Comment bien pré­pa­rer une adop­tion

L’idée trotte dans votre tête de­puis un bon mo­ment. Mais comment s’y prendre ?

Le Parisien (Essonne) - - LA UNE - PAR GUY­LAINE ROUJOL PEREZ

Pour agran­dir votre fa­mille, vous avez choi­si de pas­ser par l’adop­tion. Un che­min com­plexe. Per­sonne ne peut dire quand votre dé­marche abou­ti­ra ni même si elle abou­ti­ra. Alors que se tient sa­me­di à Pa­ris une jour­née fran­co­phone pour lan­cer le pre­mier Mois des Adop­té-e-s dès no­vembre (la­voix­de­sa­doptes.com), voi­ci comment mettre le plus de chances de votre cô­té.

QUI PEUT ADOP­TER ?

Les cé­li­ba­taires de plus de 28 ans et les couples ma­riés de­puis plus de deux ans si l’un des époux a moins de 28 ans. Le fait d’être dé­jà pa­rents n’est ni un frein ni un avan­tage. Il est pris en compte plus tard, au cours de la pro­cé­dure d’ap­pa­ren­te­ment entre l’en­fant adop­table et ses fu­turs pa­rents. A l’étran­ger, cer­tains pays n’ac­ceptent pas les can­di­da­tures de cé­li­ba­taires, de couples du même sexe ou éta­blissent un écart d’âge maxi­mum entre pa­rents et en­fants.

L’AGRÉMENT

C’est la pre­mière étape obli­ga­toire pour une adop­tion plé­nière. Na­tio­nal, va­lable cinq ans, il est dé­li­vré en théo­rie en neuf mois par votre conseil dé­par­te­men­tal au­quel il faut adres­ser un cour­rier. Après une réunion d’in­for­ma­tion, les éva­lua­tions so­ciales et psy­cho­lo­giques per­mettent de ré­flé­chir au pro­fil de l’en­fant qui se­ra ac­cueilli (âge, éven­tuel han­di­cap, his­toire).

En cas de re­fus, un re­cours est pos­sible, mais des rap­ports dé­fa­vo­rables laissent peu de chances de voir sa dé­marche abou­tir par la suite.

SE PRÉ­PA­RER

Mul­ti­plier les ren­contres avec des fa­milles adop­tives grâce aux as­so­cia­tions par pays d’ori­gine (Ap­po) ou à En­fances & Fa­milles d’adop­tion (EFA) per­met d’en­vi­sa­ger concrè­te­ment la si­tua­tion des en­fants : sé­pa­ra­tion dou­lou­reuse avec la nour­rice qui s’est oc­cu­pée de l’en­fant avant son ar­ri­vée dans votre foyer, ques­tions de san­té, mal­trai­tances (www.adop­tio­ne­fa.org)… Au sein des hô­pi­taux, des consul­ta­tions spé­cia­li­sées in­forment sur les pa­tho­lo­gies les plus fré­quentes et les troubles du com­por­te­ment. (www.adop­tion.gouv.fr/Les-consul­ta­tions-pour-l-adop­tion.html).

POUR­SUIVRE EN FRANCE…

L’agrément en poche, on est ins­crit sur la liste de l’aide so­ciale à l’en­fance (ASE) de son dé­par­te­ment. Les conseils de fa­mille, qui pro­cèdent aux ap­pa­ren­te­ments, ont don­né la prio­ri­té aux pos­tu­lants de leur dé­par­te­ment dans 93 % des 751 adop­tions en 2016…

… OU À L’ÉTRAN­GER

Les fiches* de la Mis­sion pour l’adop­tion in­ter­na­tio­nale (MAI) et de l’Agence fran­çaise pour l’adop­tion (AFA) vous ai­de­ront à choi­sir le pays vers le­quel vous tour­ner en fonc­tion de votre si­tua­tion fa­mi­liale et de votre pro­jet. Les pays qui ont ra­ti­fié la con­ven­tion de La Haye sur la pro­tec­tion des en­fants s’as­surent que l’en­fant est adop­table. C’est le cas des trois pre­miers pays d’ori­gine en 2017 : Viêt Nam, Co­lom­bie, Haï­ti. Il faut pas­ser par un opé­ra­teur : l’AFA, ser­vice pu­blic, ou un or­ga­nisme agréé pour l’adop­tion (OAA), pri­vé, qui n’est pas te­nu de re­te­nir votre can­di­da­ture, même si elle est com­pa­tible avec les exi­gences du pays choi­si. Leurs condi­tions de sé­lec­tion sont par­fois plus dras­tiques (liste et condi­tions sur www.di­plo­ma­tie.gouv.fr/fr/adop­ter-a-l-etran­ger).

LA DÉ­MARCHE IN­DI­VI­DUELLE

Uni­que­ment pos­sible dans les pays qui n’ont pas ra­ti­fié la con­ven­tion de La Haye, comme le Ca­me­roun ou l’Ukraine, elle né­ces­site une grande pru­dence. Les pos­tu­lants contactent eux-mêmes les mi­nis­tères, or­phe­li­nats, tri­bu­naux, ser­vices so­ciaux (co­or­don­nées dans les fiches pays de la MAI). Il faut s’as­su­rer de l’« adop­ta­bi­li­té » de l’en­fant, de la fia­bi­li­té des do­cu­ments sans comp­ter les risques de cor­rup­tion.

LES FRAIS

A l’étran­ger, ils peuvent s’éle­ver à plu­sieurs mil­liers d’eu­ros et va­rient se­lon le coût du billet d’avion, la du­rée du sé­jour sur place, le vo­lume des do­cu­ments à tra­duire, les frais d’avo­cat, s’il y a ou non be­soin d’un in­ter­prète… Les Ap­po vous ai­de­ront à éta­blir une four­chette pour chaque pays. Un don obli­ga­toire à un or­phe­li­nat doit vous aler­ter, sur­tout si ce­lui­ci se chiffre en mil­liers d’eu­ros. Dans cer­tains pays, il est même in­ter­dit.

AU RE­TOUR

Le par­quet de Nantes pro­cède à des vé­ri­fi­ca­tions avant la trans­crip­tion de la dé­ci­sion, qui est au­to­ma­tique lorsque l’adop­tion a eu lieu dans un pays qui a ra­ti­fié la con­ven­tion de La Haye. Les rares re­fus concernent, eux, tou­jours des dé­marches in­di­vi­duelles.

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