L’ave­nir du ci­né­ma de quar­tier in­quiète les ha­bi­tants

Le Ci­né 220 est-il me­na­cé par l’ou­ver­ture du mul­ti­plexe Ki­ne­po­lis ?

Le Parisien (Essonne) - - ES­SONNE SAINTE-GE­NE­VIÈVE ETAMPES - PAR NOL­WENN COS­SON @nol­wenn­cos­son

LE TA­PIS ROUGE était de sor­tie. Deux se­maines après son ou­ver­ture, le ci­né­ma Ki­ne­po­lis, ins­tal­lé dans la zone com­mer­ciale Les Pro­me­nades de Bré­ti­gny, a été inau­gu­ré hier soir. L’oc­ca­sion pour Phi­lippe Hal­houte, le di­rec­teur d’ex­ploi­ta­tion, de pro­mou­voir les avan­tages de ce mul­ti­plexe de dix salles, soit 1 057 fau­teuils. « Elles sont toutes équi­pées des der­nières technologies, vante-t-il. L’es­pace entre les sièges et les écrans géants offrent une qua­li­té in­éga­lée. »

Si de nom­breux spec­ta­teurs sont ra­vis de bé­né­fi­cier de cette nou­velle offre, d’autres s’in­ter­rogent sur l’ave­nir du Ci­né 220, ins­tal­lé en centre-ville. « Il ne fau­drait pas que cette ou­ver­ture le mette en dan­ger, s’in­quiète Phi­lippe Ca­mo, élu PCF. Lorsque le pro­jet a émer­gé, il y a des an­nées, on par­lait d’une baisse de re­cettes d’en­vi­ron 25 %. Ce­la touche ce ci­né­ma, mais aus­si ceux des villes avoi­si­nantes. »

Si au­cun ac­cord n’a été si­gné, le groupe l’as­sure : tout se­ra fait en bonne in­tel­li­gence. « Nous pour­rons par exemple dif­fu­ser un film en ver­sion fran­çaise, eux en ori­gi­nale, ou nous en 3D et eux en 2D, émet comme idées Anne-So­phie Le Gar­dier, la di­rec­trice des ventes. Il y a de la place pour tout le monde. » Un en­ga­ge­ment qui se­ra sur­veillé de près par Ni­co­las Méa­ry, le maire (UDI). « Nous sommes très heu­reux de vous ac­cueillir, à condi­tion que le Ci­né 220 reste ou­vert, c’est essentiel à nos yeux », a-t-il rap­pe­lé lors de l’inau­gu­ra­tion.

De son cô­té, Clé­mence Ro­meuf, la di­rec­trice de l’équi­pe­ment mu­ni­ci­pal en­tiè­re­ment ré­no­vé en août 2017, veut res­ter confiante : « L’idée est que les deux puissent vivre cor­rec­te­ment. Nous al­lons dé­ve­lop­per notre po­li­tique au­tour des films d’art et es­sai, même si nous sou­hai­tons tou­jours dif­fu­ser des block­bus­ters, en dé­ca­lage par rap­port à la date de sor­tie. Mais c’était dé­jà le cas au­pa­ra­vant. »

Pour la di­rec­trice, les spec­ta­teurs qui fré­quen­te­ront le mul­ti­plexe ne sont pas for­cé­ment les mêmes qui se rendent dans son ci­né­ma. « Nous ne fai­sons pas le même tra­vail, nous pou­vons donc être com­plé­men­taires, avec cha­cun son iden­ti­té », pour­suit-elle. Quant aux consé­quences sur la fré­quen­ta­tion du Ci­né 220, qui compte un peu moins de 2 000 abon­nés, il est en­core trop tôt pour le dire. « Sep­tembre a tou­jours été un mois très creux, avec la ren­trée, les gens n’ont pas le temps d’al­ler au ci­né­ma », constate-t-elle.

Les ha­bi­tués pour­ront ve­nir se ras­su­rer ce soir, à par­tir de 19 h 30. Le Ci­né 220 pré­sente sa sai­son cultu­relle. Une fresque réa­li­sée cet été par un gra­pheur pro­fes­sion­nel et des jeunes de la ville se­ra inau­gu­rée avant la pro­jec­tion, en avant-pre­mière, du film « Mau­vaises herbes » réa­li­sé par Khei­ron.

« IL Y A DE LA PLACE POUR TOUT LE MONDE » ANNE-SO­PHIE LE GAR­DIER, DI­REC­TRICE DES VENTES DU GROUPE

Bré­ti­gny-sur-Orge, hier. La di­rec­tion du Ci­né 220, qui pré­sente sa sai­son cultu­relle ce soir, de­vrait dé­ve­lop­per sa « po­li­tique au­tour des films d’art et es­sai » tout en conti­nuant de dif­fu­ser des block­bus­ters.

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