Qui est res­pon­sable de ce char­nier de ca­nards ? SOI­SY-SUR-ÉCOLE

Une qua­ran­taine de ca­davres ont été dé­cou­verts au bord du GR11. La mai­rie les a en­fouis hier par me­sure de pré­cau­tion.

Le Parisien (Essonne) - - ES­SONNE - PAR FLO­RIAN LOI­SY @flo­rian­loi­sy

Une odeur de pu­tré­fac­tion in­fâme qui em­baume près d’un de­mi-hec­tare de fo­rêt. Et pour­tant… Près de dix jours après sa dé­cou­verte, le char­nier de ca­nards aban­don­né en bor­dure du GR11 à Soi­sy-sur-Ecole vient juste d’être en­foui. « Mais ça sent en­core », sou­pi­rait hier un couple de pro­me­neurs, sur ce che­min si­tué près d’un centre équestre et du res­tau­rant im­plan­té au lieu-dit Au Saut du Pos­tillon.

Voi­ci une di­zaine de jours, une qua­ran­taine de ca­davres de vo­la­tiles, ni brû­lés, ni bles­sés, ni man­gés, ont été trou­vés, en­tas­sés les uns sur les autres. Aus­si­tôt, la mai­rie est in­for­mée. « Mais nous n’avons pas la struc­ture pour ef­fec­tuer des prélèvements ou des ana­lyses afin de sa­voir si ces ani­maux étaient ma­lades », in­dique Phi­lippe Ber­thon, le maire (SE) de cette com­mune de 1 100 âmes qui a sai­si l’ARS (Agence ré­gio­nale de san­té) et la pré­fec­ture. « On se de­mande d’où ce­la peut ve­nir, d’un éle­vage ou de chas­seurs, pour­suit-il. Ni si ce­la pré­sente un risque sa­ni­taire. On a ba­li­sé au­tour, pla­cé un pan­neau, puis on a de­man­dé à la pré­fec­ture quelles étaient les consignes. »

IL POUR­RAIT S’AGIR DE COL­VERTS ABAN­DON­NÉS APRÈS UNE PAR­TIE DE CHASSE

La di­rec­tion dé­par­te­men­tale de pro­tec­tion des po­pu­la­tions (DDPP), en charge de ces ques­tions, a fi­na­le­ment ré­pon­du hier que les ser­vices de l’Etat avaient avi­sé l’ONCFS (Of­fice na­tio­nal de la chasse et de la faune sau­vage) afin d’éva­luer le risque. L’or­ga­nisme pu­blic in­dique que « ces ca­nards ne pré­sen­taient pas de risque sa­ni­taire au vu du contexte épi­dé­mio­lo­gique lo­cal fa­vo­rable : au­cun in­dice de ma­la­die conta­gieuse dé­tec­té à ce jour dans les oi­seaux de la faune sau­vage ou dans des éle­vages de vo­lailles alen­tour ». Sans pré­ci­ser tou­te­fois si des ana­lyses avaient été ef­fec­tuées sur les vo­la­tiles.

Se­lon l’ONCFS, « il pour­rait s’agir de ca­nards sau­vages (col­verts) aban­don­nés à l’is­sue d’une par­tie de chasse au gi­bier d’eau. En ef­fet, ces oi­seaux sont gé­né­ra­le­ment pré­le­vés lors de bat­tues ap­pe­lées le­vées d’étang.»

LES HA­BI­TANTS CRAIGNENT UNE MA­LA­DIE AYANT TOU­CHÉ UN ÉLE­VAGE

Des af­fir­ma­tions qui sont ac­cueillies du­bi­ta­ti­ve­ment par les ha­bi­tants de Soi­sy-sur-Ecole, qui y voient da­van­tage le signe d’une ma­la­die ayant tou­ché un éle­vage : « Pour­quoi les chas­seurs ne les au­raient pas ra­me­nés pour les man­ger alors que la chasse vient seule­ment de re­prendre ? Pour­quoi les au­raient-ils en­tas­sés alors qu’il leur suf­fi­sait de les lais­ser à l’en­droit où ils les ont abat­tus ? »

Mal­gré tout, il est vrai que cer­tains par­te­naires de groupes de chas­seurs, contre ré­mu­né­ra­tion ou gra­tui­te­ment, se chargent par­fois de gé­rer l’en­fouis­se­ment des ani­maux tués ou des restes de bêtes dé­pe­cées. « Comme dans le bâ­ti­ment où les entreprises font payer les gra­vats qu’elles doivent dé­po­ser dans les dé­chet­te­ries », in­dique un chas­seur.

Hier, la DDPP a donc in­di­qué à la mai­rie qu’elle pou­vait en­ta­mer une pro­cé­dure « de re­trait des ca­davres d’ani­maux trou­vés morts et dont l’iden­ti­fi­ca­tion ou l’ori­gine ne peut être éta­blie ». La pré­fec­ture a ajou­té que l’éli­mi­na­tion « pou­vait être prise en charge par le ser­vice pu­blic de l’équar­ris­sage puisque au­cun pro­prié­taire ne pou­vait être iden­ti­fié ».

Dans la fou­lée, la mu­ni­ci­pa­li­té qui at­ten­dait une ré­ponse de­puis dix jours a ef­fec­tué l’en­fouis­se­ment des ca­davres sur le site de leur dé­cou­verte. Mais le mys­tère reste en­tier sur la pro­ve­nance de ce char­nier dont on ne voit dé­sor­mais qu’un mon­ti­cule de terre, une aile et des plumes.

11 SEP­TEMBRE

16 SEP­TEMBRE Soi­sy-sur-Ecole. Les vo­la­tiles ont été trou­vés par des pro­me­neurs il y a une di­zaine de jours.

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