient le son, et jouaient les chan­sons sans moi, le pu­blic qui at­ten­dait dé­jà s’est mis à chan­ter sur la mu­sique. Ça m’a su­per émue. »

Elle n’ar­rête pas d’en vivre, des émo­tions, cette jeune chan­teuse de 26 ans, de­puis la sor­tie de son for­mi­dable pre­mier al­bum « Sain­teVic­toire », in­car­né par « la Gre­nade », single grande gueule d’un disque « fé­mi­nin » mais pas « fé­mi­niste » mal­gré son re­frain slo­gan « sous mon sein, la gre­nade ».

« Quand j’ai com­men­cé à don­ner des concerts, j’ai été sur­prise que pour cer­tains ça ne soit pas évident de voir une femme avec une gui­tare. Ou que l’on de­mande da­van­tage à une chan­teuse si c’est bien elle qui écrit ses chan­sons. Un jour un ami m’a même dit : Bon, je vais écou­ter tes mor­ceaux mais nor­ma­le­ment je n’aime pas trop la mu­sique de femme. » De quoi avoir en­vie de faire sa pe­tite ré­vo­lu­tion. « Sous mon sein, la gre­nade, c’était une ré­fé­rence à sous les pa­vés, la plage de Mai 68. Et il y a quelques mois j’ai même vu mes mots écrits sur un mur dans Pa­ris, je n’en re­ve­nais pas. »

Cla­ra Lu­cia­ni se­ra donc à sa place, ven­dre­di, lors de la pre­mière soi­rée de notre fes­ti­val Pa­ris Pa­ra­dis, bap­ti­sée « Girl Po­wer », tant les chan­teuses pré­sentes, An­gèle, Jeanne Ad­ded et elle, n’ont pas froid aux yeux. « Mais je ne suis pas que ça non plus, tem­père la de­moi­selle. Ce n’est pas seule­ment un disque de conqué­rante. J’ai com­men­cé à écrire des chan­sons en fran­çais après une rup­ture très dif­fi­cile. J’en ai fait 5, 10 en quelques jours, en­fer­mée chez mes pa­rents. C’était comme une cure, un moyen de dé­fense. La mu­sique m’a sau­vée. »

Il y en a tou­jours eu beau­coup chez elle, entre un pa­pa em­ployé de banque mais mé­lo­mane pas­sion­né et une ma­man aide-soi­gnante qui em­me­nait sa fille tous les mer­cre­dis à la bi­blio­thèque. « Ils m’ont don­né un ap­pé­tit pour la culture », se sou­vient l’ar­tiste qui a gran­di du cô­té de Martigues (Bouches-du-Rhône) et a don­né à son al­bum le nom de la mon­tagne Sainte-Vic­toire, près d’Aix-en-Provence.

DES MÉ­LO­DIES À PAR­TA­GER

Les mots en fran­çais d’un cô­té, les mé­lo­dies à l’an­glaise de l’autre. C’est la grande force de Cla­ra Lu­cia­ni, dé­cou­verte d’abord au sein du groupe la Femme, qu’elle a bien fait de vite quit­ter. « Je sa­vais qu’au bout d’un mo­ment ça n’al­lait plus me conve­nir, d’être seule­ment in­ter­prète. Je vou­lais dé­fendre mes propres chan­sons. Et au­jourd’hui beau­coup de gens les par­tagent. Je re­çois même des vi­déos de ga­mins qui dansent sur la Gre­nade. C’est fou. »

Ven­dre­di soir (à par­tir de 20 h 30) sur la scène de Pa­ris Pa­ra­dis, puis en tour­née dans toute la France, no­tam­ment le 12 avril 2019 à l’Olym­pia, à Pa­ris.

Elle dé­fend un disque « fé­mi­nin » mais pas « fé­mi­niste ». N’em­pêche, Cla­ra Lu­cia­ni se­ra sur la scène de notre soi­rée spé­ciale « Girl Po­wer ».

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