Jean-Marc Rei­ser « pri­son­nier de son pas­sé »

Le Parisien (Essonne) - - FAITS DIVERS - I.G. LA MÈRE DE FRAN­ÇOISE HOH­MANN

SUS­PECT nu­mé­ro un dans l’af­faire So­phie Le Tan — cette étu­diante de 20 ans dis­pa­rue de­puis le 7 sep­tembre —, JeanMarc Rei­ser a été pla­cé en dé­ten­tion pro­vi­soire après sa mise en exa­men pour en­lè­ve­ment, sé­ques­tra­tion et as­sas­si­nat. L’homme de 58 ans sou­tient qu’il n’a « stric­te­ment rien à voir dans la dis­pa­ri­tion de So­phie Le Tan », se­lon les pro­pos rap­por­tés par son avo­cat, Me Fran­cis Metz­ger.

Ce pé­na­liste stras­bour­geois, qui a ren­con­tré son client mer­cre­di, dé­crit un homme qui a l’im­pres­sion d’être « dé­si­gné par la ru­meur et par les en­quê­teurs comme étant dé­jà pré­su­mé cou­pable ». Il faut dire que son pas­sé ju­di­ciaire (quinze ans de ré­clu­sion en 2001 pour les viols de deux femmes) ne plaide pas en sa fa­veur. Se­lon Me Metz­ger, son client a le sen­ti­ment d’être « pri­son­nier de son pas­sé ». Jean-Marc Rei­ser doit être en­ten­du par la juge vendredi. S’il consent à s’ex­pli­quer, il se­ra sans doute in­ter­ro­gé sur la trou­blante dé­cou­verte de l’ADN de l’étu­diante dans sa salle de bains à Schil­ti­gheim, près de Stras­bourg. pour une marque d’as­pi­ra­teurs, l’étu­diante avait ren­du vi­site à Jean-Marc Rei­ser, qui y ré­si­dait. « L’en­quête a dé­mon­tré qu’il avait été le der­nier client de Fran­çoise en bas de l’im­meuble. Il n’a pas nié ce­la à l’au­dience », ra­conte sa mère.

« Cette nou­velle af­faire nous ra­mène à notre mal­heur. Mais on ne s’ha­bi­tue pas à l’ab­sence. On ap­prend seule­ment à vivre avec. Au­jourd’hui, ma soeur de­vrait

“L’EN­QUÊTE A DÉ­MON­TRÉ QU’IL AVAIT ÉTÉ LE DER­NIER

” CLIENT DE FRAN­ÇOISE

être la tante de mes en­fants ! Et moi j’au­rais dû avoir des ne­veux ou des nièces », constate avec tris­tesse Isa­belle, 52 ans, aide-soi­gnante, la « pe­tite soeur » qui, par pu­deur, dit par­fois qu’elle est « fille unique ».

« On se cache de notre souf­france. Nous avons par­fois honte d’avoir peut être ra­té quelque chose à l’époque. On se de­mande si on en a fait as­sez. Mais c’était à la jus­tice de le faire ! », s’em­porte Isa­belle. « Il a man­qué un fil. Et ce fil per­sonne n’a vou­lu le trou­ver », ajoute Ma­rieAn­toi­nette « épui­sée et fa­ti­guée », qui ne sait pas en­core si elle va en­trer en con­tact avec la fa­mille de So­phie Le Tan.

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