Qui est Ve­ge­dream, le chou­chou des Bleus ?

Deux mois après la vic­toire des Fran­çais, « Ra­me­nez la coupe à la mai­son » de Ve­ge­dream, de­ve­nu l’hymne des cham­pions, est tou­jours en tête des ventes. Ren­contre avec le chan­teur pré­fé­ré des Bleus.

Le Parisien (Essonne) - - LOISIRS MUSIQUE - PAR ÉRIC BU­REAU @Eric_Bu­reau

En quelques se­maines, il est pas­sé de la Ligue 2 à la Ligue des cham­pions du rap. Avec « Ra­me­nez la coupe à la mai­son », de­ve­nu l’hymne des cham­pions du monde de foot­ball, Ve­ge­dream a réus­si le tube sur­prise de l’été. Nu­mé­ro un en juillet, sur le po­dium en août, sa chan­son est en­core la reine des ventes ce mois-ci, de­vant Rim’K, Aya Na­ka­mu­ra et MHD.

Le pre­mier match des Bleus « à la mai­son » de­puis leur triomphe mos­co­vite, le 9 sep­tembre au Stade de France, a en­tre­te­nu la dy­na­mique. De la même fa­çon qu’il avait re­joint les joueurs pour chan­ter avec eux à l’Ely­sée, au len­de­main du Mon­dial, Ve­ge­dream a en­flam­mé le Stade de France à l’is­sue du match face aux Pays-Bas.

Le très de­man­dé Ve­ge­dream, qui cu­mule 31 mil­lions d’écoutes en strea­ming, 40 mil­lions de vues pour son clip et vient d’an­non­cer une date au Zé­nith de

Pa­ris le 28 juin 2019, est pas­sé dans nos lo­caux pour ré­pondre à nos ques­tions. Sur son pa­tro­nyme d’abord. « Au dé­part, j’avais choi­si Ve­ge­ta, un per­son­nage de Dra­gon Ball Z (NDLR :

man­ga ja­po­nais), le plus cha­ris­ma­tique mais aus­si le plus sombre, ex­plique-t-il. Avec mon grand frère de rap, H Ma­gnum, on l’a trans­for­mé en Ve­ge­dream, car l’idée est de vendre du rêve aux gens. » GA­GNANT-GA­GNANT Le rêve, c’est sur­tout Ve­ge­dream qui le vit de­puis la fi­nale de la Coupe du monde. « Ce­la me dé­passe un peu, sou­rit-il. Au dé­part, cette chan­son n’était qu’un ca­deau pour les Bleus. Pen­dant la de­mi-fi­nale, je me suis dit : Si on gagne, je leur fais une chan­son. Je l’ai faite pour les en­cou­ra­ger, comme un cri de guerre. J’ai en­voyé le son à mon co­pain Ben­ja­min Men­dy (NDLR : dé­fen­seur de l’équipe de France). Il a par­ta­gé sur les ré­seaux so­ciaux, avec les autres joueurs, et voi­là… »

Ve­ge­dream a en­re­gis­tré son clip le jour de la fi­nale, avant et pen­dant la liesse sur les Champs-Ely­sées. « On a fil­mé à l’ar­rache et c’est ça qui est ma­gique. Et puis l’Ely­sée, le Stade de France, tout ce qui m’ar­rive est in­croyable… »

Ve­ge­dream se pré­nomme Evrard. Il est né il y a vingt-six ans à Or­léans et a gran­di au­près de cinq frères et soeurs. Ses pa­rents, ivoi­riens, sont ar­ri­vés dans les an­nées 1980. « Ma mère est as­sis­tante ma­ter­nelle, mon père pro­duc­teur de mu­sique, mon oncle Zi­ké un chan­teur cé­lèbre en Côte d’Ivoire. J’y re­viens ré­gu­liè­re­ment, je n’ou­blie pas mes ra­cines. J’ai tou­jours été ber­cé par la mu­sique mais mon père ne vou­lait pas que j’en fasse mon mé­tier. »

On com­prend dans ses chan­sons que tout n’a pas tou­jours été rose. « J’ai eu des pe­tits sou­cis mais je n’ai ja­mais fait de pri­son, dit-il. J’ai ar­rê­té les études en ter­mi­nale, je suis par­ti à Pa­ris avec ma bande de co­pains pour faire de la mu­sique, dan­ser, trou­ver du tra­vail. On a mon­té la Sy­ne­sia. C’est en­semble qu’on a fait ma mix­tape (NDLR : « Mar­chand de sable », sor­ti en juin et dé­jà disque d’or) et qu’on pré­pare mon pre­mier vrai al­bum. »

Le disque sor­ti­ra dé­but 2019 chez Uni­ver­sal. « Il y au­ra une nou­velle cou­leur, plus afri­caine, an­nonce Ve­ge­dream. Dans mes textes, je ra­conte ce que je suis, ce que je vis. Outre H Ma­gnum, je me sens proche de Dad­ju. Je ne suis pas du tout dans les clashs entre rap­peurs, c’est ri­di­cule. » Y au­ra-t-il des in­vi­tés ? Oui. Des cham­pions du monde ? « Ce se­rait une bonne idée, c’est vrai. »

“J’AI

EU DES PE­TITS SOU­CIS MAIS JE N’AI JA­MAIS FAIT DE PRI­SON

Pa­ris (XVe), le 12 sep­tembre. Ve­ge­dream prend la pose sur le toit-ter­rasse du siège de notre jour­nal.

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