Les in­quié­tants cam­brio­lages de Jean-Marc Rei­ser

De­puis plu­sieurs an­nées, Jean-Marc Rei­ser vo­lait de puis­sants anes­thé­siants chez des vé­té­ri­naires. A quelle fin ?

Le Parisien (Essonne) - - FAITS DI­VERS - DE NOTRE EN­VOYÉ SPÉ­CIAL JEAN-MARC DUCOS À STRASBOURG ET BISCHHEIM (BAS-RHIN)

PRÉDATEUR SEXUEL, homme so­li­taire et ta­ci­turne, col­lant par­fois jus­qu’à l’ex­cès ses col­lègues fé­mi­nines, Jean-Marc Rei­ser, 58 ans, fait l’ob­jet d’un « crible » de la part de la po­lice ju­di­ciaire (PJ) pour re­mon­ter son par­cours cri­mi­nel.

Cet homme, dé­jà condam­né pour viol dans le pas­sé, est mis en exa­men pour l’en­lè­ve­ment, la sé­ques­tra­tion et l’as­sas­si­nat de So­phie Le Tan, une étudiante de 20 ans, dis­pa­rue de­puis le 7 sep­tembre. Les po­li­ciers se penchent sur son in­té­rêt pour les ca­bi­nets vé­té­ri­naires. Il en a cam­brio­lé au moins deux dans l’ag­glo­mé­ra­tion de la ca­pi­tale al­sa­cienne en 2012 et 2016, se­lon nos in­for­ma­tions.

« On y trouve des pro­duits anal­gé­siques puis­sants et des re­laxants mus­cu­laires très ef­fi­caces qui per­mettent de mettre la vic­time dans un état lé­thar­gique et de sou­mis­sion to­tale », confirme une source ju­di­ciaire.

Jean-Marc Rei­ser a dé­jà été condam­né en 2012 pour avoir ten­té de cam­brio­ler un cabinet vé­té­ri­naire à Cro­nen­bourg, un quar­tier de la ca­pi­tale al­sa­cienne. Il avait éco­pé de quatre ans de pri­son, dont deux ferme.

UN AUTRE ADN FÉ­MI­NIN TROU­VÉ DANS LE STU­DIO

Mais la po­lice ju­di­ciaire a aus­si re­trou­vé sa trace dans l’ef­frac­tion d’une cli­nique vé­té­ri­naire, en juillet 2016, dans la com­mune de Hoen­heim, là aus­si dans les en­vi­rons im­mé­diats de Strasbourg. Il avait for­cé une porte à l’ar­rière de cette cli­nique. L’alarme si­len­cieuse avait don­né l’alerte et deux agents de sé­cu­ri­té étaient in­ter­ve­nus pour ar­rê­ter l’homme, condam­né en com­pa­ru­tion im­mé­diate à huit mois de pri­son ferme dont quatre avec sur­sis. Sans être in­car­cé­ré.

Son avo­cat avait alors plai­dé la « ré­in­ser­tion » de son client, qui sor­tait d’une longue peine de quinze ans pour viol. Il avait été condam­né à cette peine en 2001 pour le viol d’une étudiante al­le­mande, Lin­da K., dans les Landes, et des viols en sé­rie sur sa com­pagne. Tous les cam­brio­lages de ca­bi­nets vé­té- ri­naires dans la ré­gion vont être re­vus sous le prisme de l’as­sas­sin pré­su­mé de So­phie.

Concer­nant l’en­quête sur la dis­pa­ri­tion de la jeune étudiante, la po­lice ju­di­ciaire a bien dé­cou­vert hier un se­cond « ADN fé­mi­nin » dans la salle de bains du stu­dio de Jean-Marc Rei­ser à Schil­ti­gheim. Un ADN « in­con­nu dif­fé­rent de ce­lui de So­phie ». Mais hier, la PJ re­fu­sait d’en ti­rer des conclu­sions hâ­tives. Car il n’y a pas dans la ré­gion d’autres si­gna­le­ments de femmes dis­pa­rues ré­cem­ment. L’Of­fice cen­tral pour la ré­pres­sion des vio­lences aux per­sonnes se­ra d’ailleurs sai­si pro­chai­ne­ment pour opé­rer tous les rap­pro­che­ments utiles.

“ON TROUVE [DANS LES CA­BI­NETS VÉ­TÉ­RI­NAIRES] DES PRO­DUITS PUIS­SANTS QUI PER­METTENT DE METTRE LA VIC­TIME DANS UN ÉTAT

” LÉ­THAR­GIQUE

UNE BAT­TUE OR­GA­NI­SÉE PRÈS D’UN LAC

Hier ma­tin, une ving­taine de per­sonnes, des mères de fa­mille, des étu­diantes et des jeunes femmes, ont choi­si de fouiller les en­vi­rons du lac de la Bal­las­tière, à Bischheim, une an­cienne gra­vière trans­for­mée en base de loi­sirs toute proche du do­mi­cile de JeanMarc Rei­ser.

« On ne peut pas res­ter sans rien faire », pré­ve­nait Kha­di­ja Ar­rat­bi, à l’ini­tia­tive de cette bat­tue. Un « tee-shirt noir de taille XS de marque H&M » a été re­trou­vé ac­cro­ché à une banche, in­dique l’une des par­ti­ci­pantes, Del­phine, 40 ans, mère au foyer. « Ce vê­te­ment est de cou­leur sombre comme les vê­te­ments que por­tait So­phie », pour­suit-elle.

En mi­lieu de jour­née la po­lice ju­di­ciaire de Strasbourg et des tech­ni­ciens de la po­lice scien­ti­fique sont ve­nus ré­cu­pé­rer le tee-shirt. Un oncle et une tante de So­phie Le Tan, ori­gi­naire de Cer­nay (Haut-Rhin), étaient sur les lieux. Ils ont aus­si ap­pe­lé les pa­rents de So­phie pour sa­voir si ce vê­te­ment pou­vait faire par­tie de sa gar­de­robe. Sans cer­ti­tude.

Schil­ti­gheim (Bas-Rhin), mer­cre­di. Des mes­sages ont été dé­po­sés de­vant l’im­meuble de Jean-Marc Rei­ser, où So­phie Le Tan a dis­pa­ru le 7 sep­tembre.

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