Kev et Ja­mel sur un ta­pis vo­lant

Kev Adams et Ja­mel Deb­bouze ont trou­vé la for­mule ma­gique d’« Alad’2 », l’une des co­mé­dies les plus at­ten­dues de la ren­trée.

Le Parisien (Essonne) - - LOISIRS - PAR PIERRE VAVASSEUR

“ON PLEURE TOUS DE LA MÊME CHOSE, MAIS PER­SONNE NE RIT DE LA MÊME CHOSE. IL FAUT TOUT LE TEMPS SUR­PRENDRE. ” KEV ADAMS

“J’AI FAIT DES FILMS D’AU­TEUR, JE TROUVE ÇA SU­PERBE, MAIS QUAND JE RENTRE CHEZ MOI, JE SUIS TRISTE PARCE QUE JE RENTRE AVEC LE FILM. JE TE JURE ! ÇA ME FA­TIGUE. ” JA­MEL DEB­BOUZE

Quand on laisse sup­po­ser qu’« Alad’2 », la suite des « Nou­velles Aven­tures d’Ala­din » qui sort au­jourd’hui sur 700 écrans, a bien des atouts pour faire jeu égal, si­non plus, avec les 4,4 mil­lions d’en­trées en­gran­gées à l’époque par « les Nou­velles Aven­tures d’Ala­din », Ja­mel Deb­bouze, 43 ans, et Kev Adams, 27 ans, à l’ori­gine du pro­jet, font un bond de ca­bri et Ja­mel pose sa tête sur votre épaule. « C’est vrai ? Tu le penses vrai­ment ? » Le nou­veau mé­chant de l’his­toire ne fait pas de ci­né­ma. Kev, qu’est-ce qui vous a dé­ci­dé à in­vi­ter Ja­mel dans cette aven­ture ?

KEV ADAMS. J’y suis al­lé avec ma vi­sion de môme. Je kiffe tel­le­ment ce gars… Voir à la té­lé un mec aus­si libre dire à la jeu­nesse : « Vous ve­nez de nulle part ? np­di­rectlp_ftp

Vous pou­vez al­ler par­tout ! », ça m’ins­pi­rait de fou (sic). Et vous, Ja­mel, vous en aviez en­vie ?

JA­MEL DEB­BOUZE. J’ai vu le pre­mier Ala­din 19 fois ! Entre mon fils et ma fille, je connais la chan­son du film par coeur pour l’avoir té­lé­char­gée à dif­fé­rentes re­prises ! (Rires.) Et j’ai une ver­sion des « Mille et Une Nuits » (NDLR : dont l’his­toire d’Ala­din est ti­rée) sur ma table de che­vet. C’est in­croyable ! C’est « Game of Th­rones » ! De toute fa­çon, quand mon fils a ap­pris que j’étais pres­sen­ti pour le rôle, je n’avais pas d’autre al­ter­na­tive que d’ac­cep­ter… C’est un conte qui parle à notre époque ?

K.A. Voi­là un vo­leur qui vient des bas-fonds de Bag­dad, pas du tout par­ti pour réus­sir dans la vie, et qui de­vient le prince de cette ville ! C’est une his­toire que l’on peut com­plè­te­ment iden­ti­fier au monde d’au­jourd’hui.

J.D. Ça dit aus­si : re­gar­dez le pré­sent ! Pro­fi­tez des vôtres main­te­nant et ne cher­chez pas une herbe plus verte ailleurs. Mais ce qui me touche le plus, c’est que ça parle à la fa­mille dans toute sa splen­deur. Lors des avant-pre­mières, nous avons eu des en­fants, des pa­rents, des grands-pa­rents. Des gens seuls, en couple, de tous âges… Et si tous ces gens rient en même temps, c’est comme si on mar­quait un but en fi­nale de la Coupe du monde. C’est dans la co­mé­die que vous exul­tez le plus ?

K.A. Je trouve que c’est l’art le plus noble. Et le plus dif­fi­cile à faire. On pleure tous de la même chose, mais per­sonne ne rit de la même chose. Il faut tout le temps sur­prendre. Kev, ce suc­cès an­non­cé doit vous faire plai­sir. Parce que tout ce que vous avez fait entre-temps n’a pas si bien mar­ché que ça…

K.A. J’ai pris des risques en al­lant jouer des choses dif­fé­rentes, et ça n’a pas eu le même ré­sul­tat que « les Profs », « Ala­din » ou « Fis­ton ». Mais je suis plu­tôt heu­reux au­jourd’hui d’avoir une fil­mo­gra­phie équi­li­brée.

J.D. Si j’avais à choi­sir, je ne fe­rais que des films po­pu­laires en cos­tumes. J’ai fait des films d’au­teur, je trouve ça su­perbe, mais quand je rentre chez moi, je suis triste parce que je rentre avec le film. Je te jure ! Ça me fa­tigue. En re­vanche, une co­mé­die comme celle que m’a pro­po­sée Kev, je rentre chez moi avec une vraie pa­tate, l’en­vie d’y re­tour­ner le len­de­main. Ça me rem­plit, ça me gué­rit. C’est meilleur pour ma san­té. Kev, vous avez construit votre car­rière sur les ré­seaux so­ciaux. Que pen­sez-vous de leur évo­lu­tion, par­fois si mal­veillante ?

K.A. Avant, les gens qui di­saient : « C’est nul, t’es pour­ri, t’es qu’un sale Arabe, qu’un sale juif, qu’un sale con et ton film c’est de la merde », on ne les voyait pas. Sur des mil­lions de per­sonnes bien­veillantes, il y en a quelques cen­taines à qui on dit au­jourd’hui : « Dites ce que vous vou­lez, soyez ra­cistes, mé­chants, ho­mo­phobes, sexistes ! Per­sonne

ne vous fe­ra rien. » Au dé­but, ça me fai­sait du mal. Main­te­nant, j’es­saie de prê­ter at­ten­tion à ceux qui en­voient de bonnes vannes.

J.D. Moi, je pense vrai­ment que c’est com­pa­rable à l’in­ven­tion de la roue, qui a en­traî­né la voi­ture, etc. Evi­dem­ment, il y a des morts sur les routes… Toutes les grandes in­ven­tions créent des dé­gâts. En fait, vous êtes confiants…

J.D. Oui, parce que la ma­jo­ri­té des gens sont bons. Je conti­nue­rai toute ma vie à l’af­fir­mer. Bien sûr qu’il y a des pro­blèmes ! On les connaît, on les a cer­nés. Mais les im­bé­ciles qui viennent sur nos écrans dire des conne­ries et qui sont nu­mé­ros 1 des ventes font leur com­merce de la peur. C’est ça, l’ar­gu­ment prin­ci­pal des jour­naux té­lé­vi­sés. Nous faire flip­per. Je suis convain­cu que ce que l’on en­tend n’est pas la réa­li­té de ce qui se passe. Et que ce qui se passe est beau­coup plus agréable et beau que ce que l’on veut bien nous vendre.

A la une, « Alad’2 »… Kev Adams (à gauche) et Ja­mel Deb­bouze rem­pi­le­ront-ils pour une suite ? Au pu­blic de don­ner son avis.

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