Un hom­mage NA­TIO­NAL pour le grand Charles

L’Ely­sée l’a dé­ci­dé hier soir avec la fa­mille de l’ar­tiste : Charles Az­na­vour se­ra cé­lé­bré vendredi ma­tin aux In­va­lides.

Le Parisien (Essonne) - - LOISIRS - PAR ÉRIC BU­REAU AVEC SÉBASTIAN COM­PA­GNON

AJohn­ny Hal­ly­day l’hom­mage po­pu­laire, le 9 dé­cembre der­nier à la Ma­de­leine en pré­sence d’un mil­lion de per­sonnes. A son « père spi­ri­tuel », un hom­mage na­tio­nal, vendredi aux In­va­lides. La fa­mille de Charles Az­na­vour et l’Ely­sée ont dé­ci­dé hier d’of­frir à l’ar­tiste né à Pa­ris l’adieu qu’il mé­rite, ce­lui de la pa­trie re­con­nais­sante.

« Le der­nier des géants » est mort dans la nuit de di­manche à lun­di à l’âge de 94 ans d’un oe­dème pul­mo­naire ai­gu. Il ne s’est pas éteint dans son som­meil, comme le lais­saient en­tendre lun­di plu­sieurs proches, mais al­lon­gé dans sa bai­gnoire, ce qui pou­vait faire pen­ser à une noyade. D’où l’au­top­sie qui a été de­man­dée et ef­fec­tuée hier ma­tin à Nîmes et qui a confir­mé une mort na­tu­relle. Se­lons nos in­for­ma­tions, Charles Az­na­vour se­ra in­hu­mé au ci­me­tière de Mont­fort-l’Amau­ry, dans les Yve­lines. Il re­po­se­ra dans le ca­veau fa­mi­lial qu’il avait fait construire dans cet an­cien cloître du XIIe siècle et où re­posent ses pa­rents, Mi­cha et Knar, et son fils Pa­trick, le troi­sième de ses six en­fants, dé­cé­dé en 1981 à l’âge de 25 ans. Hier soir, l’heure et le dé­rou­le­ment des ob­sèques n’étaient pas of­fi­cia­li­sés. Car la fa­mille ré­flé­chis­sait à une cé­ré­mo­nie re­li­gieuse en marge de l’hom­mage pré­si­dé par Em­ma­nuel Ma­cron.

“CHARLES AZ­NA­VOUR AU­RAIT AI­MÉ DES OB­SÈQUES ” NA­TIO­NALES MI­CHEL DRU­CKER, SON AMI

Contrai­re­ment à l’hom­mage po­pu­laire à John­ny, l’hom­mage na­tio­nal est un dis­po­si­tif très en­ca­dré. Le pré­sident de la Ré­pu­blique cé­lèbre le dé­funt « au nom de la na­tion ». Les grandes fi­gures de la culture fran­çaise y ont eu droit : l’ab­bé Pierre (2007), Ai­mé Cé­saire (2008), Si­mone Veil et Jean d’Or­mes­son (2017). Le coût se­ra pris en charge par l’Etat.

Toute la fa­mille Az­na­vour s’est réunie hier à Mou­riès (Bou­ches­du-Rhône), où le pa­triarche s’est éteint, pour prendre une dé­ci­sion col­lé­giale. Mais entre sa veuve Ul­la, sa soeur Aï­da, ses en­fants Se­da, Ka­tia, Charles, Mi­scha et Ni­co­las (qui l’ac­com­pa­gnait de­puis 2012 dans sa vie ar­tis­tique) les dis­cus­sions ont été longues.

De­puis lun­di soir, de plus en plus de voix de­man­daient un hom­mage na­tio­nal pour le « plus grand am­bas­sa­deur de la chan­son fran­çaise dans le monde », l’au­teur-com­po­si­teur aux 1 400 chan­sons, sa­cré ar­tiste du siècle par CNN et « Time Ma­ga­zine », cé­lé­bré par une étoile sur le Walk of Fame de Los An­geles, pleu­ré par les plus grandes stars.

Dès lun­di soir, des par­le­men­taires de tous bords avaient lan­cé un ap­pel. Fran­çois Hol­lande le ju­geait « sou­hai­table ». Comme son pré­dé­ces­seur Jack Lang, la mi­nistre de la Culture, Fran­çoise Nys­sen, es­ti­mait que «la France de­vait lui rendre un grand hom­mage ». Les ar­tistes l’ap­pe­laient aus­si de leurs voeux, à com­men­cer par Syl­vie Var­tan pour qui il avait écrit « la Plus Belle pour al­ler dan­ser ». Mi­chel Dru­cker, son ami et voi­sin de Mou­riès, l’af­fir­mait sur BFMTV : « Charles Az­na­vour au­rait ai­mé des ob­sèques na­tio­nales, parce que lui, le pe­tit gars ve­nu de si loin, souf­frait de ne pas être dans la bande des trois (NDLR : Brel, Bras­sens, Fer­ré) ». Leur voeu est exau­cé.

Charles Az­na­vour en 1987.

Pa­ris, lun­di. La tour Eif­fel illu­mi­née en hom­mage à Az­na­vour. Los An­geles (Etats-Unis), hier. Son étoile sur Hol­ly­wood Bou­le­vard. Ere­van (Ar­mé­nie), hier. Les Ar­mé­niens ont ob­ser­vé une mi­nute de si­lence pour Az­na­vour.

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