Pour­quoi Océane est de­ve­nue Océan

Le Parisien (Essonne) - - LOI­SIRS - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR CA­THE­RINE BALLE

On l’a connu sous le nom d’Oshen, puis d’Océane-ro­se­ma­rie, hu­mo­riste, ac­trice et réa­li­sa­trice. L’ar­tiste s’est fait connaître avec son one-wo­man-show « la Les­bienne in­vi­sible », puis sa co­mé­die ro­man­tique ho­mo « Em­brasse-moi ». A 41 ans, Océa­ne­ro­se­ma­rie a dé­ci­dé de chan­ger de genre. Ex­pli­ca­tions de ce­lui qui se fait dé­sor­mais ap­pe­ler Océan.

Comment vous sen­tez-vous au­jourd’hui ?

OCÉAN. Su­per bien ! J’ai la sen­sa­tion d’être en ac­cord avec moi-même. La tes­to­sté­rone, ça file la pêche, donc j’ai sur­tout des ef­fets po­si­tifs : j’ai moins be­soin de dor­mir, j’ai beau­coup d’éner­gie. En vrai, ce qui est fa­ti­gant, ce sont les ques­tions des gens du ma­tin au soir ! (Rires.)

Quand et pour­quoi avez-vous dé­ci­dé de faire votre tran­si­tion ?

J’ai com­pris il y a quelques an­nées que je ne m’iden­ti­fiais pas à la ca­té­go­rie de genre « femmes » et que le masculin était étouf­fé en moi. L’évo­lu­tion s’est faite en dou­ceur.

Vous vous dé­fi­nis­sez comme « trans homme » ?

Je me dé­fi­nis comme « homme trans/trans/trans­genre ». « Trans­sexuel » est un mot qui a une conno­ta­tion très né­ga­tive parce qu’il a long­temps été uti­li­sé pour psy­chia­tri­ser et ex­clure les per­sonnes trans.

Etes-vous dé­sor­mais un homme se­lon vos pa­piers d’iden­ti­té ?

Pas en­core, je suis en train de faire les dé­marches. C’est en­core très long et com­pli­qué en France de faire va­li­der ce chan­ge­ment, qui dé­pend du bon vou­loir d’un seul tri­bu­nal.

Pour­quoi avez-vous dé­ci­dé de mé­dia­ti­ser cette tran­si­tion ?

En tant que per­son­na­li­té pu­blique, je n’avais pas tel­le­ment le choix… Mon en­vie est aus­si de don­ner de la vi­si­bi­li­té à ma com­mu­nau­té et de lui of­frir une re­pré­sen­ta­tion po­si­tive, joyeuse, lé­gère. Je sais à quel point c’est im­por­tant, sur­tout pour les jeunes et ceux qui vivent leur tran­si­den­ti­té de ma­nière plus dif­fi­cile.

Quels genres de mes­sages re­ce­vez-vous de­puis que vous avez an­non­cé que vous ef­fec­tuiez votre tran­si­tion ?

Je re­çois des mil­liers de mes­sages d’amour et d’en­cou­ra­ge­ment. J’ai une chance folle car je sais que pour la plu­part des trans, c’est sou­vent beau­coup plus dur. Je re­çois d’ailleurs aus­si quelques mes­sages vio­lents, agres­sifs, mais à mon sens ils ré­vèlent sou­vent le mal-être des per­sonnes qui les en­voient donc j’es­saie de gar­der de la dis­tance…

Cette tran­si­tion va-t-elle chan­ger votre car­rière ?

Je ne sais pas en­core. J’es­père juste que quand je pas­se­rai des cas­tings pour des rôles d’homme, je se­rai consi­dé­ré et ju­gé comme n’im­porte quel ac­teur… On ver­ra !

L’ar­tiste de 41 ans, qui s’est fait connaître avec son one-wo­man­show « la Les­bienne in­vi­sible », se dé­fi­nit dé­sor­mais comme un « homme trans ».

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