« C’est sans fin »

Un po­li­cier spé­cia­li­sé évoque cette dé­lin­quance ap­pa­rue « il y a trois ans en­vi­ron ».

Le Parisien (Essonne) - - FAITS DI­VERS - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR I.G.

« AVEC LEURS COUPES per­oxy­dées ins­pi­rées de l’uni­vers du foot, on les re­père de loin. Ces mi­neurs dé­lin­quants d’ori­gine ma­ro­caine, nous les avons vus ap­pa­raître il y a trois ans en­vi­ron. Ce qui me frappe, c’est leur état sa­ni­taire. Ils ont entre 12 et 16 ans. Plus ils sont jeunes, plus ils sont ca­més à la colle. Ils se ras­semblent au ni­veau du mé­tro La Cha­pelle, dans le XVIIIe ar­ron­dis­se­ment, et dans les squares alen­tour. Ils opèrent près des tri­podes (NDLR : les por­tillons d’ac­cès au mé­tro) et des pas­sages pié­tons.

» Comme ils se dé­placent en mé­tro, le ré­seau est de­ve­nu leur ter­rain de chasse pri­vi­lé­gié. Les vols sur­viennent un peu par­tout, dans les en­trées, les cou­loirs ou les rames. Beau­coup bossent au fil : ils ar­rachent le smart­phone par le cor­don des écou­teurs. Dans les rames, ils re­pèrent un pas­sa­ger concen­tré sur son té­lé­phone et ar­rachent le smart­phone en sau­tant sur le quai au mo­ment de la fer­me­ture des portes. La vic­time reste stu­pé­faite à l’in­té­rieur.

» Les ar­ra­chages de col­liers en or rap­portent beau­coup d’un coup. Ces ados ne cherchent pas d’em­blée à frap­per leurs vic­times mais le geste est for­cé­ment bru­tal et trau­ma­ti­sant. L’autre jour, ils s’en sont pris à une grand-mère de plus de 90 ans !

AU MÊME EN­DROIT LE LEN­DE­MAIN

» Lors­qu’on les in­ter­pelle, ils n’ont au­cuns pa­piers sur eux. Beau­coup ne parlent pas fran­çais ou font sem­blant de ne pas le par­ler. Ils four­nissent au mieux l’adresse d’un foyer dans le­quel ils passent sans res­ter. Beau­coup dorment dans la rue. Nous avons un dé­lai de pré­sen­ta­tion li­mi­té à une heure pour les re­mettre à un of­fi­cier de po­lice ju­di­ciaire, sans quoi la pro­cé­dure est ca­duque. Avec les voi­tures hors d’âge dont nous dis­po­sons, et des deux-tons (NDLR : les si­rènes) qui fonc­tionnent une fois sur deux, on y va par­fois au klaxon dans le flot de cir­cu­la­tion… Ou en mé­tro quand le type est calme. Mais le len­de­main, nous les re­trou­vons aux mêmes en­droits. Ils ont été re­lâ­chés. Et nous nous re­met­tons en planque pour ten­ter de les ar­rê­ter en fla­grant dé­lit. C’est sans fin… »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.