Un po­li­cier de la DGSI écroué

Ce gar­dien de la paix au­rait mon­nayé des in­for­ma­tions confi­den­tielles ti­rées des fi­chiers de po­lice.

Le Parisien (Essonne) - - FAITS DIVERS - JEAN-MI­CHEL DÉCUGIS, VA­LÉ­RIE MA­HAUT, ERIC PEL­LE­TIER ET JÉ­RÉ­MIE PHAM-LÊ

UN PO­LI­CIER af­fec­té à la Di­rec­tion gé­né­rale de la sé­cu­ri­té in­té­rieure (DGSI) a été pla­cé en garde à vue puis mis en exa­men mer­cre­di der­nier, à Nan­terre (Hauts-de-Seine). Il se trouve au­jourd’hui en dé­ten­tion pro­vi­soire.

Ce gar­dien de la paix, ap­par­te­nant à une di­vi­sion sen­sible du prin­ci­pal ser­vice de ren­sei­gne­ment in­té­rieur fran­çais, est soup­çon­né d’avoir mon­nayé les in­for­ma­tions dont il dis­po­sait de par son mé­tier. Pro­ve­nant des fi­chiers confi­den­tiels de po­lice, celles-ci au­raient été ven­dues sur le Dark Net, le ver­sant sombre d’In­ter­net dif­fi­ci­le­ment ac­ces­sible, sup­port de nombre d’ac­ti­vi­tés illé­gales, comme le tra­fic d’armes ou de drogue.

CONTACTS AVEC LE MI­LIEU

Se­lon une source proche de l’en­quête, l’agent avait noué des con- avec des membres du monde de la cri­mi­na­li­té or­ga­ni­sée, ain­si qu’avec des spé­cia­listes de l’in­tel­li­gence éco­no­mique in­té­res­sés par l’ob­ten­tion de telles don­nées. Au­cun lien avec le ter­ro­risme n’a été mis en évi­dence. Le ri­pou pré­su­mé, en poste dans les Hauts-de-Seine, est éga­le­ment soup­çon­né d’avoir eu un rôle ac­tif dans la confec­tion de faux do­cu­ments ad­mi­nis­tra­tifs. Les agis­se­ments qui lui sont re­pro­chés ont été ini­tia­le­ment dé­tec­tés par la po­lice ju­di­ciaire. Les in­ves­ti­ga­tions ont en­suite été confiées au ser­vice de sé­cu­ri­té in­terne de la DGSI qui, pour con­fondre son agent, s’est ap­puyé sur la tra­ça­bi­li­té des in­ter­ro­ga­tions de fi­chiers. Chaque fonc­tion­naire dis­pose en ef­fet d’un code per­son­nel, in­dis­pen­sable pour se con­nec­ter à son or­di­na­teur et pour ef­fec­tuer des consul­ta­tions. Les pro­ces­sus de sé­cu­ri­té in­ternes per­tacts mettent de re­tra­cer en temps réel ou de ma­nière dif­fé­rée l’ori­gine des in­ter­ro­ga­tions de fi­chiers.

Au sein de la DGSI, cer­taines don­nées sont clas­sées « confi­den­tiel dé­fense » ou « se­cret-dé­fense ». Leur vio­la­tion par un agent de l’Etat est pu­nie d’une peine al­lant jus­qu’à sept ans d’em­pri­son­ne­ment et 100 000 € d’amende.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.