Faites donc vo­ler les avions !

A mi-che­min entre loi­sir et sport, l’aé­ro­mo­dé­lisme réunit en France près de 30 000 pra­ti­quants. Zoom sur une dis­ci­pline lu­dique avant le Cham­pion­nat de France ce week-end à La Queue-en-Brie.

Le Parisien (Essonne) - - SPORTS LOI­SIRS - PAR CHRIS­TOPHE LACAZE-ESLOUS

ON A QUA­SI­MENT tous un jour eu en main ce mo­dèle d’avion en bal­sa construit par nos soins, avec une hé­lice re­mon­tée par un élas­tique pour le faire dé­col­ler. C’était même une fier­té lors­qu’il par­ve­nait à vo­ler quelques mètres avant de… s’écra­ser. Cer­tains ont pro­lon­gé l’ex­pé­rience en fai­sant de l’aé­ro­mo­dé­lisme une pas­sion du­rable. Avec des avions net­te­ment plus so­phis­ti­qués et ca­pables d’al­ler beau­coup plus loin.

LE TOP : CONSTRUIRE SON PROPRE AP­PA­REIL

Ce week-end, le plus grand com­plexe de France, si­tué à La Queue-en-Brie (Val-de­Marne), se­ra le théâtre des Cham­pion­nats de France de vol cir­cu­laire. Une spé­cia­li­té dans la­quelle ex­celle An­tho­ny Rostislavov, le jeune pré­sident de la Ligue Ile-de-France (lire ci-des­sous). A 55 ans, Bru­no Cho­quel fait, lui, vo­ler toutes sortes d’aé­ro­nefs de­puis exac­te­ment quatre dé­cen­nies. Li­cen­cié au club de Vé­mars - Saint-Witz (Vald’Oise), ce cadre dans le ci­vil est tom­bé dans la mar­mite quand il était pe­tit. Et at­ti­ré de­puis dans son sillage ses fils Ju­lien et Alexandre. « J’al­lais à l’aé­ro­drome qui se trou­vait au bout des pistes de Rois­sy et j’ai tou­jours été éton­né de voir vo­ler des ma­chines plus lourdes que l’air », confie ce pas­sion­né.

Pour se lan­cer, c’est à la fois simple et com­pli­qué. Comme il est in­ter­dit de vo­ler n’im­porte où, les sites — dé­cla­rés au­près des ser­vices ré­gio­naux de l’aviation ci­vile et partagés avec les autres usa­gers du ciel — sont soi­gneu­se­ment ré­per­to­riés et li­mi­tés. Dans la ré­gion, il faut d’abord se rendre dans l’un des 84 clubs af­fi­liés à la ligue Ile-deF­rance. Sur place, moyen­nant 10 € pour un pas­se­port dé­cou­verte (va­lable deux mois), une ins­truc­tion de base est don­née par un for­ma­teur ex­pé­ri­men­té.

« Mon vol d’ini­tia­tion s’est très bien pas­sé, ra­conte ain­si Sam (12 ans), élève de 5e, fils et pe­tit-fils de pi­lotes de ligne et de l’ar­mée de l’air. J’étais avec un mo­ni­teur qui avait le double pi­lo­tage sur sa ra­dio­com­mande. J’ai eu des sen­sa­tions qui m’ont don­né en­vie de re­com­men­cer. » Tous les fans d’aé­ro­mo­dé­lisme vous le di­ront : c’est quand on peut construire soi-même son propre ap­pa­reil que l’on bas­cule dé­fi­ni­ti­ve­ment.

Ce­lui de Bru­no Cho­quel est hors norme. Avec ses 3,80 m d’en­ver­gure, sa ré­plique au 1/16 d’un Air­bus A330-200 aux cou­leurs de la com­pa­gnie bré­si­lienne TAM est de­ve­nue l’une des stars des mee­tings. « Tous les pra­ti­quants ont leur par­ti­cu­la­ri­té. Cer­tains pré­fèrent les pla­neurs. Moi, ce sont les avions de ligne. Le mien m’a de­man­dé seize ans de fa­bri­ca­tion . Ce­la ne s’im­pro­vise pas, il faut avoir des com­pé­tences en me­nui­se­rie, élec­tri­ci­té, pro­gram­ma­tion,… Je passe plus de temps à le mon­ter et à le dé­mon­ter qu’à le faire vo­ler ! » Abor­dable fi­nan­ciè­re­ment, la pas­sion pour l’aé­ro­mo­dé­lisme peut se ré­vé­ler sans li­mite chez les plus mor­dus, comme notre père de fa­mille. « Moi, j’ai ar­rê­té de comp­ter il y a bien long­temps… »

Bru­no Cho­quel a at­ten­du 16 ans avant de voir dé­col­ler son Air­bus A 330.

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