La Lor­raine dans tous ses états

Après sept jour­nées, le contraste est sai­sis­sant entre les deux clubs lor­rains. Le FC Metz est lea­der avec sept vic­toires. L’AS Nan­cy-Lor­raine ferme la marche avec zé­ro point. Am­biance…

Le Parisien (Essonne) - - FOOT­BALL - DE NOTRE EN­VOYÉ SPÉ­CIAL LIO­NEL CHAMI EN LOR­RAINE

IL NE PEUT Y AVOIR plus grand écart (21 points) entre les deux re­pré­sen­tants du foot­ball lor­rain. Nous sommes al­lés leur rendre vi­site.

METZ, LA BONNE DY­NA­MIQUE

Nou­veau pro­jet, nou­veau staff, nou­veaux joueurs… Phi­lippe Gaillot, 53 ans, an­cien pro au­jourd’hui di­rec­teur gé­né­ral ad­joint en charge de la po­li­tique spor­tive, se ré­jouit de l’élan re­trou­vé. « Entre nos centres de for­ma­tion de Metz et Da­kar, notre col­la­bo­ra­tion avec le club de Se­raing, on est voués à prendre des joueurs et à les dé­ve­lop­per, ex­plique-t-il. Fré­dé­ric An­to­net­ti, c’est son truc, il aime ça, il l’a fait à Rennes, à SaintE­tienne et Lille, avec une quan­ti­té de joueurs in­croyables. L’éco­no­mie d’un club comme le nôtre passe par là (NDLR : 30 M€ de bud­get). »

Ac­tifs lors du mer­ca­to (Ang­ban, Bou­laya, Ha­bib Dial­lo, Sun­zu, etc.), les Mes­sins ont as­sem­blé ra­pi­de­ment les pièces du puzzle et sont re­par­tis sur des bases ra­di­ca­le­ment op­po­sées à celles de la sai­son der­nière en L 1. Sept vic­toires de rang contre un seul suc­cès en 12 matchs au dé­but de l’exer­cice pré­cé­dent. « Notre grande réus­site, c’est d’avoir réus­si à pas­ser de la si­nis­trose à une dy­na­mique conqué­rante entre avril et au­jourd’hui », re­prend Gaillot, qui ne fait pas mys­tère de l’ob­jec­tif : une re­mon­tée ex­press dans l’élite. « His­to­rique- ment, c’est notre place. Nous sommes le 6e club en nombre de matchs en L 1, de­vant le PSG. Mais il faut qu’on ar­rive à construire quelque chose qui ait de nou­veau un ave­nir. »

En at­ten­dant, Metz vit au pré­sent. « Un peu comme dans une course cy­cliste, il nous faut main­te­nir le rythme le plus éle­vé pos­sible pour dé­cro­cher un maxi­mum de monde, dit Gaillot, pour qui Lens et Lo­rient sont les deux clients. Pour l’ins­tant, on n’y ar­rive pas même en fai­sant car­ton plein… »

NAN­CY, LA MAU­VAISE PASSE

Une douce quié­tude règne sur le centre d’en­traî­ne­ment Mi­chel-Pla­ti­ni, blot­ti dans le parc de loi­sirs de la vaste fo­rêt de Haye. Rien n’évoque le dé­but de sai­son ca­la­mi­teux de l’ASNL. « Des mo­ments dif­fi­ciles, j’en ai connu de­puis vingt-cinq ans que je suis pré­sident, mais zé­ro point et zé­ro but après sept jour­nées, non ja­mais… », sou­pire Jacques Rous­se­lot.

Qu’ar­rive-t-il à Nan­cy ? « De­puis que je suis ici, on ne fait que des­cendre, constate Jé­ré­my Clé­ment, l’an­cien mi­lieu de ter­rain du PSG. De L 1 à L 2, puis une mau­vaise sai­son der­nière et, là, on s’en­fonce tou­jours. Il y a des manques un peu par­tout mais je ne sais pas les­quels sont à l’ori­gine de la si­tua­tion. On joue un peu de mal­chance aus­si… »

Le pré­sident, dont la vente du club à des in­ves­tis­seurs étran­gers tarde à abou­tir, évoque une mau­vaise passe gé­né­ra­li­sée : « Rien ne sou­rit. Bles­sures, sus- pen­sions, non-en­ga­ge­ment de joueur à la der­nière mi­nute, bo­nus non per­çu pour Len­glet, dé­part avor­té de Bas­si pour Chi­ca­go… Il faut at­tendre que la tem­pête fai­blisse. De­puis deux ans, je n’ai pas la ba­ra­ka. Peu­têtre faut-il que je pense à pas­ser la main… Quoi qu’il en soit, j’ai tou­jours la même dé­ter­mi­na­tion à faire avan­cer la ma­chine ASNL. »

Rous­se­lot es­père une em­bel­lie à Ajac­cio dès ce soir. « Je pen­sais qu’on n’avait pas re­pro­duit les er­reurs de re­cru­te­ment des deux sai­sons pré­cé­dentes avec des pro­fils de joueur très ci­blés, re­con­nus dans leur club, comme Se­ka à Strasbourg, Da Cruz à Reims ou Sa­né à Caen. Et qu’on pou­vait comp­ter sur des jeunes plus aguer­ris pour leur 2e sai­son de L 2. Di­dier (Tho­lot) a ma confiance mais, sans ré­sul­tats, je ne vais pas at­tendre la Saint-Glin­glin. Il le sait, c’est la loi du genre. Lui et moi, nous nous sommes fixé une échéance… »

Stade Saint-Sym­pho­rien (Metz), le 1er sep­tembre. La joie des Gre­nat de Re­naud Co­hade et Ibra­hi­ma Niane, qui sur­volent la Ligue 2. (ici Er­nest Se­ka).

Stade Mar­cel-Pi­cot (Nan­cy), le 14 sep­tembre. Pen­dant ce temps, le ri­val his­to­rique nan­céien s’en­fonce

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