IN­TER­DIC­TION DU POR­TABLE

CHA­CUN FAIT CE QU’IL LUI PLAÎT Une loi vo­tée cet été in­ter­dit l’uti­li­sa­tion des té­lé­phones dans les écoles et les col­lèges. Mais les smart­phones sont tou­jours bien pré­sents, car la si­tua­tion va­rie se­lon les éta­blis­se­ments.

Le Parisien (Essonne) - - FAIT DU JOUR - DOS­SIER : RO­MAIN BAHEUX

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A EU UN VENT DE PA­NIQUE CHEZ LES PA­RENTS, QUI NOUS ONT DE­MAN­DÉ : « MAIS QUE VA FAIRE MON EN­FANT SANS SON TÉ­LÉ­PHONE ? » CHRISTELLE CONTEJEAN, CPE

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l’ar­ticle L511-5 du Code de l’éducation ? Non ? On ne vous en veut pas, son conte­nu est plus cé­lèbre que son titre of­fi­ciel. De­puis le 3 août, il abrite l’une des pro­messes de cam­pagne du can­di­dat Em­ma­nuel Ma­cron : l’in­ter­dic­tion du té­lé­phone por­table dans les col­lèges et les écoles, un texte qui touche quelque 10 mil­lions d’élèves du pri­maire et du se­con­daire.

Mais der­rière l’in­ti­tu­lé, qu’est-ce que ça change pour des éta­blis­se­ments où la loi em­pê­chait dé­jà de­puis 2010 les élèves de té­lé­pho­ner pen­dant les cours ? « Le cadre ju­ri­dique est ren­for­cé », met en avant le mi­nis­tère dans ses consignes en­voyées au corps en­sei­gnant. Dans les faits, la réa­li­té est plus com­plexe.

Pour ré­su­mer, chaque école ou col­lège de­vra main­te­nant sti­pu­ler dans son rè­gle­ment in­té­rieur les en­droits où il sou­haite per­mettre à ses élèves de dé­gai­ner leurs té­lé­phones. Et si la moi­tié des col­lèges l’in­ter­di­saient dé­jà avant, cer­tains éta­blis­se­ments se re­fusent à en­té­ri­ner l’adieu aux por­tables, to­lé­rés pen­dant les ré­créa­tions. Cha­cun fait un peu ce qu’il lui plaît, et la si­tua­tion va­rie for­te­ment d’un éta­blis­se­ment à l’autre, comme le montre notre en­quête faite à Pa­ris et à Ven­dôme (Loir-et-Cher). La ré­forme bute aus­si sur une réa­li­té pra­tique. La vente des ca­siers où les élèves étaient sus­cep­tibles de dé­po­ser leur smart­phone ne dé­colle pas.

SIMPLE EF­FET D’AF­FI­CHAGE ?

« On a eu un vent de pa­nique chez les pa­rents, qui nous ont de­man­dé : Mais que va faire mon en­fant sans son té­lé­phone ?

ra­conte Christelle Contejean, CPE au col­lège Al­bertJac­quard de Lure (Haute-Saône) et syn­di­quée au SE-Un­sa. Ils veulent pou­voir être pré­ve­nus en cas de pro­blème ou d’ab­sence d’un prof dans la jour­née. »

Alors, simple ef­fet d’af­fi­chage, comme l’ont cri­ti­qué plu­sieurs syn­di­cats et une par­tie de l’op­po­si­tion gou­ver­ne­men­tale ? Le mi­nistre de l’Edu­ca­tion, Jean-Mi­chel Blan­quer, met en avant la né­ces­si­té de trai­ter la dé­pen­dance aux écrans chez les plus jeunes. Dans cer­tains éta­blis­se­ments, la mé­dia­ti­sa­tion du texte lui a per­mis d’at­teindre son ob­jec­tif. « Cette an­née, on n’a vu pour l’ins­tant au­cun por­table entre les mains des élèves de 6e, re­lève-t-on dans un col­lège du Ju­ra. Ça change. »

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