La France en manque de pluie

Sep­tembre res­te­ra comme l’un des mois les plus secs de l’his­toire de la mé­téo­ro­lo­gie. Et ce n’est pas sans consé­quences.

Le Parisien (Essonne) - - LA UNE - PAR AYMERIC RE­NOU RE­TROU­VEZ LA MÉ­TÉO EN DER­NIÈRE PAGE ETIENNE KAPIKIAN, DE MÉ­TÉO FRANCE

LES TEM­PÉ­RA­TURES marquent en­fin le pas mais la pluie tarde dan­ge­reu­se­ment à ve­nir. Après un été par­ti­cu­liè­re­ment chaud, la France souffre dé­sor­mais du­re­ment d’une sécheresse qui ne semble pas vou­loir s’ef­fa­cer de si­tôt. A l’échelle na­tio­nale, la pé­riode de juin à août a été la deuxième plus chaude après 2003, se­lon Mé­téo France. « Le tri­mestre es­ti­val, de juillet à sep­tembre cette fois-ci, est bien par­ti pour être le plus chaud ja­mais ob­ser­vé, et le mois de sep­tembre pour­rait bien être le troi­sième le plus sec de l’his­toire de la mé­téo­ro­lo­gie », sou­ligne Etienne Kapikian, in­gé­nieur pré­vi­sion­niste à Mé­téo France.

Se­lon les re­le­vés du site Mé­téo­con­tact.fr, il est tom­bé seule­ment 2 mm de pluie à Mont­pel­lier (Hé­rault) de­puis le dé­but du mois et à peine plus de 10 mm à Pa­ris. La si­tua­tion n’est pas pour dé­plaire à cer­tains. Pro­fes­sion­nels du tou­risme ou de la res­tau­ra­tion pro­fitent à plein d’une mé­téo clé­mente qui in­cite les Fran­çais et les tou­ristes étran­gers à sor­tir et à consom­mer.

LES OEUFS PLUS CHERS À CAUSE DE LA MÉ­TÉO

Cer­taines ré­gions tirent tou­te­fois la langue. « Les ni­veaux re­cords de sécheresse concernent prin­ci­pa­le­ment le Mas­sif cen­tral, le Nord-Est et le nord des Alpes », ob­serve Etienne Kapikian. Les ar­rê­tés de res­tric­tion de l’usage d’eau po­table sont nom­breux et touchent, à des de­grés di­vers, pas moins de 62 dé­par­te­ments.

Se­lon la carte pu­bliée sur la page Pro­plu­via du site In­ter­net du mi­nis­tère de la Tran­si­tion éco­lo­gique, seuls le Nord, la Bre­tagne, l’Aqui­taine, le Lan­gue­doc et la Côte d’Azur sont pour l’ins­tant épar­gnés par le phé­no­mène. Dans les sec­teurs tou­chés, il est in­ter­dit de pré­le­ver de l’eau à des fins agri­coles mais aus­si d’ar­ro­ser les jar­dins, ou en­core de la­ver des vé­hi­cules sur l’en­semble du Ter­ri­toire de Belfort, de la Creuse et du Ju­ra, pla­cés de­puis quelques jours en alerte rouge, mais aus­si dans la qua­si-to­ta­li­té des dé­par­te­ments de la Ven­dée, de la Vienne, de l’Indre ou de Saône-et-Loire.

Prin­ci­pales vic­times de cette sécheresse ex­cep­tion­nelle, nombre d’éle­veurs et d’agri­cul­teurs ont dé­jà en­ta­mé le four­rage hi­ver­nal pour nour­rir leur bé­tail pri­vé d’her­bage. Autre consé­quence né­faste : l’aug­men­ta­tion at­ten­due, dans quelques se­maines, du prix des oeufs « en rai­son des sur­coûts pour l’ali­men­ta­tion des vo­lailles dus à la sécheresse », pré­vient le Sni­po, Syn­di­cat na­tio­nal des in­dus­triels et pro­fes­sion­nels de l’oeuf. A l’op­po­sé, les vi­ti­cul­teurs se frottent les mains. En Cham­pagne et en Bour­gogne, par exemple, le mil­lé­sime 2018 s’an­nonce ex­cep­tion­nel grâce à l’ac­tion com­bi­née de l’ab­sence de pluie, évi­tant le pour­ris­se­ment pré­ma­tu­ré du rai­sin, et des fortes cha­leurs es­ti­vales qui l’ont gor­gé de sucres.

Rien n’in­dique, pour l’ins­tant, une amé­lio­ra­tion pro­chaine de la si­tua­tion. « A part quelques pe­tites averses éparses et très lo­ca­li­sées, et peut-être

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NE FAUT PAS S’AT­TENDRE À RE­TROU­VER UN TEMPS HU­MIDE AVANT LE DÉ­BUT DU WEEK-END

PRO­CHAIN

des pluies plus im­por­tantes mar­di ou mer­cre­di sur la Corse, il ne faut pas s’at­tendre à re­trou­ver un temps hu­mide avant le dé­but du week-end pro­chain », ex­plique Etienne Kapikian. Et il fau­drait au moins 50 % de pré­ci­pi­ta­tions de plus que la moyenne du­rant les trois pro­chains mois pour en­tre­voir un re­tour à la nor­male.

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