« Le Red Star est une marque qui m’in­té­resse »

Yas­sine Be­lat­tar, l’ani­ma­teur-hu­mo­riste, qui avait pré­sen­té il y a six ans un dos­sier de ra­chat du Pa­ris FC, se po­si­tionne sur le club au­do­nien.

Le Parisien (Essonne) - - SPORTS ILE-DE-FRANCE - PAR STÉPHANE CORBY

DANS LE FOOT­BALL, son nom était jusque-là as­so­cié au Pa­ris FC. Il cir­cule dé­sor­mais de l’autre cô­té du pé­ri­phé­rique. Yas­sine Be­lat­tar, can­di­dat (mal­heu­reux) à une prise de par­ti­ci­pa­tion dans le ca­pi­tal du club pa­ri­sien en 2012, est pres­sen­ti au­jourd’hui au Red Star. L’ani­ma­teur-hu­mo­riste se po­si­tionne pour de­ve­nir ac­tion­naire du club de Saint-Ouen.

De­puis plu­sieurs mois, le pré­sident au­do­nien Pa­trice Had­dad ré­flé­chit en ef­fet à l’ou­ver­ture du ca­pi­tal du club. Dix ans après sa prise de fonc­tion, le pa­tron-pro­duc­teur n’est pas ven­deur mais veut fran­chir un cap en bâ­tis­sant un pro­jet au­tour d’un centre de for­ma­tion opé­ra­tion­nel et d’un stade ré­no­vé. Le pre­mier de­vrait ou­vrir cou­rant 2019, sur le site de Mar­ville à La Cour­neuve, alors que le stade Bauer de Saint-Ouen (Seine-Saint-De­nis) a in­té­gré l’ap­pel à pro­jets de la Mé­tro­pole du Grand Pa­ris, dont les pro­jets fi­na­listes se­ront connus le 16 oc­tobre. Des avan­cées si­gni­fi­ca­tives qui né­ces­sitent des moyens consé­quents à court terme.

Pa­ri­sien et fan de foot, Be­lat­tar connaît le contexte et toutes ces pro­blé­ma­tiques. Au Pa­ris FC, après une pre­mière ap­proche avec le ci­néaste Luc Bes­son et l’an­cien pa­tron de l’OM Pape Diouf, il avait en­suite dé­fen­du le pro­jet de Cen­tu­ria Ca­pi­tal, re­to­qué alors au pro­fit de ce­lui de l’ex-in­ter­na­tio­nal Jean-Marc Guillou. Le groupe fi­nan­cier avait fi­na­le­ment ra­che­té l’AJ Auxerre pour 5 M€.

Au Red Star, le mon­tant du ti­cket d’en­trée n’est pas connu. Mais Be­lat­tar est prêt. « Le Red Star est une marque qui m’in­té­resse. Tra­vailler sur ses va­leurs, il y a un lien lo­gique. Je peux le­ver des fonds sur mon nom mais j’ai der­rière moi plu­sieurs fi­nan­ciers et un ou deux gros pro­mo­teurs », as­sure-t-il sans plus de pré­ci­sions. « J’ai réa­li­sé un vrai tra­vail de four­mi sur Saint-Ouen, ajoute-t-il. Etre un mec de ban­lieue qui a réus­si et veut ra­che­ter un club, ça a du sens. »

Raillé par cer­tains pour son op­por­tu­nisme, Be­lat- tar a pris de l’épais­seur en mai en in­té­grant le Con­seil pré­si­den­tiel des villes, nom­mé par Em­ma­nuel Ma­cron pour ré­flé­chir sur les ban­lieues.

Son dis­cours n’a pas chan­gé de­puis 2012. « Je n’ai pas at­ten­du l’ar­ri­vée des Qa­ta­riens au PSG pour m’in­té­res­ser à la pro­blé­ma­tique d’un deuxième club pa­ri­sien, nous ex­pli­quait, à l’époque, Be­lat­tar. Ma phi­lo­so­phie a tou­jours été de va­lo­ri­ser la ban­lieue. J’ai en­vie de créer une al­ter­na­tive plus hu­maine au PSG qui s’ap­puie­rait sur un an­crage lo­cal très fort et met­trait en avant le so­cial, l’édu­ca­tion. Chez les jeunes, l’Ile-de-France est le plus gros vi­vier d’Eu­rope mais c’est anor­mal qu’elle n’en pro­fite pas. »

Si Pa­trice Had­dad re­con­naît des échanges avec Be­lat­tar « re­mon­tant à plus de cinq ans », le pré­sident du Red Star as­sure qu’au­cun contact n’est éta­bli ac­tuel­le­ment.

« ÊTRE UN MEC DE BAN­LIEUE QUI A RÉUS­SI ET VEUT RA­CHE­TER UN CLUB, ÇA A DU SENS »

L’ani­ma­teur et hu­mo­riste (ci-des­sous) veut in­ves­tir dans un club avec un an­crage lo­cal très fort. Avec le Red Star et ses nom­breux fans, il se­rait ser­vi.

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