L’of­fen­sive Bo­ris John­son

Le Parisien (Essonne) - - POLITIQUE - PH.M.

COMME pré­vu, Bo­ris John­son (pho­to) s’est li­vré ce mar­di, lors du congrès du Par­ti conser­va­teur, à Bir­min­gham, à une fé­roce at­taque contre le pro­jet de The­re­sa May consis­tant à né­go­cier une sor­tie en dou­ceur de l’Union eu­ro­péenne. BoJo, comme l’on sur­nomme l’an­cien maire de Londres, n’a pas hé­si­té à ca­ri­ca­tu­rer ce « soft Brexit » dans l’une de ces charges lourdes dont il est cou­tu­mier : « Ce­la si­gni­fie­rait que nous se­rions contraints d’ap­pli­quer, sans pou­voir les mo­di­fier ou sans pou­voir nous y op­po­ser, toutes les inep­ties que l’UE pour­rait in­ven­ter à l’ave­nir. »

Beau­coup d’ob­ser­va­teurs ont vu dans ce dis­cours — pro­non­cé en marge du congrès des To­ries, dans une salle à moi­tié rem­plie de dé­lé­gués sup­por­teurs qui ont ova­tion­né John­son — la confir­ma­tion des am­bi­tions de ce der­nier pour rem­pla­cer la chef du gou­ver­ne­ment.

L’ex-mi­nistre des Af­faires étran­gères, qui avait été pous­sé à aban­don­ner son poste en juillet, a aus­si qua­li­fié de « trom­pe­rie » le « plan de Che­quers », ce livre blanc qui sert de ligne de conduite à The­re­sa May, pour né­go­cier un ac­cord avec l’Union eu­ro­péenne.

Il se dé­clare par­ti­san d’un « su­per ac­cord de libre-échange » avec l’Eu­rope, sur le mo­dèle du Ce­ta, qui ré­git dé­sor­mais les re­la­tions com­mer­ciales entre l’UE et le Ca­na­da, et d’une sor­tie pure et simple du Royaume-Uni de l’union doua­nière et du mar­ché in­té­rieur eu­ro­péen.

POSTURE D’HOMME D’ÉTAT

John­son est en re­vanche beau­coup moins pro­lixe sur la ques­tion de la fron­tière (que l’Union vou­drait lais­ser ou­verte) entre la Ré­pu­blique d’Ir­lande et la pro­vince bri­tan­nique d’Ir­lande du Nord. Or ce point est au­jourd’hui le prin­ci­pal blo­cage avec l’UE pour un ac­cord sur le Brexit.

Du reste, le Re­quin blanc — un autre de ses sur­noms — a pris soin de ne pas se li­vrer à des at­taques sur la per­sonne de The­re­sa May. Il a même ap­pe­lé ses « amis au sein du gou­ver­ne­ment à la sou­te­nir le mieux pos­sible » dans le cadre des né­go­cia­tions sur le Brexit. Pas en ar­rière ou vo­lon­té de se don­ner une posture d’homme d’Etat ?

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