Les troubles psy­chiques ex­pli­qués aux po­li­ciers

Le Parisien (Essonne) - - ES­SONNE EVRY COR­BEIL YERRES - PAR SÉ­BAS­TIEN MO­REL­LI

LES FORCES DE L’ORDRE ont sou­vent af­faire à des per­sonnes pré­sen­tant des troubles psy­chiques. Mais comment les iden­ti­fier, comment les abor­der, sans y avoir été for­mé ? Hier, trois po­li­ciers mu­ni­ci­paux et trois agents de sur­veillance de la voie pu­blique (ASVP) de Cor­beil-Es­sonnes ont été re­çus à la Mai­son du Cou­dray, un éta­blis­se­ment qui ac­cueille des adultes souf­frant de troubles psy­chiques. En juin, les po­li­ciers mu­ni­ci­paux étaient ve­nus à la ren­contre des ré­si­dents.

« Les po­li­ciers nous parlent sou­vent des dif­fi­cul­tés qu’ils ren­contrent face à de telles per­sonnes », sou­ligne Ar­naud Grand, le di­rec­teur. « Nous ne sommes pas des spé­cia­listes, re­con­naît Guillaume, po­li­cier mu­ni­ci­pal. Une fois, j’ai eu quel­qu’un de très violent à la gare de Cor­beil. J’ai ap­pris par la suite qu’il était schi­zo­phrène. Il n’était pas agres­sif au dé­part. Mais il avait les yeux exor­bi­tés. Je me suis dit : c’est pas bon, et j’ai pris mes dis­tances. »

DIS­CU­TER ET RES­TER CALME

Flo­rence Re­nard-Gon­calves, in­fir­mière en psy­chia­trie de­puis 27 ans, et Alexia De­lon­geas, édu­ca­trice, évoquent toutes les psy­choses re­cen­sées, troubles bi­po­laires, psy­chose in­fan­tile, psy­cho­pa­thie… et sur­tout la schi­zo­phré­nie et ses mul­tiples symp­tômes. S’il n’existe pas une re­cette mi­racle, le plus im­por­tant est de beau­coup dis­cu­ter et de res­ter calme.

Alexia donne quelques pistes pour re­pé­rer un schi­zo­phrène souf­frant d’hal­lu­ci­na­tions au­di­tives, un cas cou­rant : « Si la per­sonne vous pa­raît en de­hors de la réa­li­té, ne vous re­garde pas vrai­ment et cligne des yeux, c’est qu’elle est en train d’écou­ter ses voix. »

Quant à ceux souf­frant d’hal­lu­ci­na­tions vi­suelles, « ils aiment mettre des bon­nets, ça les apaise. Ils peuvent se ra­ser les sour­cils, ce sont de pe­tits re­pères ». « J’ai eu quel­qu’un, très al­coo­li­sé, qui ne pou­vait pas tra­ver­ser un cou­loir car il voyait des cro­co­diles », se sou­vient Guillaume. « Pour lui, c’était réel. Lui dire le contraire em­pi­re­rait les choses », re­com­mande Flo­rence.

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