Pour­quoi la France n’in­quiète pas

Le Parisien (Essonne) - - ÉCONOMIE - M. PE.

CON­TRAI­RE­MENT à la dette ita­lienne, celle de la France n’a pas dé­pas­sé la barre sym­bo­lique des 100 % du PIB. Mais elle flirte dan­ge­reu­se­ment avec… Elle at­tein­dra 98,6 % l’an pro­chain et au­cune dé­crue ne pointe à l’ho­ri­zon. En­core moins de­puis la re­prise, dans les comptes de l’Etat, de la dette de SNCF Ré­seau (40 Mds€).

Mais les mar­chés sont moins sé­vères avec nous. « Les ni­veaux de dette sont éle­vés dans les deux cas, mais ce­lui de la France reste plus rai­son­nable, ob­serve Ju­lien-Pierre Nouen, di­rec­teur des études éco­no­miques chez La­zard Frères Ges­tion. Et sur­tout, de­puis 2000, la France af­fiche 1 % de crois­sance sup­plé­men­taire en moyenne par rap­port à l’Ita­lie. Elle a une ca­pa­ci­té à rem­bour­ser sa dette bien plus grande. » Autre avan­tage : « Des ré­formes struc­tu­relles qui vont da­van­tage dans le sens de ce que les in­ves­tis­seurs peuvent at­tendre. » Ces élé­ments se ré­per­cutent dans les taux aux­quels la France et l’Ita­lie se fi­nancent sur les mar­chés à dix ans. Par rap­port à l’Al­le­magne (qui fait ré­fé­rence en Eu­rope et em­prunte à 0,46 %), la France em­prunte au­tour de 0,8 %, et l’Ita­lie de 3,25 %. En ma­tière de dé­fi­cit pu­blic (2,8 % at­ten­dus en 2019), la France n’a en re­vanche pas de le­çon à don­ner à l’Ita­lie. Elle fi­gu­re­ra aus­si dans la queue du pe­lo­ton eu­ro­péen.

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