C’est la fête des voi­sins

La Ligue a choi­si ce week-end pour mettre en scène les der­bys du rug­by fran­çais. Une in­no­va­tion sur fond de tra­di­tion.

Le Parisien (Essonne) - - SPORTS - DA­VID OPOCZYNSKI

C’EST LE PRE­MIER REN­DEZ-VOUS d’un évé­ne­ment ap­pe­lé à se re­pro­duire tous les ans : voi­ci les Fan Days. La Ligue na­tio­nale de rug­by (LNR) a pro­gram­mé les prin­ci­paux der­bys de Top 14 (et de Pro D 2) en cette fin de se­maine. Elle en pro­fite pour mettre en avant les sup­por­teurs qui s’échan­ge­ront des ca­deaux, sur la pe­louse, avant les coups d’en­voi. De Biar­ritz - Bayonne (22-6), jeu­di, en pas­sant par Tou­louse - Castres au­jourd’hui et avant Stade Fran­çais Ra­cing de­main, les op­po­si­tions his­to­riques s’en­chaînent.

Ch­ris­tian Lan­ta, 66 ans, le ma­na­geur de Per­pi­gnan, s’en fé­li­cite : « Cer­tains veulent ba­na­li­ser les der­bys, mais il ne faut pas ou­blier que c’est ce qui exa­cerbe toutes les qua­li­tés du rug­by : les va­leurs, le com­bat. Par­fois, ça ne donne pas de grands matchs mais, en tout cas, ils ont une sa­veur très par­ti­cu­lière. Parce qu’un der­by ne mo­bi­lise pas que l’équipe, mais aus­si un staff, des di­ri­geants, tout un pu­blic. Et, au fond, qu’est-ce qu’on re­cherche dans le rug­by ? C’est tout ce lien so­cial, cette com­mu­nau­té de va­leurs. Donc, vive les der­bys ! »

A Castres, Ch­ris­tophe Urios en a même fait la re­cette de ses quatre der­niers suc­cès face à Tou­louse ! « La pre­mière an­née, je ve­nais d’ar­ri­ver à Castres et je n’avais pas mis l’ac­cent sur le der­by, ra­conte-t-il. Et je me suis aper­çu en par­lant avec les joueurs que pour cer­tains Castres Tou­louse était un match comme un autre. Je me suis dit : ce n’est pas pos­sible, quoi ! A par­tir de là, à tous les matchs contre Tou­louse, j’ai in­vi­té les an­ciens qui ont don­né les maillots aux joueurs. Je vou­lais que les nou­veaux ou les étran­gers se rendent compte que c’était autre chose qu’un match de rug­by. »

Dans ce contexte, Mou­rad Boud­jel­lal, le pré­sident de Toulon, qui se dé­place ce sa­me­di à Clermont, iro­nise : « J’ai ap­pris qu’on était géo­gra­phi­que­ment très proches de Clermont. Du coup, je ne com­prends pas pour­quoi les gens ne vont pas à la plage à Clermont. » Avant de conclure, beau joueur : « C’est un der­by his­to­rique parce qu’on a une his­toire com­mune, on s’est bien échar­pés ces der­nières an­nées. Donc, oui, c’est plu­tôt sym­pa. »

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DER­BY NE MO­BI­LISE PAS QUE L’ÉQUIPE, MAIS AUS­SI UN STAFF, DES DI­RI­GEANTS,

TOUT UN PU­BLIC CH­RIS­TIAN LAN­TA, MA­NA­GEUR DE PER­PI­GNAN

Pa­ris La Dé­fense Are­na (Nan­terre), le 17 mars. Le der­nier der­by Ra­cing - Stade Fran­çais s’est dé­rou­lé à l’oc­ca­sion de la 21e jour­née du Top 14.

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