TOUS LES SA­LAIRES VONT AUG­MEN­TER !

A par­tir de lun­di, les sa­la­riés vont pro­fi­ter de la sup­pres­sion des co­ti­sa­tions chô­mage. Un gain en pou­voir d’achat qui se fe­ra sen­tir pour tous dès la fin oc­tobre sur les fiches de paie.

Le Parisien (Essonne) - - FAIT DU JOUR - PAR AU­RÉ­LIE LEBELLE ET MAT­THIEU PELLOLI

DÈS LUN­DI, vous pour­rez com­men­cer à comp­ter les jours. Avec les yeux brillants d’un en­fant qui at­tend avec im­pa­tience de dé­cou­vrir ce qu’il au­ra à Noël. Sauf que le ca­deau de ce dé­but d’au­tomne ne vous at­ten­dra pas sous le sa­pin mais à la fin oc­tobre… sur votre fiche de paie ! En mon­naie son­nante et tré­bu­chante. Mais le Père Noël ély­séen n’a pas les moyens de gâ­ter tout le monde. Comme an­non­cé, seuls les ac­tifs se­ront ser­vis par ce gain de pou­voir d’achat, d’au­tant plus im­por­tant que votre sa­laire est éle­vé

(voir in­fo­gra­phie page 3). Exemple : pour un smi­card, le coup de pouce se­ra de 17 € net par mois. Pour un cadre sup qui gagne 3 500 € net, la ca­gnotte men­suelle se­ra de 51 €. Mais d’où vient ce ca­deau de fin d’an­née ? Il faut re­mon­ter à jan­vier der­nier, lorsque le gou­ver­ne­ment a aug­men­té la contri­bu­tion so­ciale gé­né­ra­li­sée (CSG) de 1,7 point pour une large ma­jo­ri­té des Fran­çais. Une hausse in­do­lore pour les ac­tifs puisque la sup­pres­sion d’une par­tie des co­ti­sa­tions chô­mage et ma­la­die avait anes­thé­sié dans le même temps le bo­bo. Et tant pis pour les re­trai­tés qui, eux, n’avaient pas eu le droit à cet an­ti­dou­leur (lire page 3).

En oc­tobre, le gou­ver­ne­ment en­clenche l’acte II de sa ré­forme. Avec un ob­jec­tif : do­per le pou­voir d’achat des ac­tifs et boos­ter la crois­sance. Pour y par­ve­nir, la co­ti­sa­tion chô­mage est to­ta­le­ment sup­pri­mée à par­tir d’oc­tobre. De quoi gon­fler votre sa­laire de quelques di­zaines d’eu­ros chaque mois. Sur un an, ça de­vient vrai­ment in­té­res­sant. Les in­dé­pen­dants ont dé­jà pro­fi­té de la me­sure. Les trois quarts d’entre eux ont vu, en juin, leur re­ve­nu net aug­men­ter grâce à la baisse de leurs co­ti­sa­tions fa­mille et ma­la­die. En oc­tobre, ils ne sont pas concer­nés par la sup­pres­sion de la co­ti­sa­tion chô­mage. Est-ce pour au­tant un pré­sent 100 % gra­tuit ? « C’est une bonne nou­velle en ef­fet, re­con­naît la fis­ca­liste Vir­gi­nie Pra­del. Mais il faut la mettre en pers­pec­tive avec la hausse de cer­taines taxes comme celles sur l’es­sence et le ta­bac. Lors­qu’un tra­vailleur va ga­gner 50 € sup­plé­men­taires par mois mais qu’il va dé­pen­ser 50 € de plus à la pompe pour al­ler tra­vailler, le bé­né­fice est com­plè­te­ment en­glou­ti ! » Ce qui l’in­quiète sur­tout, c’est la sup­pres­sion pure et simple de la co­ti­sa­tion chô­mage. « Cette ré­forme n’est pas dé­nuée d’ar­rière-pen­sées, cri­tique-t-elle. Jus­qu’ici, co­ti­ser pour une as­su­rance chô­mage per­met­tait de bé­né­fi­cier de droits à une pres­ta­tion per­son­na­li­sée. Par exemple, un cadre qui ga­gnait bien sa vie, et qui avait donc beau­coup co­ti­sé, pou­vait avoir ac­cès à des in­dem­ni­tés chô­mage consé­quentes. Dé­sor­mais, avec cette sup­pres­sion de co­ti­sa­tion et la ré­forme de l’as­su­rance chô­mage à ve­nir, les cadres risquent d’y perdre beau­coup. »

Autre grain de sable an­non­cé dans la com­mu­ni­ca­tion gou­ver­ne­men­tale pour per­sua­der les Fran­çais qu’ils re­trouvent du pou­voir d’achat : l’en­trée en vi­gueur du pré­lè­ve­ment à la source le 1er jan­vier 2019. Même si, en pra­tique, vous pro­fi­te­rez tou­jours de votre sa­laire ma­jo­ré, ce big bang fis­cal va neu­tra­li­ser l’ef­fet vi­suel et psy­cho­lo­gique. Oc­tobre, no­vembre, dé­cembre : pen­dant trois mois, vous avez le sou­rire. Pa­ta­tras en jan­vier lorsque votre im­pôt vous est pré­le­vé sur le sa­laire. D’un coup, vous avez l’im­pres­sion de moins ga­gner. Pour évi­ter la si­nis­trose des ac­tifs, le gou­ver­ne­ment a ima­gi­né une pa­rade. Dans les pro­chains mois, le gain ob­te­nu grâce aux sup­pres­sions de co­ti­sa­tions se­ra ins­crit noir sur blanc sur votre feuille de paie (voir page 3).

Il ne fau­drait pas que, une fois pas­sé les fêtes de fin d’an­née, vous ayez ou­blié si vite votre ca­deau de Noël an­ti­ci­pé.

« AVEC LA RÉ­FORME DE L’AS­SU­RANCE CHÔ­MAGE À VE­NIR, LES CADRES RISQUENT

D’Y PERDRE BEAU­COUP » VIR­GI­NIE PRA­DEL, FIS­CA­LISTE

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