« La prio­ri­té, c’est de ga­ran­tir le droit des ci­toyens »

Pour Ro­bin Wal­ker, le sous-se­cré­taire d’Etat char­gé du Brexit dans le gou­ver­ne­ment bri­tan­nique, il est urgent de ras­su­rer les res­sor­tis­sants vi­vant à l’étran­ger.

Le Parisien (Essonne) - - POLITIQUE - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR PHI­LIPPE MARTINAT

LA PRE­MIÈRE MI­NISTRE bri­tan­nique, The­re­sa May, a an­non­cé, hier, que de nou­velles règles se­ront ap­pli­quées en Gran­deB­re­tagne à par­tir de dé­cembre 2020, en cas d’ac­cord avec Bruxelles sur le Brexit. Elles met­tront fin à la libre cir­cu­la­tion des ci­toyens eu­ro­péens au Royaume-Uni et don­ne­ront la prio­ri­té aux tra­vailleurs qua­li­fiés. Mais les Eu­ro­péens ins­tal­lés de­puis long­temps outre-Manche, dont plu­sieurs mil­liers de Fran­çais, de­vraient bé­né­fi­cier de fa­ci­li­tés leur per­met­tant de res­ter en Grande-Bre­tagne, ex­plique Ro­bin Wal­ker. Le sous-se­cré­taire d’Etat char­gé du Brexit ré­clame ce­pen­dant un sta­tut ré­ci­proque pour les Bri­tan­niques ins­tal­lés sur le conti­nent.

Le nombre des de­mandes de na­tu­ra­li­sa­tion de su­jets bri­tan­niques vi­vant en France ou dans un pays de l’Union eu­ro­péenne ex­plose. Avez-vous des chiffres ?

RO­BIN WAL­KER. Je n’ai pas de comp­tage pré­cis, mais des ci­toyens des deux cô­tés de la Manche font des dé­marches pour chan­ger de na­tio­na­li­té, oui. Quelle que soit l’is­sue des né­go­cia­tions, nous sou­hai­tons que les res­sor­tis­sants de l’Union eu­ro­péenne ins­tal­lés en Gran­deB­re­tagne puissent y res­ter. De la même ma­nière, nous avons eu jeu­di der­nier une réunion à l’am­bas­sade de Grande-Bre­tagne à Pa­ris où des Bri­tan­niques vi­vant de­puis long­temps en France nous ont in­di­qué qu’ils vou­draient avoir pour eux la même as­su­rance de la part de la France qui est un pays ami et voi­sin.

Mal­gré l’im­passe consta­tée au der­nier som­met eu­ro­péen de Salz­bourg, pen­sez-vous pou­voir ob­te­nir un ac­cord né­go­cié pour le Brexit ?

Oui, je suis op­ti­miste. C’est dans l’in­té­rêt de tout le monde. Ce qui est im­por­tant pour que les res­sor­tis­sants des deux par­ties puissent conti­nuer à vivre à l’étran­ger la même vie qu’avant, c’est qu’il y ait des ac­cords sur l’ac­cès aux soins et sur les droits à la re­traite. Et sur la pos­si­bi­li­té de faire ve­nir des membres de sa fa­mille dans le pays de ré­si­dence. Le Royaume-Uni a des res­pon­sa­bi­li­tés vis-à-vis de ses res­sor­tis­sants ins­tal­lés à l’étran­ger et nous les ai­de­rons. Nous res­sen­tons aus­si une res­pon­sa­bi­li­té vis-à-vis des ci­toyens eu­ro­péens pré­sents sur notre sol, dont les nom­breux Fran­çais de Londres. Même s’il n’y avait pas d’ac­cord, nous consi­dé­rons que la prio­ri­té, c’est de ga­ran­tir le droit des ci­toyens.

En cas d’ab­sence d’ac­cord, les res­sor­tis­sants de chaque cô­té de­vront-ils de­man­der des cartes de sé­jour ?

The­re­sa May a été très claire : on veut que les res­sor­tis­sants étran­gers puissent conti­nuer à sé­jour­ner chez nous. On va donc mettre en place un pro­ces­sus pour que les per­sonnes pré­sentes au Royaume-Uni puissent bé­né­fi­cier d’un sta­tut adé­quat. Elles de­vront juste prou­ver qu’elles sé­journent de­puis un cer­tain temps dans notre pays. Le prix de l’ob­ten­tion de ce sta­tut se­ra in­fé­rieur au coût d’un pas­se­port bri­tan­nique. Il y au­ra un for­mu­laire en ligne, fa­cile d’ac­cès, à rem­plir. On a aus­si pen­sé aux per­sonnes qui n’ont pas ac­cès à l’in­for­ma­tique. Et on at­tend que l’UE fasse de même vis-à-vis de nos res­sor­tis­sants.

Bir­min­gham (Royaume-Uni), lun­di. En marge du congrès du Par­ti conser­va­teur, les op­po­sants au Brexit ne désarment pas.

Ro­bin Wal­ker est op­ti­miste quant à un ac­cord sur le Brexit.

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